
La vente frauduleuse des deux poches de sang aurait eu lieu les 8 et 9 août dernier. Les parents des deux malades dont l’état de santé nécessitait la transfusion, se seraient respectivement présentés à ces deux dates avec des bulletins réguliers. Malgré tout, deux agents leur auraient alors vendu les deux poches à des prix qui n’ont pas été révélés, mais qui, aux dires du ministre, seraient très élevés.
Mais là n’est pas l’unique souci avec cette vente. Les enquêtes menées par la suite auraient en effet permis de constater qu’effectivement les deux poches avaient été enregistrées lors de leur réception par le centre. Malheureusement, il n’existerait aucun document attestant de leur sortie. Ce qui signifie que, non seulement les deux ont été vendues à des prix excessivement élevés, mais aussi que l’argent n’aurait pas été reversé dans les caisses de l’établissement.
Une attitude que les autorités du département trouvent inacceptable de la part des responsables du CNTS.
Conséquence, le premier d’entre eux, Dr André Loua, écope d’une suspension provisoire. En ce qui le concerne, ce n’est pas la première fois que son nom est associé à une gestion irresponsable du centre national de transfusion sanguine. Quelques observateurs avaient également pointé un doigt accusateur sur lui, à la faveur de la crise aiguë de sang que les différents établissements hospitaliers avaient récemment enregistrée. Le gouvernement avait alors mis la main à la poche. Mais il avait accompagné ce geste d’une promesse d’un suivi et d’un contrôle plus rigoureux.
Une sanction identique a été prise concernant les deux agents qui se seraient livrés à la transaction frauduleuse. Mais le ministre a ajouté, qu’il n’est pas exclu que suite à leur mauvais comportement qu’ils soient affectés à l’intérieur du pays ! Et c’est avec cette dernière mesure envisagée comme sanction, que se pose un certain problème. Il découle de la déclaration de Dr. Naman Keïta que « le fait de se voir affecter à l’intérieur du pays est une punition ». C’est dire qu’à son niveau, il y a un certain mépris à servir en dehors de la capitale guinéenne.
Dans ces conditions, les propos de Dr. Naman Keïta semblent faire croire que les populations de l’intérieur du pays, sont « des citoyens de seconde zone » qui ne doivent bénéficier des services de l’Etat guinéen, que lorsque certains agents de la ville de Conakry auront failli.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















