
Cet épilogue du second scrutin multipartite et démocratiquement ouvert sera-t-il mis à profit par le pouvoir et l’opposition pour enfin se consacrer au vaste chantier de développement du pays ?
Le président sortant Alpha Condé va se succéder à lui-même. Un triomphe qui ne représente guère une surprise au regard du bilan globalement positif du chef de l’Etat. Sans avoir la prétention de verser dans l’opportunisme, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que dans maints secteurs, des efforts ont été faits en dépit d’une conjoncture très difficile. En dépit du fait que beaucoup de chantiers sont encore à ouvrir pour combler les nombreuses attentes des populations.
Pour son second mandat, le premier défi à relever pour le chef de l’Etat sera sa propre personne. Autrement dit, quelle sera sa marge de manœuvre pour non seulement finaliser les divers chantiers ouverts et engager les nombreux projets (autoroutes, aéroports, logements sociaux,Simandou, Nimba, les Droits de l'homme, les Hopitaux, Universités,etc) qui lui permettront dans cinq ans de présenter un honorable bilan. En plus de ce challenge, le professeur Alpha Condé est attendu au tournant, au niveau de la réconciliation nationale. Ses futures relations avec les partis d’opposition seront suivies avec attention. Saura-t-il se mettre au-dessus de la mêlée pour rassurer les uns et les autres à s’investir dans le développement du pays ?
Au-delà du score de ce scrutin, qui permet d’élire le locataire du palais Sekhoutoureyah, nous avons une idée plus concrète du poids électoral des différents candidats. A propos de ceux-ci, il leur revient de tirer tous les enseignements de ces consultations, non pas en terme de rivalités vis à vis du parti présidentiel, mais en terme d’enracinement de l’éducation civique et démocratique des militants.
De plus en plus, les partis politiques toutes tendances confondues doivent s’impliquer dans la consolidation du processus de démocratisation du pays. Il faudra faire confiance aux institutions mises en place, afin que les espaces de contestations soit privilégiés à la rue. L’expérience des agitations politiques a malheureusement prouvé que la rue crée beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en règle.
De ce point de vue, le pouvoir et l’opposition devraient trouver des mécanismes de gestion des malentendus et des crises de confiance, avec l'intelligence et la minutie de fins orfèvres de la démocratie. Celle qui exige finesse et sagesse.
Thierno Saïdou DIAKITE et Maria de BABIA pour GCI
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