
En effet, deux buts fondamentaux sont poursuivis par le prédécesseur de Macky Sall : remobiliser ses troupes et venir au secours de son fils, Karim Wade. Pour le premier, faisant valoir une certaine ruse politique et profitant de la naïveté des nouvelles autorités sénégalaises, il semble relativement atteint. Au-delà de la propagande à laquelle lui et les siens se livraient depuis un certain temps à travers les médias sénégalais et étrangers, très peu de personnes misaient sur une quelconque capacité de mobilisation du PDS.
Relativement abandonnée par son leader historique qui ne peut plus briguer un poste électif et minée par des querelles intestines, la mouvance libérale donnait l’impression de péricliter. Ceci, en dépit des contreperformances évidentes des nouveaux maîtres du pays. Mais avec le buzz médiatique qu’il a réussi à créer autour de son retour, l’ancien président corrige de fait cette impression. Même s’il faut se garder de confondre l’effet médiatique suscité par la controverse et le poids électoral réel du PDS, il n’en demeure pas moins que Wade a gagné la bataille cathodique. Les dissidents du parti sont particulièrement conquis. Ce qui n’est pas rien dans la perspective des futures batailles électorales.
Quel sera le sort de Karim Wade ? Beaucoup espèrent que l’indépendance et la responsabilité des juges seront plus déterminantes. Même si Abdoulaye Wade, brandissant l’argument éculé du procès politique est convaincu que ce dernier « se gagne devant l’opinion (et non) devant les magistrats ». Le fait pour lui de secouer le landerneau politique de son pays répondrait donc à ce besoin de s’assurer le soutien de cette opinion. Mais là, il n’est pas sûr qu’il ait engrangé une victoire significative. Car une chose est de reprocher à Macky Sall la lenteur du train du changement promis et une tout autre, est de disculper Karim Wade des soupçons qui pèsent sur lui.
Abdoulaye Wade a beau présenté son fils comme victime d’une bataille politique. Beaucoup de Sénégalais se rappellent encore toutes les manœuvres que le même Abdoulaye Wade avait tentées, pour faire en sorte que Karim puisse hériter lui succéder. De même, ils se rappellent très fraichement de tous les pouvoirs qui avaient été octroyés à l’ex-tout-puissant Karim.
Bien entendu, ils savaient ce dernier détenteur d’un certain nombre de compétences, mais ils n’admettaient pas la légitimité pour lui de concentrer toutes les charges et fonctions qui étaient les sienne. Du coup, ils estiment que les accusations aujourd’hui brandies contre Karim Wade sont de l’ordre du possible, à l’exclusion de toute manœuvre politico-politicienne. Et c’est pourquoi l’avis impartial et indépendant de la justice sénégalaise est requis.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















