SAHEL : De Serval à Barkhane

En novembre dernier, à la faveur d’une tournée sous régionale en Afrique de l’ouest, Manuel Valls, à l’époque ministre de l’intérieur, avait été le premier à évoquer la nécessité d’une approche régionale dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Huit mois après, c’est l’ensemble de l’exécutif qui se rend à l’évidence. Le fait que Manuel Valls ait entre-temps remplacé Jean Marc Ayrault y serait-il pour quelque chose ? Ce n’est pas exclu. En tout cas, le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian l’a formellement annoncé hier.

Dans les tout prochains jours, Barkhane remplacera Serval. Au-delà du changement du nom, c’est la mission qui va évoluer du Mali pour l’ensemble de la région sahélienne. C’est chez nos confrères d’Europe 1 que Jean-Yves Le Drian a annoncé l’acte de décès de l’opération Serval.

Une décision qu’il justifie par le fait que l’opération française au Mali aurait pleinement rempli la mission qui lui était assignée, à savoir empêcher la prise de Bamako par les islamistes et aider à récupérer les régions septentrionales qui étaient sous la férule des jihadistes. Mais le ministre de la défense annonce aussitôt la naissance sur les ruines fumantes de Serval, d’une nouvelle opération française du nom de Barkhane.

Un nom loin d’avoir été choisi par hasard. En effet, Barkhane est le terme utilisé pour désigner les dunes ayant la forme d'un croissant allongé dans le sens du vent. C’est dire que le nom est en rapport étroit avec la mission qui sera dévolue à cette nouvelle opération. Les autorités françaises ont-elles enfin décidé de prêter une oreille attentive aux dirigeants des pays bordant la région sahélienne ? Tout porte à le croire.

Selon le ministre français de la défense, la nouvelle opération dont le commandement pourrait se baser à Djamena, dans la capitale tchadienne, aurait un droit de regard sur toute la région sahélienne. L’objectif étant d’empêcher que les groupes islamistes chassés du nord-Mali ne profitent du vide sécuritaire pour reconstituer leurs filières. Misant sur la coopération pleine et entière de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso et, bien entendu, du Tchad, la France n’entend pas augmenter ses troupes. En tout, ce sont les 3000 hommes déployés entre le Mali et la Centrafrique qui seront mobilisés pour cette nouvelle mission.

Naturellement, en raison de toutes les nouvelles alarmantes qui viennent de la bande sahélienne, la décision des autorités françaises parait salutaire. Mais en réalité, il n’y a pas de quoi pavoiser. Car enfin, la France se met en devoir de gérer les conséquences désastreuses du ‘’bordel’’ qu’il a foutu en Libye. Et dont la fusillade d’hier à l’aéroport de Tripoli n’est qu’une des regrettables conséquences.

Pour le succès de Barkhane, il faudrait envisager une piste de solution au chaos qui continue de régner dans le pays de Kadhafi. De même, la position d’Alger par rapport au déploiement de troupes étrangères dans la partie sud de sa frontière demeure une énigme qui peut influencer la mission de Barkhane.

Fodé Kalia Kamara pour GuineeConakry.info           

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