
GuineeConakry. Info: En général les Ambassadeurs de Libye en Guinée, s’entourent de traducteur ou d'interprète. Mais vous, vous manipulez le français comme votre langue maternelle, alors quelle différence cela fait-il dans votre quotidien diplomatique?
Dr Giom’a Miloud Alzarzour : (Sourire) Eh bien! Si vous trouvez que mon niveau en langue française à la hauteur, moi je dirai le contraire. Cela dit, j’ai passé mon Master dans un pays francophone, la Belgique. Et ma thèse d’Etat en relations internationales en France. Je trouve personnellement que la langue est un outil de travail pour un ambassadeur et pour tout le monde. D’autant qu’elle lui permet de communiquer avec son milieu. Et, je pense qu’un ambassadeur vivant dans un milieu dont il ne connait pas la langue, c’est comme s’il se trouvait dans une famille où il n’a ni son père, ni sa mère mère... Un orphelin exposé à tout. Donc, la langue n’est autre chose qu’un outil de communication et cela s’harmonise avec ce que Socrate a dit : « Pouvoir parler pour que je puisse vous voir ». C’est vrai que c’est une expression philosophique qui a une importance linguistique incontestable.
GCI : Pour parler directement politique, dites-nous comment la Libye a-t-elle apprécié la transition guinéenne ?
Dr Giom’a Miloud Alzarzour : La Libye, le peuple libyen et le Guide de la Grande Jamahiriya Libyenne Populaire et Socialiste, je veux parler du penseur, Mohammar El Kadhafi, aiment beaucoup la Guinée, un peuple frère. Ils accordent beaucoup d’importance à la Guinée, au peuple et aux autorités guinéennes.
Pour répondre à votre question, je dirai que le Guide libyen a toujours émis le souhait que le peuple de Guinée vive dans la prospérité, la stabilité politique, des valeurs nécessaires à son développement socioéconomique.
L’on se souviendra de l’expression de l’amour réciproque de ce peuple quand des millions de Guinéens ont réservé un accueil triomphal à son Excellence le Guide de Libye lors de sa visite historique en 2007, dans ce pays frère. Je ne saurais vous dire combien le guide aime et respecte le peuple guinéen. Ce n’est donc pas pour rien que ne la Libye ne ménage aucun effort pour aider ce peuple à relever les défis auxquels il est quotidiennement confronté. Le peuple de Guinée mérite d’être aidé toujours et encore plus.
GCI : Maintenant que le président élu, Pr Alpha Condé est en place, est-ce qu’on peut s’attendre à la redynamisation des relations de coopérations et d’amitié entre la Libye et la Guinée ?
DGMA: Écoutez, les relations d’amitié et de coopération ont toujours été dynamiques. Il en a été ainsi depuis belle lurette. Imaginez-vous maintenant qu’à la tête de ce pays se trouve un nouveau président, démocratiquement élu par le peuple de Guinée. En plus, ce n’est pas n’importe quel président, mais un président , professeur en sciences juridiques et politiques! Je dirai donc qu’en Guinée, cette fois-ci, on a donné la farine au boulanger.
Et je suis sûr et certain qu’avec Pr Alpha Condé, le peuple guinéen va vivre dans la paix, la stabilité, la prospérité qu’elle mérite de mieux vraiment. C’est le moment de féliciter ce peuple pour avoir choisi l’homme qu’il faut là où il faut. Alors si la Guinée et la Libye étaient liées par un lien étroit de coopération séculaire, dans une situation normale, imaginez-vous comment devrait être cette coopération avec son Excellence, le Pr Alpha Condé, un homme d’Etat qui tient à son frère, le penseur, le fils de l’Afrique, le bâtisseur de l’Afrique, le Guide libyen, Mohammad Kadhafi.
N’oublions pas aussi que son Excellence, le Pr Alpha Condé, porte et incarne la même idéologie, autant que je sache, en ce qui concerne la réalisation de l’Union Africaine. Donc, il y a des mentions bilatérales et multilatérales qui concernent la construction de l’Union Africaine.
Quant au dossier bilatéral, à mon avis, il est résolu. Toutes les conditions sont réunies pour cela. Notamment la volonté politique qui pouvait manquer par le passé. Avec Pr Alpha Condé, la Guinée a tourné une nouvelle page de son histoire. Bref, elle est rentrée dans une nouvelle ère qui mérite d’être encouragée, prise en considération. Le guide Mohammar Kadhafi ne cherche pas mieux. Il vient donc de trouver en Guinée, en la personne de son Excellence, le Pr Alpha Condé, président de la république de guinée, un interlocuteur digne de son rang.
GCI: Certaines sources rapportent que son Excellence, le Pr Alpha Condé, s’apprête à effectuer un voyage sur Tripoli. Dites-nous en quelques mots les motifs de ce déplacement sur la capitale libyenne
DGMA: Comme pour vous parler dans le vocabulaire diplomatique, officiellement, je n’ai reçu aucune note verbale des secteurs concernés qui m’annoncent la visite du Président Alpha Condé en Libye.
Même s’il est vrai que je suis au courant qu’éventuellement une visite du chef de l’Etat guinéen, pourrait s’effectuer dans un certain nombre de pays africains parmi lesquels figure en bonne place la grande Jamahiriya libyenne.
Et, ce n’est pas étrange que la Libye soit parmi les pays premiers pays africains que visite Pr Alpha Condé. Cela confirme ce que j’ai dit plus haut, et que le Pr Alpha Condé est un des socles de l’Union Africaine. Il doit être le deuxième, s’il y en un et ou le troisième chef, s’il ya avait un deuxième après le Guide, qui est favorable, déterminé et enthousiasmé pour la création de notre grande Union Africaine.
GCI: Le Guide libyen avait promis de refaire certains axes routiers en Guinée. Quelle est l’évolution des travaux, qu’en est-il avec ce projet ?
DGMA: En 2007, le cortège du Guide en partance pour à Accra où il devait assister au sommet de l’Union Africaine, a parcouru 950 km de route de Siguiri à Forécariah , en passant par Conakry.
De droite à gauche des contrées traversées, le peuple de Guinée était sorti massivement et spontanément pour accueillir leur frère, le bâtisseur de l’Afrique, le Guide Mohammar Kadhafi. Deux jours après, le Guide a fait mis en route pour la Guinée des experts, des techniciens et ingénieurs. Je les ai reçus ici en Conakry. Quel était le rôle de ces gens là ? Examiner le trajet que le guide a effectué de Siguiri à Conakry.
Il était question de réparer cet axe routier parcouru par la délégation libyenne. Ils ont eu des rencontres avec le ministre d’alors. Aussi, je leur ai demandé de s’installer ici à Conakry, en tant qu’entreprise et non à Bamako. Ils ont envoyé par le bateau tous leurs matériels nécessaires.
A l’époque, on avait pu faire 500 km de route. Mais malheureusement, en 2009, la Guinée a connu un bouleversement total, qui a mis tout le projet à l’eau. Qui a fait qu’ils n’ont pas pu continuer le travail, et tous les matériels ont été transférés à Bamako au Mali, où une nouvelle a été installée.
Il est vrai qu’il est un peu tard, mais comme on le dit très souvent, “mieux vaut tard que jamais’’. Donc, puisque la stabilité politique est revenue en Guinée, avec l’élection d’un nouveau président, tout est pensable et réalisable. Et personnellement, d’une manière officielle, j’ai écrit aux autorités libyennes à Tripoli pour leur dire que le moment est propice, opportun de revoir tous nos programmes de coopérations avec ce pays. Puisque c’est maintenant que la stabilité politique et administrative sont là, que l’interlocuteur est à la hauteur de coopérer avec nous.
Secundo, vu les évènements sociopolitiques tragiques que traversent notre entourage au niveau de la sous-région, en Côte d’Ivoire par exemple, est très déplorable. Dans le sahel et d’autres pays africains, les investisseurs cherchent toujours les pays où il y a une stabilité politique pour être en sécurité. Est-ce que la Guinée ne peut pas être une alternative dans la sous région ouest africaine. Je dis oui.
GCI: Certains investisseurs libyens ont souhaité reprendre des infrastructures hôtelières en charge en Guinée. Qu’en est-il ?
DGMA: Étant entendu que la Guinée commence une nouvelle ère caractérisée par une ambiance encourageante, attirante et polarisante; c’est à la partie libyenne de cristalliser un mécanisme qui pourrait être pratiqué d’une manière adéquate. Afin qu’il y ait une rentabilité remarquable aussi bien pour le peuple frère de Guinée que pour le peuple libyen.
C’est un partenariat gagnant-gagnant. En matière d’infrastructures hôtelières, nos activités vont se concentrer sur notre éventuel projet de construction de complexe touristique de Kipé dans la banlieue de Conakry. C’est à ce niveau certainement que nous allons réaliser un projet touristique et commercial sur une parcelle de 12 hectares au bord de la mer.
GCI: Est-ce qu’avec le gouvernement du Pr Alpha Condé, ces projets et bien d’autres verront le jour ?
DGMA: On doit être toujours optimiste. Surtout quand il s’agit d’un régime démocratique. Je vous assure qu’il y aura une coopération bilatérale à la dimension de la fraternité des deux pays.
GCI: Que compte faire la Libye avec la Guinée, dans le cadre de la réalisation du projet des États-Unis d’Afrique ?
DGMA: Je dois vous dire que la politique internationale est devenue la politique des blocs dont la plus connue, à mon avis, est le modèle européen. Aussi, les expériences asiatiques ou de l’Amérique latine doivent jouer un rôle d’encouragement à nos frères africains.
C’est à nous Africains d’y réfléchir. Il s’agit de mettre le rêve des Etats Unis d’Afrique en pratique, d’une manière politique, scientifique et manière responsable. Et ceux qui disent qu’il faut encore attendre, c’est vrai, mais il faudrait qu’on puisse jeter les vraies bases. Je félicite le Guide parce qu’il a son bras droit avec lui, en l’occurrence, le Pr Alpha Condé.
GCI: Un message à l’endroit du peuple de Guinée
DGMA: Aux Guinéennes et Guinéens, je leur dis mes meilleurs vœux de nouvel an 2011. Je leur dis ''En avant!''. La Guinée est devenue aujourd’hui un modèle, et sur ce, je félicite l’ensemble du peuple de Guinée qui peut faire mieux encore.
Propos recueillis par Kerfallah Kourouma et Lamine Camara




















