REVUE DE PRESSE datée du 3 novembre 2010

La symbolique du 2 octobre en souffrance, Le second tour du scrutin présidentiel en difficulté, les populations guinéennes à bout de souffle, les déconvenues du général Sékouba Konaté en personne; sont les grands titres de la presse nationale, qui photographie les Guinéens partagés entre le pessimisme et l'optimisme, pour une sortie de crise. Compilations...

Le Lynx N°968 du 1er novembre 2010. Il était une fois octobre 1958. Ce mois d'octobre 2010 aurait pu être exceptionnel, à l'image de son sosie de 1958, au cours duquel nous projetâmes notre bled des Rivières du Sud dans le firmament des souverainetés absolues. Derrière ses leaders spontanément et patriotiquement mis le holà à leurs querelles partisanes, qui plus est même communautariste. Le Lynx sous la plume d' Ahmed Tidjani Cissé raconte:

« Le populo, dans un fol élan onirique s'en fut à l'abordage d'une ère nouvelle de liberté pour la conquête à jamais de sa dignité. Ils entonnèrent ainsi en chœur: « C'est nous les Guinéens qui avons choisi la liberté, en volant le 28 septembre non à la domination, oui à l'indépendance... » Et ces temps d'épreuves sacrificielles de tout ego, les leaders politiques n'avaient comme point de mire que le triomphe des intérêts supérieurs du pays celui de la liberté et de la paix pour le peuple à n'importe quel prix y compris le sacrifice de leur propre vie. On sait ce qu'il en fut. Barry Diawadou, Ibrahima Barry III, Karim Bangoura, Koumandian Kéita, Fodé Mamoudou Touré, Mamba Sano... les associations d'élèves et étudiants tant à l'intérieur qu'à Dakar et Paris, la FEANF qui regroupait les fédérations d'étudiants de toute les colonies ; tous ont accepté sans hésiter, qui de saborder leurs partis politiques et se fondre dans le PDG de Sékou Touré, qui d'amarrer le char de leur combat estudiantin anticolonial à l'idéal national de l'indépendance maintenant. Notre pays, grâce à cette abnégation collective des opposants au PDG, réussit un coup de maître de tenir le timon du leadership sur le plan politique, culturel et idéologique en Afrique. Il devin ainsi le phare incontesté de la fierté nègre. Le référentiel incontournable pour tous les aspirants à la souveraineté nationale de leur bled enfermé encore dans les rets de la domination coloniale. Résultat: 2 ans après, la fugace communauté franco-africaine de la Gaulle vola en lambeaux. Toutes les anciennes colonies suivirent les pas hardis de la guinée. Kalomy devint même le lieu géométrique de la résolution des conflits et litiges intervenus entre ceux de l'Umma islamique. Allahou Akbarou! La Sawaba de Djibo Bakary du Niger s'est battue couragement mais en vain, pour accompagner la Guinée dans la nouvelle et héroïque aventure. Hamani Diori, son challenger d'alors, préféra lui succomber au chant de cygne de Gaulle. N'était pas Barry Diawadou qui le voulait, face à la violence exercée par l'occupant sur les sujets coloniaux, et àl'usage de la corruption.

Or donc, lorsque la date du 24 octobre a été proposée et acceptée par les deux finalistes de la course à la première présidentielle véritablement démocratique, nous avons projeté en directeur de notre Fabricateur souverain, un ouf de soulagement nimbé de mille espoirs. Et pour cause, ce mois qui fout le camp en nous laissant dans la mouise, est assurément spécial: il comporte 5 vendredi, 5 samedi, 5 dimanche. D'après le Fengshui chinois, cela n'arrive qu'une fois tous les 823 ans. 5 jours saints de l'islam, Iskin! 5 jours saints chrétiens, dans le même mois. Alléluia! Mérite-t-on encore de nos héros faiseurs d'octobre 58? Nous en doutons absolument. D'ailleurs lorsque nous avons été incapables, à travers notre CENI en décomposition (ce qui n'est que l'expression de la pourriture nationale) de trouver un Riverain du Sud capable d'assurer l présidence de cette institution ou de designer l'un d'entre nous pour piloter le comité de veille et de suivi du processus électoral, nous n'avons pu retenir nos armes de remplir notre ventre. Non! Notre peuple attendait mieux de nous: politicards, intellos, élites. Ceux qui hier couraient à Kalomy, pour s'instruire et boire à la source de tous les paradigmes aussi bien politiques, culturels et historique en Nigritie, sont obligés à présent par reconnaissance certainement mais dans la fraternité, de venir à leur corps défendant nous tenir par la main, pour nous indiquer les voies idoines pour l'édification d'un devenir commun. Les voies qu'hier, nous fûmes incontestablement les hérauts. Ceux d'entre nous qui savent et se souviennent sont évidemment tous, mortifiés. Encore heureux que ce soient les cousins du Mali et du Burkina, qui acceptent volontiers de nous réapprendre ce que nous enfouissons comme des nuls, dans les fanges suicidaires et destructrices du repli communautariste. Nous n'aurons donc pas un président comme espéré ce mois béni et exceptionnel d'octobre. Mais, lorsque la communauté internationale estimera le moment venu pour sonner la fin de la récréation et nous mettre sous tutelle, elle fera prendre par le Conseil de Sécurité une résolution désignant un représentant patenté et assermenté des Droits de l'Homme comme président intérimaire. Celui-là mettra certainement fin aux massacres fratricides à base ethniste, auxquels nous nous livrons actuellement. Peut-être que d'ici-là, peuls, malinkés, soussous, gbèles, lomas, kissis, bagas, konias, halpular, mandéendjallon, dialonkas, et les produits épars et divers de leurs migrations à travers les âges ; seront tous phagocytés (plût à dieu!) par une seule et unique ethnie, recréée par Allah. A partir de nos rejetons qui se feront alors la gloire de bâtir enfin une NATION multiethnique, mais riche et forte de toutes les différences culturelles et ethniques qui constituent cette spécificité que les autres nous envient. Ces nouveaux Riverains du Sud empêcheront à coup sûr tous ces vautours des multinationales qui guignent les fabuleuses ressources de tous genres que recèle le bled béni des Rivières du sud, de s'y livrer à un cannage, par le biais des conventions et accords léonins et même illégaux (pour défaut de ratification par une assemblée nationale)Pour l'heure on ne sait plus quoi faire. Sauf à implorer la clémence d'Allah Le Tout-Puissant. D'ici-là, on pourrait peut-être nous lancer tous à la recherche de cette fameuse pierre philosophale serpent de mer et lui intimer l'ordre de nous transformer tous en une sorte de cloporte en forme d'hybride nain et composé évidemment de toutes les ethnies qui s'entre déchirent pour l'instauration d'une démocratie pour laquelle il y a eu tant de morts, de disparus. Nous sommes assurément devenus, nous les Riverains du Sud un véritable problème, pour le bled et son avenir. Que faire? Nous, nous conseillons d'étudier cet enseignement de buddha « quand un problème n'a pas de solution, il ne sert à rien de s'énerver. Et quand il n'y a aucune solution pour un problème, s'énerver ne sert à rien » CQFD. A fa koudou! »

L'Observateur N°516 du 1er novembre 2010 pense que pour le second tour fixé au 7 novembre 2010, ‘' les Guinéens partagés entre l'optimisme et le pessimisme''. C'est du moins ce qui ressort des avis de certains observateurs de la vie politique guinéenne.

Diaby Gassama Kalifa, juriste Président de ONDG: « On ne peut plus se permettre un autre report »

« Concernant la date du second tour fixé au 7 novembre prochain, il faut dire que de toute façon on ne peut pas refaire l'histoire. Les choses ont mal commencé avec la complicité nocive de nos intellectuels. Il n'est donc pas étonnant ou surprenant qu'on en a arrive à ce jeu presque pathétique de report en report. On est allé à une élection qui était mal préparée à tout point de vue. Malré tout, il faut aller au bout de ce qui a commencé, ce qui a mal commencé, car la situation devient de plus en plus intenable. Maintenant, il me semble que la dernière date doit être respectée. On ne peut plus se permettre un autre report. Il revient aux autorités de la transition, aux deux camps de tout mettre en œuvre pour que cette date soit effectivement une date qui permette une sortie sereine de ce processus électoral »

Diallo Ibrahima, collaborateur du journal le Lynx, professeur de lettres:« C'est la conséquence de la gestion du pays depuis 1957 (...) Par rapport à la date du 7 novembre, je crois, vu le contexte, si les acteurs jouent le jeu, c'est-à-dire s'ils ont été clairs, c'est convenable. Seulement, il ne faut pas qu'on nous piège comme on en a l'habitude en Guinée. On annonce que c'est blanc alors que c'est gris. Sinon, c'est normal. C'est même un peu tard. Pour ce qui est de la situation qui prévaut, à l'occurrence les affrontements entre les militants des deux camps, il faut dire qu'on n'a pas vu les choses venir depuis très longtemps. C'est la conséquence de la gestion du pays depuis 1957, c'est tout. C'est cette gestion qui nous a manqué. Parce que gérer, c'est géré économiquement, humainement et culturellement. Et si on ne fait pas attention, on est arrivé à un point de non retour. Et on n'a pas une clase aguerrie parce que la politique aussi est un métier, un art. »

M. Kourouma Djélimori, administrateur civil: « Quand l'information manque dans un pays, c'est la rumeur qui s'installe(...) »

« Concernant le report du second tour des élections présidentielles au 7 novembre, je pense que cela ne pose pas tellement de problème puisque, c'est une date consensuelle. Le problème actuellement se situe au niveau des décideurs politiques parce que les électeurs eux sont prêts à aller voter. Mais si la volonté politique n'y est pas, je crois que, c'est là où le bât blesse. Si vous voyez qu'il y a des tensions actuellement chez nous, ce n'est rien d'autre qu'à cause des multiples reports. Par rapport aux échauffourées entre militants, c'est la désinformation qui a perduré. Quand l'information manque dans un pays, c'est la rumeur qui s'installe. Vous savez, les gens ont fait allusion à l'empoisonnement des militants de l'arc-en-ciel, le 22 octobre (...) Normalement, cette question devrait être réglée par l'Etat. Mais l'Etat est resté indifférent jusqu'à ce que les conséquences aient été vraiment désastreuses. L'Etat guinéen doit s'investir à fond pour ramener le calme et la sérénité dans les zones qui ont connues des troubles sociaux!

Abdoulaye Diallo, directeur de publication du journal le Populaire: « le pouvoir s'acquiert par les urnes et pas autrement (...) »

« En tant qu'observateur, nous allons voir si effectivement le pouvoir en place a la volonté de respecter cette date et de faire en sorte que les résultats soient des résultats conformes à la réalité du paysage politique qui a commencé à ce dessiner à partir du scrutin du 27 juin dernier. Concernant les vives tensions enregistrées en Haute Guinée et en Guinée Forestière ainsi qu'à Conakry, je suis surpris personnellement du motif réel qui a amené une communauté a brûlé, a chassé leurs concitoyens. Et je pense que cela est regrettable. Les ONG de défense de droit de l'homme tout comme la communauté internationale et moi-même, nous condamnons ces actes. Je me dis qu'on parle d'élection pas la guerre interethnique. Il faut que les gens se ressaisissent et qu'ils sachent que la seule manière d'exprimer leur souhait c'est de voir un des leurs au pouvoir, il faut qu'ils l'expriment à travers les urnes (...) et je crois, c'est ce qui est important.

Saliou Samb, correspond de l'Agence de presse Reuters en Guinée: « l'enjeu de ces élections, c'est l'instauration d'un gouvernement et d'un régime civils »

« Par rapport à la date du 77 novembre, je pense que c'est une décision sage. Parce qu'elle permet au moins d'obtenir un consensus des deux camps en lice pour le second tour de l'élection présidentielle. Par rapport à cela, je pense qu'il n'y avait pas une meilleure décision plus que celle-ci. Parce qu'elle est ni trop éloignée, ni trop proche par rapport à la date du 31 octobre. Et elle laisse également une très brève marge de manœuvre aux organisateurs et même aux électeurs.

Cela dit, concernant la situation politique, il faut savoir qu'au niveau de la CENI, si les autorités ont été obligées de mettre un général malien à la tête de cette institution, je pense que cela consacre d'abord l'échec non seulement de la classe politique, mais aussi de la société civile guinéenne.

Par rapport à l'attitude des hommes politiques, il faut comprendre une chose, j'ai l'impression que les deux camps s'échinent à rivaliser l'imagination dans l'intoxication et dans la manipulation. (...) Tout le monde a les yeux rivés sur ces deux individus, Cellou et Alpha, alors que l'enjeu de ces élections ne devrait pas être l'élection d'un Cellou Dalein Diallo ou d'un Alpha Condé. (...) l'enjeu de ces élections de mon point de vue, c'est l'instauration d'un gouvernement et d'un régime civils qui pourrait entreprendre les reformes nécessaires pour non seulement renforcer la démocratie dans ce pays, mais aussi mettre des jalons pour que l'Etat guinéen soit gérable. »

Le Reporter N°30 du 1er novembre 2010 se penche sur ‘'Les déconvenues du Général Sékouba Konaté''. Si le Général Sékouba Konaté avait été choisi le 15 janvier, suite aux accords de Ouagadougou, comme Président par intérim pour éviter à la Guinée ce que les facétieux du massacre du 28 septembre 2009, appellent le chaos, les réalités sur le terrain sont tout autres.

« Car, les discours creux, peu rassurants et les actes de contre nature n'ont cessé de se multiplier. Dans un discours télévisé lu le vendredi 22 octobre dernier, le Président de la transition a d'abord accusé l'ensemble des autorités de la transition de n'avoir pas joué leur rôle dans l'organisation de l'élection présidentielle de 2010. Ce, avant de saper particulièrement le Gouvernement de Jean Marie Doré d'être complètement passé à côté de sa mission qui était celle d'organiser une élection présidentielle libre, transparente et crédible dont le résultat devait être accepté par tous.

Voici ce que le Général Sékouba Konaté dit pour montrer l'indifférence ou l'incapacité de Jean Marie Doré et ses ministres: « Si le gouvernement n'a peut-être pas empêché les élections ou contribué au retard actuel, il n'a rien fait non plus pour accélérer le processus électoral, pour tenir compte de ma volonté, de mo empressement à ne pas rester longtemps au pouvoir. »

Quels propos aussi ridicules! Sachant que le Général est la première autorité de cette transition. Il n'a peut être pas perçu que son discours a le caractère d'un bon mea-culpa qui dresse le bilan négatif de son régime. Pour s'en moquer, certains prennent les propos du ministre de la Défense Nationale comme des aveux vis-à-vis de ses compatriotes.

Est-ce une façon de prouver qu'il s'est lui aussi détourné de la mission que ces mêmes accords de Burkina lui assignaient le 15 janvier passé? En tout cas, l'inefficacité du Général Konaté s'explique par l'enlisement des différentes crises qui minent le processus électoral.

Le constat révèle que de la montée au pouvoir de l'home jusqu'à maintenant, aucune crise guinéenne n'a pu avoir un dénouement heureux à l'interne entre les acteurs de la vie politique. Pour tant, il n'a cessé de tenir des discours en signifiant son empressement à quitter le pouvoir. Amis, la parole et les actes n'ont point été liés. Ce, à la grande surprise de l'opinion nationale.

Il a transporté la capitale guinéenne à l'extérieur où se décide le sort de notre pays avant de l'imposer au peuple. De ce point de vue, des bouches de dire que l'homme du 15 janvier n'aura fait que montrer son incompétence à mener à bon port le navire de la transition. Pour démontrer que Sékouba Konaté a nagé dans les désappointements, il suffit de rappeler d'autres faits contraires à la morale dont il est auteur. Notamment les grossièretés qu'il a proliférées il y a peu à l'endroit de son ex ami le Capitaine Moussa Dadis Camara.

Au micro d'un confrère de la Radio France Internationale RFI, il a savonné en ces termes celui-là qui a légué le pouvoir: « Ne me parlez pas de Dadis! C'est un faux type, c'est un menteur qui a trompé le peuple. C'est quelqu'un qui n'est pas sérieux. Quand je vais à Ouagadougou, il se cache de moi... »

La nomination des étrangers à la tête de la Commission Electorale Indépendante CENI et la Commission de suivi et d'évaluation est perçue par certains nationalistes guinéens comme une autre béquille de Sékouba Konaté.

On n'en veut rien à ces grandes personnalités, qui n'ont fait que mériter leur confiance et su préserver la dignité de leurs nations.

Histoire de dire que plus personne en Guinée n'inspire confiance au Général Sékouba Konaté.

D'aucun n'hésitent pas à qualifier ces actes de moqueries de la part du Président de la transition.

Le Défi N° 168 du 1er novembre 2010.
Transition guinéenne et le ‘'le ras-le bol des populations''. Deux bonnes années de période transitoire n'auront pu permettre de propulser la machine du changement. Les populations sont à bout de souffle, et le pouvoir transitoire, à cours d'arguments pour expliquer tout ce retard pris sur le temps qui lui est donné.

« En effet, le retard tant accusé est imputable, de bien des points de vue, à un manque de volonté politique. Le président de la transition s'en prend au gouvernement de Jean Marie Doré pour, selon lui, n'avoir rien fait pour accélérer les choses, même s'il lui, reconnait n'avoir, aussi, rien fait pour les retarder.

Une accusation assez subtile à laquelle, le chef du gouvernement s'abstiendra de répondre. En d'autres circonstances, Jean Marie n'étant pas homme à ménager, il aurait demandé le pourquoi de la nomination d'un ministre d'Etat chargé des affaires politiques au sein de la Présidence de la République, quand on a le souci de le laisser jouer son rôle en toute liberté?

Pourquoi la décision d'impliquer le Matap, au même titre que la CENI, dans l'organisation des élections, prise par le locataire de la primature, n'a-t-elle pas été suivie d'un décret présidentiel cautionnant l'idée?

Aujourd'hui, il s'agit de chercher un coupable pour porter la responsabilité de cette lenteur dont souffre la tenue du second tour de la présidentielle. Jean Marie va-t-il se laisser noyer, alors que du côté de l'exécutif, le président intérimaire s'est déjà débarrassé de ses responsabilités politiques au profit du secrétaire général à la présidence, le cabinet providentiel dont la bonne étoile continue de briller, au point d'éblouir le Décideur.

Les populations sont fatiguées de tous ces balbutiements qui restent l'expression achevée de la gestion routinière des affaires de l'Etat.

Le ras-le-bol est effectif, parce qu'il n'est pas question de laisser le pays aux mains de ceux qui ne savent plus qu'en faire.

La deuxième phase de la transition, fixée à six mois par les accords de Ouagadougou, est toujours en train de se frayer un chemin tellement tortueux que ceux qui en ont la charge semblent ne plus s'y retrouver. Entre temps, c'est le calvaire au quotidien cruellement vécu par les populations guinéennes vivant dans l'anxiété totale. La mauvaise gestion de l'Etat a favorisé une division sociale sans précédent.

La famille guinéenne s'est disloquée. Ce n'est pas un problème politique, c'est "le laisser-aller" résultant d'un "laisser faire total" qui en est la cause. Les troubles à l'ordre public sont toujours favorisés par une absence d'autorité.

Qui dit absence d'autorité, dit démission de l'Etat, tout au moins, de ceux qui en ont la charge. Nous vivons un ensemble de faits incohérents imputables à cette mauvaise politique qui caractérise la médiocrité des hommes. Il ne serait pas honnête de s'en prendre aux leaders politiques dont les différentes positions sont d'autant exploitées à des fis diverses, qu'eux-mêmes constituent des enjeux aux yeux des autorités de la transition.

Il n'est pas aisé d'abandonner le pouvoir, malgré les risques qui l'entourent.

Surtout au profit d'un homme qui viendra en finir avec le mythe d'une armée ayant régné plus d'un quart de siècle sur le pays, avec le bilan que nous savons.

La rupture avec le passé, c'est la fin de ce mythe, le retour définitif et l'éloignement, à jamais, de ces forces qui s'offrirent le privilège de conduire une transition, non sans troubles dans le partage des charges, devant bientôt mettre fin à leurs pouvoirs politiques.

Il y a tellement d'enjeux à l'exploiter, que toute cette confusion générée pour mettre le prochain pouvoir démocratique dans de sales draps, relève de stratégies machiavéliques qui nuisent énormément à la quiétude sociale.

Il faut que les deux candidats en lice pour le second tour, se comprennent et privilégient la paix sociale dans leurs joutes. Ils visent le même objectif: le bonheur de la Guinée, leur partie commune. Pourquoi ne pas regarder dans le même sens? La cible est ailleurs. Ce n'est ni le Malinké, ni le Peul.

A très bientôt, si vous le voulez bien!
Fatimatou Barry pour GuineeConakry.info

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GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

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