
Un effort qui va s'etndre sur l'intérieur du pays. En attendant, GCI a rencontré le Directeur du FONIJ, Sékou Ping-Pong Condé qui explique le mécanisme d'Insertion des Jeunes. INterview.
Guinée Conakry Info: Monsieur le Directeur général vous avez procédé récemment au lancement officiel du site web du FONIJ. De quoi s'agit-il réellement?
Sékou Ping-pong Condé: Merci de me donner l'opportunité de m'exprimer sur votre site qui, passe aujourd'hui pour l'un des plus crédibles de la place et à juste raison l'un des plus visités en ce qui concerne les informations sur la Guinée. Je vous en félicite sincèrement. Pour en venir à votre question, je dirais que, la création et le lancement du site du Fonds National pour l'Insertion des Jeunes www.fonij-guinee.org
sont des actes majeurs dans l'initiative de l'emploi Jeunes.
GCI: Comment, un site internet peut-il contribuer à promouvoir l‘emploi des jeunes?
S P C: Il répond à une double vocation. La première est de faire connaitre le FONIJ, sa mission, ses objectifs notamment au niveau des jeunes à la recherche du premier emploi. La deuxième vocation est de combler un besoin pressant de cadre d'échange entre les jeunes à la recherche du premier emploi et le FONIJ d'une part et entre lui et toutes les entités intéressées par la création d'emplois pour les jeunes d'autre part. Le site va contribuer à la promotion de l'emploi des jeunes d'autant qu'il comportera toutes les informations sur le FONIJ. Tous les rapports d'activité sur la FONIJ, les offres d'emploi, de formation vont figurer en toute transparence sur le site qui se propose d'être dorénavant interactif. Toute personne physique ou morale peut proposer des solutions ou poser des questions sur la problématique de l'emploi jeune dans toute sa dimension. C'est un cadre de débats civilisés supervisés par un modérateur.
GCI: depuis qu'il existe quelles sont les réalisations du FONIJ?
S P C: Il faut dire que le FONIJ a été créé en novembre 2007 sur l'initiative du gouvernement de consensus pour répondre aux différentes sollicitations de jeunes. En effet, suite aux événements de janvier et février 2007, l'on s'est rendu compte que le chômage des jeunes était l'un des problèmes qu'il fallait résoudre rapidement. C'est ainsi qu'en collaboration avec le PNUD, le programme d'appui à l'emploi des jeunes (PEJ), a été élaboré. Ce programme comprend quatre composantes essentielles dont l'entreprenariat jeune, l'amélioration de l'emploi jeune...
De sa création à ce jour, le FONIJ a organisé des ateliers de formation à l'esprit, à la création et à la gestion d'entreprise pour 500 jeunes sur toute l'étendue du territoire national. A l'issue de cette formation 275 projets présentés par les jeunes et jugés pertinents ont été sélectionnés en vue de leur financement. A ce jour, plus d'une centaine de projets ont été financés.
Je n'ai pas la prétention d'être exhaustif sur toutes les réalisations du FONIJ, pour les besoins d'information, malgré la faiblesse des ressources financières pour faire face à l'énorme besoin d'emploi des jeunes, le FONIJ a posé à une an quelques actes dont entre autres:
- l'élaboration et la signature des statuts du Fonds National pour l'Insertion des Jeunes ;
- le financement par l'intermédiaire de l'institution de microfinance (le CAFODEC), d'une centaine de projets présentés par des jeunes promoteurs sur l'ensemble du territoire national ;
- la sélection et la mise en apprentissage dans 200 ateliers de 1.000 jeunes de la ville de Conakry en situation d'insécurité alimentaire ;
- l'élaboration du projet taxi-conakry, qui ouvrira l'opportunité d'emploi à 5.000 jeunes dont: 2.000 emplois directs et 3.000 emplois indirects ;
C'est un bilan, quand même acceptable. Le problème le plus crucial reste bien entendu celui des ressources financières. Nous manquons énormément de ressources. Evidemment quand ont parle de Fonds, certaines personnes croient que nous brassons des milliards. Ce n'est vraiment pas le cas. Alors que les besoins sont énormes avec le stock de jeunes à la recherche du premier emploi qui grossit tous les jours. Le flot de jeunes déversé annuellement sur le marché d'emploi est tellement important qu'il faut absolument une vraie politique d'emploi pour les jeunes et des moyens importants pour y faire face.
GCI: Comment le FONIJ procède dans le cadre du programme vivres contre apprentissage?
S P C: Comme son nom l'indique, le programme vivres contre apprentissage a été mis en œuvre par le FONIJ en partenariat avec le PNUD, le PAM et l'OIC International. L'objectif global de ce programme est d'améliorer la ration alimentaire de 1200 familles pendant 9 mois tout en facilitant l'insertion professionnelle et économique de 1000 jeunes issus de ces familles, à travers l'acquisition de qualification professionnelle (en teinture, s'saponification, ...)
GCI: Quelle quantité de riz gagne chaque bénéficiaire?
S P C: Chaque mois, individuellement, les apprentis reçoivent au moins un sac de 50 Kg de riz. Ainsi que de l'huile et d'autres céréales ...
GCI: Sont-ce les bénéficiaires qui vont chercher les denrées?
SPC: Non! La dotation se fait sur le terrain. Et, ce n'est pas le FONIJ qui fait la distribution. J'insiste sur le fait que, le FONIJ est une structure de ‘'faire-faire''. Ce service ne garde ni l'argent, ni les denrées. Le FONIJ recrute toujours un organisme d'exécution. Et dans le cadre de ce programme, l'organisme d'exécution s'appelle l'OIC, une ONG internationale américaine. Son siège se trouve à Matam. C'est l'ONG qui emmagasine les vivres avant de passer dans les ateliers pour doter les maîtres ouvriers, les apprentis et en présence de leurs parents.
GCI: Quel est le programme de FONIJ pour étendre ce projet sur le pays profond où le besoin est plus pressant?
S P C: Il faut dire que ce programme est si important qu'il serait dommage de l'abandonner à mi chemin. C'est pour quoi, les jeunes qui seront formés continueront à être suivis pour permettre à au moins 500 jeunes de se prendre en charge par la création de leur entreprise. Mais, avant, ils seront formés à l'esprit, à la création et à la gestion d'entreprise. Le programme vivres contre apprentissage sera naturellement étendu aux capitales régionales du pays. Après les régions administratives, ce seront les préfectures qui bénéficieront des avantages de ce programme dont la finalité est de couvrir l'ensemble du pays.
GCI: A terme, combien de jeunes sont visés?
Au bout de trois années (2010-2013), notre objectif est d'absorber cent mille jeunes dans les différents corps de métiers.
GCI: Et, le cas des jeunes diplômés sans emplois?
Les jeunes sortants des institutions d'enseignement, sont d'abord formés. A l'esprit d'entreprise. Ensuite, ils vont être amenés à présenter des projets banquables qui seront examinés et adoptés selon leur pertinence. C'est ainsi qu'ils seront mis à la disposition des institutions de micro-finances pour l'obtention des prêts remboursables à échéance. A préciser que ces fonds sont des fonds revolving, donc qui tournent. Quand vous recevez par exemple un prêt de 40 millions, vous devez tout faire pour les rembourser, pour que le même montant puisse être mis à la disposition d'autres jeunes. La difficulté se situe naturellement au niveau du fait que nous manquons énormément de ressources. Mais, les statuts signé par Monsieur le Président de la république prévoit un volet ressources. Des ressources qui seront prélevées des importations de tabac, d'alcool, des jeux de hasard et autres. Ces taxes seront reversées au compte de FONIJ pour lui permettre de financer les projets des jeunes.
GCI: Et la part de l'Etat dans tout ça?
L'élaboration du programme national pour l'emploi des jeunes (PEJ) avec l'appui du PNUD, la mise en place du Fonds National pour l'Insertion des Jeunes (FONIJ) en tant que structure nationale chargé de la mise en œuvre des stratégies de promotion et d'insertion socioprofessionnelle des jeunes de Guinée et la création du Département en charge de l'Emploi des Jeunes constitue des actes majeurs qui répondent aux besoins d'intégration et de promotion des jeunes.
Cette volonté politique du gouvernement, est aujourd'hui suffisamment appuyée par les partenaires au développement, qui nous accompagnent dans la mise en œuvre d'un certain nombre de projets et programmes d'insertion socioprofessionnelle et économique des jeunes.
Toutefois, il est indispensable pour nous, si nous voulons bâtir une nation guinéenne forte, démocratique, unie et prospère, d'exploiter les potentialités des jeunes et les placer au cœur des objectifs du développement.
Pour ma part, je voudrais rassurer les jeunes sans emploi de la volonté de mon personnel, de mon équipe de direction à favoriser leur meilleure intégration au processus de développement socioéconomique du pays.
Propos recueillis par Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info




















