
La première exploitation industrielle commença à Bonodou à l’Ouest de Kérouané en 1935 avec la Société Guinéenne d’Exploitation du Diamant (SOGUIMEX). Depuis, plusieurs campagnes d’exploration ont été exécutées à travers la Guinée par des compagnies différentes.
C’est en 1952 que Hagard a découvert le premier dyke kimberlitique de Guinée dans la vallée de la Folomba, près du village de Fenaria (région de Kérouané). Plus tard, deux autres dykes ont été trouvés dans la vallée de Kolokoro (Kérouané).
En 1956, des exploitants artisanaux clandestins, venus de la Sierra Leone, envahissent les zones diamantifères de l’Est de la Guinée et exploitent les alentours des concessions minières existantes. Des découvertes isolées de diamants ont également été faites dans l’Ouest de la Guinée, notamment à Forécariah et dans plusieurs grandes rivières et fleuves de la Guinée.
Mais les principaux gisements sont localisés à l’Est de Kissidougou, au Nord et au Nord-Est de Macenta, à l’Ouest de Beyla et de Kérouané (soit le triangle Bekéma).
Geosurvey International (1979-1981) a effectué le levé géophysique aéroporté (Spectométrie, Magnétométrie, VLF) du territoire national en vue de localiser entre autre les structures profondes du diamant. Ce levé signale la présence de sources kimberlitiques à Beyla, à l’Est de Simandou et dans la zone de fracture de Véma, située à l’extrême nord du pays en bordure du Sénégal dans le prolongement de la zone de kimberlites découvertes au Mali, à proximité de Kéniéba.
Comme l’or, le diamant se rencontre en Guinée sous forme de gisements secondaires (éluvio-alluvionnaires et alluvionnaires des terrasses) et primaires (sources kimberlitiques). Les diamants de Guinée sont généralement de bonne qualité avec une nette prédominance en pierres de joaillerie. Signalons la commercialisation de plusieurs grosses pierres de 200 à 400 carats de joaillerie, ces dernières années. Les réserves totales sont estimées entre 25 et 30 millions de carats. Cette estimation est loin d’être exhaustive puisque les kimberlites de Guinée ne sont pas définitivement inventoriées et évaluées et beaucoup d’autres restent sans doute à découvrir.
La récente découverte (1996) de diamant à l’Ouest de Kindia (faisant l’objet d’une exploitation artisanale), à environ 130 km de Conakry, l’élargissement des travaux d’exploration de diamant aux Préfectures voisines de Coyah, Télimélé et Forécariah ainsi que les travaux de recherche de diamant de la Société De Beers (Debsam), permettent d’affirmer que le potentiel diamantifère de la Guinée dépasse largement le chiffre indiqué ci-dessus.
Plusieurs sociétés travaillent actuellement dans la prospection du diamant en Guinée (Debsam, A.A. Mining, Sorem, Soguimex, Consolidated Mining Corporation, Corporation Minière de Guinée, Bassad, etc…).
La production de diamant est assurée actuellement par:
• Arédor-First City Mining (1996) à Banankoro (Kérouané) où l’Etat détient 15 % du capital à côté du partenaire canadien Consolidated Mining Corporation (85 %) faisant environ 100 000 carats/an.
• Hymex-Guinée SA à Macenta dont le capital est détenu à15 % par l’Etat guinéen et le reste par la société canadienne Hydro Mineral Exploration Corporation (Hymex). Après une étude de faisabilité, les réserves totales devraient s’élever à 4 500 000 carats sur une zone n’excédant pas 30 km 2 . L’objectif pour 1998, qui est la phase de pleine production, est de 100 000 carats par an et le chiffre d’affaires prévu est de 8 millions de $US.
La firme sud-africaine De Beers à travers sa filiale (Debsam) a signé en juin 1995 un Protocole d’Accord avec la Guinée portant sur la recherche de kimberlites en Haute-Guinée. Elle détient vingt permis de recherche et entend investir plus de 500 millions de dollars américains.
L’exploitation artisanale du diamant est le mode d’exploitation le plus productif de ce secteur. L’activité artisanale, se rapportant au diamant, se concentre principalement dans la zone de Banankoro (Kérouané) et, dernièrement, dans la préfecture de Kindia. La zone de Banankoro, la plus importante pour sa productivité, se situe sur des terrains réservés par l’Etat, dans le voisinage des terrains de la société Aredor-First City Mining, actuellement en production.
Un mécanisme officiel d’achat des diamants produits par les artisans existe en Guinée. Il comprend des Comptoirs d’achat, habilités à importer ou exporter les diamants et autres gemmes. Ces derniers sont tenus de faire évaluer leurs acquisitions par le Bureau National d’Expertise (BNE). Un certificat d’évaluation est émis officiellement par le BNE où l’on peut voir la valeur estimée par le BNE et celle des agents représentant les Comptoirs. Une taxe de 3 % de la valeur expertisée des pierres payable à la BCRG pour l’exportation officielle de diamant en Guinée.
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