
Le ministre a, en préambule, tenu à préciser que suite aux fortes attentes exprimées par ses concitoyens en matière de sécurité, il convient d’apporter avec fermeté, sans jamais céder à la facilité, aux effets d’annonce, qui ne produisent aucun résultat. Il a avoué que l’insécurité est une réalité tangible, parce qu’elle frappe notre société de plein fouet. « Elle est galopante, rampante dans la capitale et en campagne ».
Selon lui cette insécurité est caractérisée par la prolifération des armes légères et de petits calibres, qui circulent dans notre pays et le long des frontières et que le gouvernement s’est doté d’une loi pour contrôler ce phénomène. C’est la loi L08, toujours dans ce cadre, il rappelé la convention de la CEDEAO portant sur la circulation des armes légères et de petits calibres, une convention qui a été ratifiée en 2008, sans oublier la convention internationale sur ces mêmes armes.
D’après le ministre l’impact de l’insécurité actuelle est inestimable : « Cette insécurité dont nous parlons a produit des conséquences graves, parce qu’elle a provoqué une grave affection à la cohésion sociale, à l’équilibre de notre société et qu’elle porte atteinte au processus de développement de notre pays ».
Les causes
Pour lui, les facteurs qui concourent à l’insécurité sont de deux ordres, interne et externe : « nous partageons des frontières avec des pays en conflit comme le Mali, ou qui ont connu des guerres civiles comme le Liberia et la Sierra Léone. La Guinée a abrité environ un million de réfugiés, les armes ont circulé pendant toute cette période de guerre ! », déclare le ministre.
Il a aussi évoqué la question de la création de milices de sécurité lors de la première république. À cette époque chaque milice avait 10 fusils. Après la prise du pouvoir le 3 avril par les militaires, il n’y a pas eu de politique de récupération de ces armes, à côté de cela, il ajoute les actes de vandalisme qui caractérisent les manifestations sociopolitiques, notamment ceux de janvier et février 2007 et le 28 septembre 2009 ; avec la destruction des édifices sécuritaires et le pillage d’armes et de munitions.
Agir maintenant
« Il y a une urgence à redonner la confiance aux populations, il y a urgence à stopper la prolifération des armes légères et de petits calibres, il y a urgence d’agir et de trouver des solutions durables et non éphémère », a précisé M. Cissé.
Compte tenu de toutes les observations faites, le ministre en est arrivé à la conclusion que les contraintes sont d’ordres matériels, financiers, structurels, liées aux ressources humaines. Ces facteurs constituent les causes fondamentales de la déficience en termes de capacité des services à assumer la sécurité des citoyens et les conséquences sont immédiates sur la société. « Il fallait observer pour comprendre, pour ne pas aller en besogne, pour ne pas prendre des décisions hâtives ».
Et parmi les mesures que son département compte mettre en œuvre pour apporter une réponse à la problématique de l’insécurité : procéder à des analyses profondes au niveau des ressources humaines (insuffisantes et inégalement réparties) le ratio police population est de 1 /1482 contre 1/200 pour la norme internationale, doter les services d’une capacité opérationnelle, vulgariser l’éthique et la déontologie.
La perception de la population
Selon les statistiques dont dispose le ministère de la sécurité 73 pour cent des habitants de la capitale se sentent en insécurité, 22 pour cent se sentent en insécurité pendant la journée, lorsqu’ils marchent seuls, et 34 pour cent des foyers ont au moins au cours de l’année connu un cambriolage ! Pour cause : bandes agressives de jeunes, drogue, pauvreté et insalubrité. Trente pour cent de la population est satisfaite par la police soit 1 personne /2, contre 50 pour cent pour la gendarmerie.
La ligne sécuritaire
Au terme de son exposé le ministre a énuméré cinq points, qui selon lui, constituent sa feuille de route : la création de cadre normatif qui pourrait garantir la soumission des forces de sécurité à la commande civile. Le renforcement des compétences humaines au niveau de la protection civile, amélioration des capacités opérationnelles des services de sécurité dans l’accomplissement efficace et efficiente de leur mission, le rétablissement de la confiance des services de sécurité avec la population et en fin l’amélioration du système de gestion administratif et financier du ministre de la sécurité et de la protection civile.
Mamadou Aliou Diallo pour GCI
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