SCIENCE: Sékou Koïvogui, Directeur général de l'Institut de recherches agronomiques de Guinée (IRAG): "Nous venons de créer et de lancer deux variétés de maïs..."

Selon les statistiques officielles, plus de 80% des Guinéens sont des cultivateurs. La logique voudrait donc que l'Etat guinéen fasse des ces populations actives du pays, sa première préoccupation. C'est la raison de l'existence de l'Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG). Nous avons rencontré le Directeur général de ladite institution,...

M. Sékou Koïvogui, au sujet de deux variétés de maïs récemment produites par ses services. Interview. Nous avons rencontré le Directeur général de la dite institution, M. Sékou Koïvogui, au sujet de deux variétés de maïs récemment créée par ses services. Interview.

 

GCI: Monsieur le Directeur, votre institut vient de lancer une nouvelle variété de maïs. Expliquez-nous quelles sont les propriétés de ces nouvelles variétés?

 

Sékou Koïvogui: Comme vous l'avez dit, l'IRAG vient de procéder au lancement officiel de nouvelles variétés de maïs qui sont MGK5 et MGK7 (Maïs Guinée Kilissi). Evidemment, Kilissi, c'est le centre de recherche agronomique Kim Il Sing de Kindia. Ces deux nouvelles variétés ont des performances bien meilleures que celles qui existent déjà. Notamment, par rapport à leur rendement qui oscille dans les environ de 5,5 tonnes à l'hectare, avec des cycles relativement courts variant entre 90 à 110 jours.

 

GCI: Quels sont les avantages de telles variétés de maïs pour les paysans et consommateurs guinéens?

 

SK: Le premier avantage est que ces nouvelles ont des rendements bien supérieurs. Aussi, elles ont des cycles relativement courts par rapport aux autres. Inutile de rappeler que le maïs occupe une place importante dans l'alimentation des populations et des volailles en Guinée. Ces deux nouvelles variétés sont destinées à être également exportées dans les autres pays de la sous région ouest africaine. Nous estimons qu'elles vont apporter une nouvelle dynamique dans la production de cette céréale dans notre pays.

 

 

GCI: Mais avant faut-il que la variété soit connue des populations de la sous région, alors quelle stratégie de communication, disons de vulgarisation?

 

SK: Un certain nombre de mesures sont prises pour la diffusion de MGK5 et MGK 7. Tout d'abord, c'est diffusion de la fiche technique, ensuite, nous allons procéder à la production des semences base pour les multiplier. Evidemment, pour la vulgarisation, nous allons nous rabattre sur les paysans semenciers. Ce sont eux qui vont les diffuser au niveau de la couche paysanne. Les autres centres de recherches des pays voisins seront aussi servis dans le même cadre, avec le souci évident de faire connaître le fruit de nos recherches et de rentabiliser nos nouveaux produits. Ainsi l'IRAG deviendra de plus en plus une référence sûre dans le monde agricole africain.

 

GCI: Quels sont précisément vos rapports avec ces centres de la sous région?

 

SK: Il faut dire que tous les SNRA (services nationaux de recherche agronomiques) sont regroupés au sein de CORAF (Conseil africain de l'ouest et du centre pour a recherche agronomique). qui rassemble les différents institutions de recherches dans les différents pays. Nous avons ainsi des conventions avec la Côte d'Ivoire, le Mali, le Sénégal. Nous avons également des mémorandum, des conventions, des partenariats avec les institutions de recherches agronomiques internationales comme l'ADRAO qui est un centre de recherche sur le riz.

 

GCI: Quelles les autres domaines de recherches agricoles dans lesquels vous vous investissez?

 

SK: Nous avons un centre pour la création variétale de maïs, du riz et l'arachide. C'est à Kilissi. De nos jours, nous avons mis au point de nombreuses variétés de riz confinées dans un catalogue qui va être diffusé bientôt. Nous avons procédé au lancement de trois variétés de riz à savoir RGK7, RGK10 et RGK11 qui ont des rendements allant jusqu'à 2,5 tonnes dans le milieu réel, sans apport d'engrais.

Le mandat de l'IRAG intéresse aussi bien la recherche sur toutes les variétés de la culture vivrières, les plantes forestières, que l'environnement. C'est dire que nous travaillons aussi sur le manioc, le fonio, la pomme de terre, les fruitiers et divers. De même que sur les spéculations animales.

 

GCI: Avez-vous vérifié l'impact de vos recherches sur le terrain?

 

SK: La seule étude d'impact formalisée est celle qui porte sur le Nerica(New Rice for Africa) que nous réalisons en collaboration avec ADRAO. Tous les chiffres sont disponibles. Nous pouvons dire sans risque de nous tromper que ce riz est bien diffusé aussi bien en Guinée que partout en Afrique. La variété est beaucoup convoitée et appréciée par les paysans guinéens.

 

GCI: Comment travaillez-vous avec les paysans?

 

SK: Notre stratégie de recherche repose sur le partenariat technique et scientifique avec aussi bien avec les producteurs regroupés au sein des organisations professionnelles agricoles que les homologues de la sous-région. Nous travaillons par exemple avec la coopérative des producteurs agricole de la Basse Guinée, avec laquelle nous entretenons de très bons rapports. Aussi, nous travaillons avec des projets sur contrat. Les choses se passent toujours bien entre les paysans et nous. Ils voient concrètement comment nous améliorons les variétés. Réticents au départ, notre travail les a finalement convaincus car les résultats sont là, bien visibles. A l'IRAG, nous sommes convaincus qu'avec le partenariat réussi avec les paysans, c'est un véritable levier pour relancer l'agriculture guinéenne.

 

Propos recueillis par Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce