
Cette journée s’est déroulée dans la CRD de Koba, préfecture de Boffa, le vendredi 9 mai 2014. Etaient particulièrement conviés aux échanges, les ministères de l’agriculture, de l’action sociale, de l’environnement, du commerce ainsi que de la santé. Mais seuls les trois premiers étaient représentés. Selon le programme élaboré par les organisateurs eux-mêmes, la première étape a été le site salicole de Barifanyah.
Sur place, la délégation gouvernementale avait à constater de visu et à suivre une présentation de la technique solaire de production du sel sur bâches également appelée ‘’Saline Guinéenne’’. Séance à l’issue de laquelle, les représentants du gouvernement ont eu des échanges directs avec les producteurs autour des besoins de ces derniers.
De l’avis de M’Bemba Diaby, coordonnateur des activités de saliculture sur place, le site de Barifanyah compte quelques 300 producteurs dont 2/3 de femmes. A l’en croire, les problèmes auxquels lui et ses camarades saliculteurs sont confrontés, concernent le manque de route permettant l’acheminement de leur production. Pour rendre leur sel disponible au niveau du marché le plus proche, à moins de 3 km, ils déboursent 6000 GNF/sac de sel de 50 kg auprès des charretiers. Au-delà de la route, ils souffrent aussi du manque de magasin de stockage pour entreposer notamment les productions mévendues.
Pour ce qui est de la production elle-même, ils souhaiteraient qu’on les aide à creuser un canal qui, partant de la mer, aiderait à drainer les eaux salines jusqu’au niveau de leur site. Enfin, l’approvisionnement en bâche est également un autre problème qu’ils déplorent. Alors qu’avec l’Ong ADAM (Association pour le développement agricole de la mangrove), ils se faisaient livrer trois bâches contre un sac de sel de 50 kg, ils sont aujourd’hui contraints de débourser 50.000 GNF pour obtenir une seule bâche.
Au nombre des producteurs sur le site austère et ensoleillé de Barifanyah, GCI s’est entretenu avec Daouda Camara. Aujourd’hui âgé de 35 ans, il a abandonné les études au niveau 7ème année par « défaut de moyens », dit-il. Marié à deux femmes et père de cinq enfants, il revendique la propriété de cinq bâches qui, selon ses estimations, lui procureront 60 sacs de 50 kg de sel. Au prix actuel de 40.000 GNF le sac, il espère en tirer un certain profit.
La deuxième étape de la journée a eu lieu dans l’enceinte de l’Ecole nationale d’agriculture et d’élevage (ENAE) de Koba. Là, les participants et les membres de la délégation officielle ont écouté le plaidoyer proprement dit, soutenu par une projection PowerPoint. Il en ressort globalement que, sous la coordination de la Fédération des organisations paysannes de la Basse Guinée (FOPBG), les acteurs de la plateforme Sel (Univers-Sel, ADAM et Charente Maritime) sollicitent la prise en compte institutionnelle de la filière dans les programmes et projets de développement.
Ils souhaitent notamment la généralisation de la technique solaire à tous les producteurs et l’intensification de la production de manière à permettre de couvrir les besoins du pays. Ils aimeraient également que des réflexions s’engagent et que des moyens et stratégies soient mis en place, en vue de la fluidification des circuits de commercialisation. L’iodation du sel solaire est également objet de leurs doléances. Ils souhaitent particulièrement la conclusion d’un contrat de partenariat direct avec l’UNICEF leur permettant de disposer d’une quantité d’iode qui suffise à satisfaire à la teneur légalement requise.
Face à toutes ces doléances, les représentants de l’Etat ont dit en prendre bonne note. Reconnaissant tous la pertinence et la dimension transversale de la problématique posée, ils promettent d’œuvrer de manière synergique. Surtout qu’au niveau de la FOPBG et de ses partenaires, des démarches sont déjà en cours pour l’introduction de la technique de fabrication du sel solaire au nombre des curricula de formation à l’ENAE de Koba. Visant notamment à vulgariser la technique auprès de la nouvelle génération, cette initiative pourrait, selon le directeur de ladite école, se concrétiser dès ce lundi.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















