SANGARIS EN RCA : Un an après !

Sangaris, l’opération militaire française en Centrafrique, souffle sa première bougie, ce 5 décembre. Une occasion d’en établir le bilan. En l’occurrence, il s’agit d’un bilan plutôt mitigé. D’un premier point de vue, l’intervention française est de beaucoup dans la pacification et la quiétude relative que le pays connaît depuis quelques mois. Mais on ne saurait oublier toutes les péripéties moins reluisantes par lesquelles la RCA est passé pour aboutir à cette situation de paix précaire. De même, la réconciliation et le retour à l’ordre constitutionnel demeurent à conquérir.

Au regard de la situation qui, le 5 décembre 2013, avait justifié l’intervention précipitée de l’opération Serval, la France et le président Hollande peuvent être fiers du résultat obtenu en un an. En effet, excédée par les violences et exactions gratuites que la rébellion formée par les ex-Séléka, jadis incontrôlables, exerçait sur les paisibles populations à dominante chrétienne, les anti-balaka s’étaient laissés aller dans une folie vengeresse. Ciblant les quartiers banguissois majoritairement habités par la minorité musulmane, ils avaient sévi avec horreur, terreur et cynisme. Se servant de gourdins, d’armes blanches, de bouts de bois cloutés et d’armes de guerre, ils avaient blessé, mutilé et tué.  

Une menace d’extermination planait lorsque, devant l’attentisme et/ou la démission des institutions africaines dont l’UA, la France a pris sur elle la responsabilité d’intervenir. Un an après, la situation a considérablement évolué. Certes, ce sont des milliers de Centrafricains de confession musulmane qui continuent de vivre loin de leurs demeures respectives ; mais que les jeunes banguissois aient repris la fréquentation des boites de nuit est symptomatique d’une amélioration certaine du climat sécuritaire. Les citoyens n’y sont plus quotidiennement assassinés comme de petits poulets. La vie nationale n’y est pas, non plus, prise en otage par la rivalité fratricide entre ex-Séléka et anti-balaka. Les Centrafricains ré-expérimentent un semblant de vie normale.

Cependant, cette situation de quiétude relative n’autorise guère à dormir sur ses lauriers. Parce que la paix est potentiellement menacée par la libre circulation des armes. Les risques de rechute sont également liés aux frustrations et à la méfiance caractérisent désormais les rapports entre Musulmans et Chrétiens. Des risques d’autant plus élevés que la France, quelque peu essoufflée, par ce que sollicitée sur d’autres fronts, peine à trouver un relais. Dans la mesure où les Nations unies n’arrivent pas à réunir l’effectif de 12.000 hommes  et la logistique que requiert la Minusca. L’avenir de la République centrafricaine demeure également menacé par l’incertitude qui guette son retour à l’ordre constitutionnel.

La présidente Catherine Samba Panza, initialement envisagée comme antidote à l’impotence et à l’irresponsabilité de Michel Djotodia, a vu sa côte et son autorité décliner ces derniers temps ; au point où elle n’incarne plus la confiance nécessaire à un processus politique serein, condition sine qua non à la tenue d’élections présidentielles libres et transparentes.

Autant de facteurs qui laissent croire que la RCA est à un carrefour décisif dont la négociation déterminera son avenir proche et lointain.    

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

© 2014 GuineeConakry.info 

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