
A quelques jours d’une conférence de presse qu’il doit animer, le mardi 7 août 2012, à la Féguifoot, pour révéler la liste des joueurs convoqués dans le cadre du match amical que le Syli de Guinée doit livrer, le 15 aout prochain à Rabat, contre son homologue, les Lions de l’Atlas du Maroc. GCI est allé à sa rencontre. A bâtons rompus, autour des questions, concernant à la fois, ledit match amical, en passant par les conditions de préparation, de regroupement, jusqu’aux derniers détails le concernant. Notamment, le non paiement de son salaire, ce, depuis sa prise de fonction. GCI s'est intéressé un peu à tout.
GuineeConakry.info : Le 15 août prochain, dans le cadre de la journée FIFA, le Syli de Guinée doit livrer un match amical contre son homologue, les Lions de l’Atlas du Maroc. Peut-on savoir dans quelles conditions vous préparez cette rencontre ?
Michel Dusuyer : Pour un match amical, on a quarante huit heures. Le regroupement se fera à Paris, à l’aéroport de Charles-De-Gaule pour une continuation sur Rabat. Donc, on va récupérer les joueurs le lundi pour un match qui va se jouer le mercredi. Ce qui fait qu’on a programmé de voyager directement sur le Maroc le lundi, pour arriver à Rabat en début d’après-midi. Le soir, on aura une séance d’entrainement, et le mardi soir aussi. Et le mercredi soir, c’est le match.
GCI : Au niveau de la Féguifoot et du ministère, les dispositions sont-elles prises ?
MD : Les dispositions sont déjà prises en concertation avec la fédération marocaine de football. Puisque dans le cadre de ce match amical, c’est la fédération marocaine qui prend en charge les frais de transport. Donc il y a une étroite collaboration en terme de travail, pour justement harmoniser ce rassemblement, et faire en sorte qu’il n’y ait pas de couac.
GCI : Les joueurs sélectionnés lors de ce match amical seront-ils reconduits pour la rencontre aller face au Niger en septembre prochain, dans le cadre des qualificatifs pour la CAN 2013 en Afrique du Sud ?
MD : C’est une projection qui peut sembler cohérente, puisque juste après ce match amical, il y a celui du Niger qui suit. Mais cependant, il y a d’autres éléments qui doivent entrer en ligne de compte. C’est notamment, la disponibilité des joueurs. Puisqu’il y a des joueurs qui sont sans club, il y a d’autres qui sont blessés, comme le capitaine Kamil Zayatte, qu’on espère récupérer pour le mois de septembre. Donc voilà, comme je le disais, il y a des éléments dont il faut tenir compte.
GCI : Lors de votre séjour, il était question que vous preniez langue avec certains binationaux évoluant en Europe. Quels en sont les résultats ?
MD : Je tiens à préciser que mon séjour en Europe, c’était dans le cadre de mes congés. (Rire) de temps en temps, j’en prends un peu. J’ai profité de cette période, puisque c’est à ce moment-là les joueurs étaient en phase de reprise d’entrainement dans leur club. Donc, c’était la seule période propice pour moi de prendre des congés. Concernant le cas des binationaux, jusqu’à présent, nous n’avons toujours pas eu encore de confirmation. Pour exemples : Florentin Pogba ne nous a toujours pas signifié qu’il voulait s’engager avec l’équipe nationale, Fodé Bangaly Koïta aussi, il en est de même pour le gardien Oumar Barry, qui est venu en Guinée récemment au mois de juin, et qui pour l’instant, ne semble pas encore prêt à nous rejoindre.
GCI : Au de-là du fait d’être entraineur du Syli, certains observateurs voient en vous l’homme qui doit aider à reformer le football guinéen. Comment réagissez-vous face à une telle conception ?
MD : Un travail de refondation du football est un travail qui s’inscrit dans le temps et dans la durée. Ce n’est pas les mêmes échéances qu’un entraineur national, lequel est souscrit à des performances et à des critères de résultat. Il peut aussi à tout instant et à tout moment être débarqué. Donc il est très important que ce travail de fond soit entrepris sous l’égide des personnes qui sont là de façon permanente, ou du moins, qui seront là durant trois ou quatre ans. Parce que c’est un travail de fond. Maintenant à tout moment, je suis là pour essayer de collaborer, d’apporter mes connaissances chaque fois dans la mise en place d’actions et de réflexions. Je suis tout à fait disponible. Et dans le cadre de la mise en place d’une politique technique, je suis également tout à fait prêt à collaborer. Mais encore une fois, c’est un travail qui concerne la fédération et la direction technique nationale.
GCI : Concernant l’ossature de l’équipe, certes, il y a des réformes qui font que le Syli progresse ces temps-ci, cependant, beaucoup estiment qu’il y a toujours un manque à gagner. En tant qu’entraineur, quels sont globalement les compartiments sur lesquels il faudra davantage travailler pour faire du Syli une équipe compétitive ?
MD : Il faut qu’on gagne en maturité, il faut qu’on gagne aussi en expérience. C’est vrai qu’on ne peut pas tout avoir, et la jeunesse et l’expérience. C’est pourquoi on a besoin de travailler un peu plus. On a besoin de peaufiner certains réglages encore. C’est vrai que sur le plan défensif, nous avons concédé trois buts, c’est trop même si les circonstances nous étaient pratiquement défavorables sur ce match là. Que cela soit en avant match ou au cours du match. Dans l’avant du match, on avait trois défenseurs sur quatre, habituellement titulaires qui étaient blessés, et je dirais même presqu’en cours de match, lorsque le gardien a été expulsé et que Ibrahim Diallo a été aussi sorti sur blessure. C’est pourquoi nous avons beaucoup souffert, avant et pendant ce match.
Maintenant, on doit gagner en maturité. Parce que le haut niveau, cela se joue sur des détails. Sur le mental aussi. Et à ce niveau, il faut qu’on progresse. Il faut qu’on retrouve outre une solidarité défensive, il faut qu’on retrouve aussi une fluidité dans le jeu, qu'on a un petit peu du mal à retrouver, depuis notre prestation à la dernière CAN.
GCI : Récemment, à la faveur du tirage au sort de la dernière phase des qualifications pour la CAN 2013, la Guinée a hérité du Niger. Quels sont vos commentaires ?
MD : D’abord du respect par rapport à l’adversaire. Parce que cette équipe du Niger est en progression, elle a participé à la dernière CAN, en faisant un parcours remarquable. Elle était dans le même groupe que l’Egypte et l’Afrique du Sud, et elle a pu se faire qualifier. Donc, cela situe un peu la qualité de cette équipe. Ensuite, il y a le contexte, j’aurais préféré que le match retour se joue à Conakry. Mais ceci dit, nous, nous avons l’objectif d’être présents à cette phase finale, qui se jouera en Afrique du Sud. Donc même si on a du respect pour cette équipe du Niger, je sais que cela ne serait pas chose facile, mais on veut absolument se qualifier!
GCI : Malgré la défaite concédée à domicile contre les Pharaons d’Egypte, certains de vos joueurs estiment que les chances du Syli de prendre part à sa première phase finale d’une coupe du monde sont encore intactes. Qu’en dites-vous ?
MD : Ce qui est clair, c’est que cette victoire de l’Egypte le place dans de bonnes conditions pour une qualification. Il ne faut pas se leurrer. Maintenant, ce que j’ai dit après le match, c’est ce que je redis aujourd’hui, il reste quatre matches à jouer, donc douze points sont encore en jeu. A ce titre, il faut qu’à notre niveau, qu’on se focalise, qu’on se concentre sur notre prochain match en déplacement contre le Mozambique. Et surtout avec l’objectif d’aller chercher trois points là-bas, de sorte qu’on puisse rester en contact avec l’Egypte. Si on arrive à faire cela, voire même à grappiller quelques points, puisqu’en juin 2013, nous recevrons deux fois, le Mozambique et le Zimbabwe, tandis que l’Egypte lui, se déplacera au Mozambique et au Zimbabwe.
Donc, peut-être dans ce laps de temps là, il restera des point à avoir pour avoir à porter de fusil de cette équipe d’Egypte. Après, tout ce qu’on souhaite, c’est de jouer une finale en Egypte.
GCI : Toujours à propos de ce match contre les Pharaons d’Egypte, à la veille, les joueurs du Syli avaient émis un certains nombre de revendications dans un mémo, qui sont de nature à saper le moral du groupe. Où en est-on de la résolution des problèmes qu’ils avaient soulevés ?
MD : A ma connaissance aujourd’hui, le mémo sur les primes n’a pas été encore discuté. Aucune décision n’a encore été prise concernant cet aspect des choses. Justement, il serait quand même urgent que ce problème là soit réglé avant même notre match contre le Niger. De façon à ce qu’on soit dans de meilleures dispositions, que les joueurs soient dans de meilleures dispositions. Maintenant, concernant le deuxième aspect du mémo, notamment, l’argent collecté par le comité de soutien, moi pour l’instant, j’ai pas eu d’information à ce niveau-là.
GCI : En ce qui vous concerne, il était question de vos arriérés de salaire. A quel niveau se situe actuellement le problème ?
MD : C’est en cours de résolution, mais ce n’est pas encore résolu.
GCI : Au cas où la question perdurerait, pourriez-vous allez jusqu’à envisager le départ ?
MD : J’ai un objectif sportif et qui me tient à cœur. J’ai fait le choix de rester en Guinée, parce qu’il y a des objectifs, des challenges sportifs que j’ai très envie de relever. Donc comme je l’ai dit tantôt, il ne faudrait pas que je perde confiance. Je compte sur les dirigeants pour que ce problème soit évacué le plutôt que possible, même dans ma tête que cela soit définitivement réglé, afin que je puisse totalement et pleinement me consacrer au terrain.
GCI : Pour finir, pourrait-on s’attendre à des locaux dans la liste des joueurs convoqués pour ce match ?
MD : La liste sera diffusée mardi prochain (ndlr : à la conférence de presse qu’il animera à la Féguifoot le 7 aout 2012).
Propos recueillis exclusivement par Lamine Camara pour GuineeConakry.info




















