Scandale financier: 500 mille euros volés, chantage ou réalité!

Mahomed YOULA, le directeur national du budget ne semble plus conjuguer le même verbe avec son homme de main, un certain Ismaël NABE. Un histoire de vol, portant un montant de 500 mille euros, serait à l'origine de brouille. Pourtant, tout était bien beau entre les familles Nabé et Youla, qui cohabitent depuis belle lurette au quartier carrière cité, commune de Matam

A tel point qu'au décès du vieux Nabé, Mohamed Youla, le patron de notre budget, en a fait de son affaire. De la compassion, aussi des sacs de riz et un bœuf pour le sacrifice. Mieux, les Nabés ont demandé à Youla de chercher un job pour Ismaël Nabé (33 ans, marié). « Il va gérer mes affaires courantes, en attendant qu'on lui trouve un éventuel emploi », aurait-il proposé.

Le 4 janvier 2004, Ismaël Nabé s'est attelé à la gestion des chantiers ouverts ça et là. Des fonds lui sont souvent remis, avec un cahier de gestion à l'appui, pour suivre le chantier en cours. Il est visé par M. Youla lui-même, après chaque opération. Des mois passent, et les chantiers évoluent un à un. Aucun malentendu majeur n'a été soulevé, seul l'épineux problème de rémunération de Nabé. Entre temps, le chauffeur de Youla, un certain Mohamed Soumah claque la porte, accusé de vol. on propose ce poste à Nabé qui devient à la fois chauffeur et gérant des chantier. Suites aux doléances formulées, Youla recommande Nabé au comptable payeur pour recevoir son salaire. Il se présente sous le nom du chauffeur viré, et touche les salaires de six mois, à raison de 135.000francs glissants. Ce qui permis au veinard d'effacer une partie de son ardoise très salée. Après une mission au pays de l'Oncle sam, M. Youla a demandé à Nabé d'aller prendre, dans l'une de ses villas à Manéyah, la batterie de sa voiture « Jaguar » pour la charge.

Le gardien lui ouvre la garage, mais impossible à Nabé de dénicher la batterie. « J'étais obligé de l'appeler et c'est lui-même qui est venu dénicher la batterie ». Faute des pièces appropriées, la batterie n'a pu être enlevée ce jour. Il fallait coopter un mécanicien. Et voilà que la fête de Ramada tombe. Et Youla tenait à sa Jaguar pour festoyer en beauté. Il exige alors que la batterie soit chargée à tout prix. Mais, « les chargeurs de batterie », eux aussi étaient en fête. On utilise alors celle de la voiture de service, une VA immatriculée 2041 pour pouvoir ramener la Jaguar jusqu'à son village. Non satisfait, Youla aurait souhaité une nouvelle batterie. Nabé débarque à Conakry et en décroche une. Il retourne à Forécariah aux environs de 23 heures. Le lendemain déjà, la batterie est chargée. Sur le chemin du retour, M. Youla décide de transiter à Kagbélen, chez Mohamed Lamine Diaby, son homme de confiance. Il charge ce dernier d'informer Nabé de son désir de rompre avec lui. « Tu lui diras qu'on ne peut plus continuer à travailler. Qu'il te remette mes 500.000 euros que j'avais enfouis dans le pneu secours de ma voiture Jaguar. Sinon, on ira très loin ».

A Conakry, Youla et Diaby se sont transporté dans la famille Nabé, pour l'informer et trouver une solution d'urgence. « Nous avons entendu vos doléances, et la réponse vous parviendra dans les meilleurs délais », a-t-elle répondu. Un conseil de famille a été aussi tôt convoqué. Le dossier a été débattu, les différents aspects de leur collaboration touchés. Il s'est avéré qu'après deux ans de collaboration, Youla a toujours joué sur les sentiments pour éviter qu'on lui demande d'accorder quelque chose à Nabé. Interrogé, ce dernier rejette l'accusation. « Je ne suis ni de près, ni de loin mêlé à cette histoire de vol que M. Youla aille chercher son voleur ailleurs ».

A l'issu de l'entretien familial, il a été convenu de dire au sieur Youla d'aller se plaindre où il veut. « Si c'est un cas d'homicide involontaire ou une somme de moindre importance, on aurait pu lui demander pardon. Mais pour une somme de 500 mille euros, nous n'avons aucune solution ».

Selon Ismaël Nabé, les actes d'intimidations de la part de Youla, pèsent toujours sur lui. Même qu'on menance de faire intervenir « fossi », un fétiche qui aurait le pouvoir d'anéantir toute une famille. Notre patron aurait même effectué dans ce cadre un voyage au Burkina Faso. Joint à son bureau, le mercredi 25 novembre dernier, Mohamed Youla a expliqué seulement les rapports humains qui le lient à la famille Nabé depuis le décès du Chef de famille. « J'ai été parrain d'une manifestation dans la sous-préfecture de Banko, et on m'a même fait citoyen d'honneur de cette localité. Concernant Ismaël Nabé, il ne me doit rien. Il n'y a aucune brouille entre lui et moi. Peut être avec mon épouse… seulement, il a fait cogner ma voiture, et je l'ai vidé. C'est tout ».

Quant à Mohamed Lamine Biaby, il a tout simplement affirmé n'avoir jamais connu Ismaël Nabé. Et le jeudi 26, M. Youla aurait de nouveau débarqué chez les Nabés pour réclamer le fameux cahier de gestion. « Je ne peux pas te remettre ce cahier. C'est le seul document qui pourrait me permettre de justifier ma gestion », a répondu Ismaël Nabé.

Au dernier nouvelle, paraît que certains malins, proches du patron, cherchaient à négocier avec Nabé pour stopper l'affaire.

A suivre donc.

 

Abdoulaye CAMARA

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