RWANDA : Kagamé, ad vitam aeternam !

Après les députés, voilà que les sénateurs rwandais viennent à leur tour d’avaliser la controversée modification constitutionnelle, pour laquelle le parti au pouvoir, le FPR, a mis en branle toute sa logistique politico-militaire, pour récolter quelques 3,7 millions de pétitions signées sur un corps électoral de 6 millions d’âmes, réclamant en somme, pour les décennies à venir, celui qui depuis 1994, préside aux destinées de cette nation meurtrie par le génocide : Paul Kagamé.

Scénario politique

Pour réussir son tour de force politique qui vise à donner à sa volonté de conservation du pouvoir, l’habillage démocratique indispensable pour  soulager l’opinion publique internationale, le Front Populaire Rwandais a inventé ‘’la potion des pétitions’’. Ces consultations faussement populaires qui ont mobilisé tout le pays dans le but essentiel de reconduire le président Paul Kagamé, après 2017, pratiquement autant de fois qu’il voudra ! Jusqu’à 2034, par exemple, quand ce président qui a 58 aujourd’hui, aura ses 77 ans…  

Tout ce scénario politique, chacun le sait ou le soupçonne, n’a qu’un seul et unique objectif : le maintien au pouvoir du président Kagamé, par tous les moyens. Ces cosmétiques juridiques de nettoyage de la loi fondamentale rwandaise, avec la pirouette qui consiste grâce au nouvel article 101, de faire passer de cinq à sept ans, le mandat présidentiel et en limite le nombre à deux, mais il est aussitôt ‘’rectifié’’ avec un autre nouveau, le 172  qui autorise le président en exercice à se présenter en 2017, pour un nouveau septennat, qu’il pourra poursuivre tranquillement ensuite dans deux autres quinquennats ! Pas de doute, les députés et sénateurs auront vraiment accompagné, pour ne pas dire orchestré, toutes ces réformes qu’ils annoncent ‘’populaires’’ afin de sauvegarder aussi leurs intérêts.

La graine de progrès

Une gymnastique politico-juridique qui sera parachevée par un référendum dont l’issue positive en faveur de Kagamé, dont le bilan est par ailleurs admirable, ne fait l’objet d’aucune contestation objective. Mais la démocratie a horreur de la confiscation du pouvoir. Et la plus grande réussite de l’homme fort de Kigali serait de voir de son vivant, d’autres lui succéder dans une alternance démocratique voulue et ouverte. Celle qui serait la preuve par les faits que la graine de progrès semée est tombée en bonne terre.

Après les sorts divers connus par les présidents Pierre Nkurunziza du Burundi, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Denis Sassou Nguesso du Congo, et avant Joseph Kabila, Paul Kagamé compte s’en tirer à bon compte, lui qui surfe toujours sur les vagues électorales à plus de 90% ! Attention, le jeu politique est toujours dangereux et les opposants qu’ils minimisent aujourd’hui pourraient se révéler comme de redoutables adversaires sur le long chemin de la démocratie.

Maria de BABIA pour GCI

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