
Guineeconakry. Info : Prévu initialement le 31 mai dernier, quelles sont les raisons qui expliquent le décalage du dernier concert de votre tournée africaine ?
Sia Tolno : La raison est simple. Disons que cela a été la volonté du Centre culturel franco-guinéen, notamment, sur proposition de son directeur général, M. Daniel Couriol. C’est lui qui a émis le souhait que mon concert de Conakry, qui marque la fin de ma tournée africaine, au compte du prix Découvertes/RFI, coïncide avec la fête de la musique, le 21 juin prochain. C’est cette volonté qui a été finalement acceptée.
GCI : Quelles sont vos impressions d’ensemble suite à la tournée que vous venez d’effectuer ?
ST : Je me sens plus engagée et d’avantage mûre. J’avoue que j’ai acquis beaucoup d’expériences sur le plan artistique. Aussi, cette tournée m’a permise de mesurer la dimension réelle de mon travail, de ma musique, et a servi de véritable pont avec toutes ces populations africaines, qui ont largement apprécié ma musique et mon énergie. Aujourd’hui, je suis plus confiante, et cette tournée me permet de réaliser que toutes années de sacrifices n’étaient pas du tout vaines. Bien au contraire...
GCI : C’est pour vous, certainement, une première: enchainer un tel nombre de concerts. Avez-vous le sentiment d’avoir changé du fait de cette tournée ?
ST : Oui je l’avoue. Cette tournée a apporté un changement en moi. Comme je le disais plus haut, j’ai acquis plus d’expériences. Et ces expériences m’ont changée quelque part, mais un changement moral et positif. Parce qu’artistiquement, je me sens plus au point qu’avant. Pour preuve, pendant cette tournée, j’ai fait un tour en Europe, pour discuter avec des professionnels de la musique; et la plupart de mes collaborateurs ont remarqué un changement en moi. Je suis devenue plus mûre et je n’étais plus la même Sia qu’avant. J’étais beaucoup plus habituée à la scène, au public, et au show. Je comprends mieux les hommes dans leurs différences, je deviens plus tolérante et plus compréhensive.
GCI : Quels autres avantages avez-vous tirés de cette grande sortie internationale?
ST : Il est évident que plus on est sur scène, plus on acquiert de l’expérience, plus on mûrit. Aussi, elle m’a permis de connaitre plus d’une vingtaine de pays africains. Donc, de cette tournée, les avantages, j’en ai tirés sur tous les plans. Surtout dans le cadre de mon épanouissement personnel. Je suis beaucoup plus connue aujourd'hui grâce à ce Prix Découvertes de RFI. Ensuite, j'ai touché 10.000 euros (sourire)...
GCI : Quel est le plus grand souvenir que vous gardez de cette tournée?
ST : Je reviens de cette tournée avec pleins de souvenirs. Mais deux m’ont beaucoup marquée. D'abord, Pointe-Noire, au Congo Brazzaville, où dans la salle, le public a chanté en chœur le morceau ‘’POLI-POLI’’. Cela m’a fait chaud au cœur, je n’en revenais. Ensuite, le second, c’était au Soudan. C’est ce jour où j’ai versé des larmes par compassion pour des compatriotes résidant dans ce pays. Ils étaient des étudiants guinéens au nombre d’une vingtaine, qui se sont déplacés pour venir nous voir. Ils nous ont dit qu’ils avaient la nostalgie du pays et des Guinéens. Donc en les voyant, et sachant que nous allons les quitter et les laisser dans ce pays très difficile à vivre, je n’ai pas pu me retenir, j’ai tout de suite fondue en larmes. C’était vraiment triste à mes yeux.
GCI : Plus globalement, quelle appréciation portez-vous sur le prix Découvertes/Rfi, en tant que jeune artiste ?
ST : Aujourd’hui, je me rends compte que ce prix est d’une importance capitale pour les jeunes artistes africains. Ce n’est pas que pour son côté financier, mais une chose qui est d’autant plus importante dans ce métier; pouvoir se faire connaitre et faire connaitre sa musique aussi. A mon avis, cette tournée RFI, est le plus grand cadeau qu’on puisse offrir à un jeune artiste comme moi. S’offrir l’occasion de se faire connaitre dans vingt-sept pays africains, c’est vraiment un gros coup pour tout jeune artiste, surtout africain.
GCI : Par le passé, les lauréats de ce prix ont vu leur carrière lancée à une vitesse grand V, en sera-t-il de même pour vous ?
ST : (rire) Je suis déjà lancée, et j’imagine pour moi que dans les cinq années à venir, ça sera autre chose. Ça va être le ‘’boom Sia Tolno’’ comme on le dit le plus souvent!
GCI : Que réservez-vous au public guinéen, lors de votre concert de ce 21 juin au CCFG ?
ST : Surprise ! Je ne veux pas mettre les charrues avant. Une chose est sûre, c’est que nous avons appris beaucoup, nous avons tous mûris dans l'orchestre qui m'accompagne, et le public guinéen aura la chance de découvrir cette somme d’expériences sur scène. A eux de faire la comparaison après et d’apporter leur jugement. J’invite tout le monde à ne pas se faire conter la soirée, elle sera du 100% "show".
GCI : Après le concert du 21 juin, quel est la suite de votre agenda ?
ST : Juste après deux semaines, je m’envole pour la Hollande pour un festival, et ensuite je serai en France, à Toulouse et à Marseille, pour un autre festival. Je reviendrai à Conakry souffler un peu avant les prochaines tournées.
GCI : Quel est votre message à l’endroit des jeunes artistes, et à l’endroit des Guinéens?
ST : Aux jeunes artistes comme moi, c’est de travailler, c’est d’aimer ce que l’on fait. Déjà, mon constat est que des talents, il y en a en Guinée! Donc je leur demande de prendre du courage, de travailler dur, et d’aimer ce travail. C’est très important pour y arriver. Au peuple de Guinée, je leur demande de la patience et encore de la patience. Rien ne peut se résoudre sans le dialogue, sans l’attente, ou encore moins, dans la guerre. La paix est une chose précieuse, nous devons tous œuvrer pour la préserver.
Propos recueillis par Lamine Camara, exclusivement pour GuineeConakry.info




















