
Rencontrée avec un plateau de sachets d’OMO en vente sur la tête, le long de la place des martyrs, cette quadragénaire, femme au foyer, qui a requis l’anonymat, mère de quatre enfants, dont deux mineurs, voit le salut de sa famille, grâce au forage et à l’utilisation du produit Sur’eau : « Dans le quartier où nous sommes, Kènèndé, le problème d’eau potable est très crucial et nous somme le plus souvent confrontés à cela. Nous pouvons rester à peu près un mois, ou vingt jours durant, sans avoir l’eau à la pompe. Mais très heureusement, nous avons dans le quartier au moins deux forages. L’endroit est très bien aménagé et clôturé. Il y a quelqu’un qui s’occupe de l’entretien et de l’hygiène du forage. A notre niveau, grâce à Dieu, nous n’avons pas fait usage des eaux de puits par exemple, comme cela se passe ailleurs. Et quelques fois, puisque l’eau de pompe met du temps, le jour où elle vient, lorsque nous puisons dans les bidons, les bassines et autres, on ajoute un peu de produit de « Sur’eau » pour tuer les microbes. Cela aide beaucoup mes enfants et toute la famille…»
D'un ton innocent, la jeune Fatoumata Yarie Touré, vendeuse à la sauvette au marché de la ville, dit que dans sa famille, on a recours à la fois, et à l’eau du forage, et à l’eau du puits : « Nous sommes un peu loin du forage…le peu que nous partons puiser, est utilisé pour la préparation et pour boire. Pour laver la maison, la vaisselle, les habits, ou nous laver, nous utilisons l’eau du puits qui est à côté de nous…pour le moment, suis pas encore tombée malade. Je ne le souhaite même pas (sourire) ».
Ayant la charge de trois enfants, M. Aboubacar Lansari Sylla, employé d’une banque privée de la place, se montre plutôt exigeant et sévère vis-à-vis de sa famille dans l’utilisation de l’eau : « La zone où j’habite, à Féréfou, nous pouvons manquer d’eau deux à trois jours la semaine. Ce qui oblige certaines familles à utiliser l’eau de puits pour la vaisselle, la lessive, et tout ce qui s’en suit. Malheureusement, ils ne connaissent pas l’inconvénient de cela. Ce qui fait que pratiquement, Kindia est une zone endemique. Le choléra, la fièvre, la typhoïde, le palu, on en finit pas. Moi en famille, pour des mesures préventives, nous avons des bidons. Dès que possible, je prends deux ou trois bidons, je fonce sur Foulaya où je peux trouver le forage. Vous savez le forage, ça c’est ''clean'' hein ! Parfois, si nous avons du ‘’Sur’eau’’, on met dans l’eau pour les enfants, pour boire, faire leur toilette, et autres. Et quelque fois même, il arrive que j’aie de sérieuses emmerdes avec leur mère. S’il n’y a pas d’eau, on m’attend ! Je ne veux pas qu’ils touchent à n’importe quoi. Même si c’est la nuit, je sors pour trouver de l’eau. Mais ça arrive rarement. Généralement, on a toujours un bidon en réserve. Et on y veille durant la semaine, puisque c’est ça notre vie. Mais encore, heureusement qu’il ya des forages à Kindia! »
Bien que n’ayant pas pu donner des statistiques en la matière, le chargé à la prévention et à l’hygiène à la direction préfectorale de la santé, Dr Zoumanigui, nous a laissé entendre qu’effectivement, « beaucoup de maladies sont liées à l’eau. Appelées, des maladies hydriques. » Tels que le choléra par exemple.
Selon lui, la région de Kindia est une zone exposée très malheureusement à cette triste réalité. Le fait que « les ménages n’ont pas accès régulièrement à l’eau potable ».
Sachant que les populations de Kindia, les enfants en particulier, sont considérablement menacées par cet état de fait déplorable et alarmant, les autorités, dans leur devoir régalien, devraient trouver vite les voies et moyens pour sauver des milliers de vies.
Lamine Camara pour Guineeconakry.info, Envoyé spécial à Kindia




















