RETOUR DE RAVAVOLOMANA : Un casse-tête pour Rajaonarimampianina

Les événements qui, hier, ont émaillé la capitale malgache sont symptomatiques de l’embarras qui est celui des autorités. En rentrant de son exil sud-africain de manière aussi impromptue, l’ancien président a mis Hery Rajaonarimampianina dans une position des plus délicates. Peut-être que Marc Ravolomanana n’est pas un leader qu’il est prudent de laisser agir à sa guise et au gré de ses sorties provocatrices; mais s’en prendre à lui n’est pas non plus la meilleure option, en termes d’image pour le régime, mais aussi par rapport au climat politique interne. Que faire alors ?

L’idéal pour les autorités malgaches, serait que l’ancien président poursuive son exil en Afrique du sud. Mais en rentrant, il pose un énorme dilemme au pouvoir en place. Et, c’est sachant que son retour en soi, est un piège pour le président actuel que Marc Ravalomanana a justement choisi de rentrer en catimini. Il savait qu’en rendant publiques ses intentions en faveur du retour, il se serait heurté au refus des autorités de son pays. C’est sa façon à lui de troubler le président Hery. Surtout qu’il n’a pas mis du temps à reprendre avec le langage de la provocation.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la stratégie semble avoir quelque peu fonctionné. Conscientes de l’aura qui est celle de Ravalomanana du fait de l’embellie économique du temps où il était aux manettes, les autorités n’ont pas voulu lui laisser le temps de susciter la mobilisation populaire à laquelle il aspire. Des gendarmes étaient venus le cueillir à son domicile pour le conduire vers une destination jusqu’ici inconnue.

Le gouvernement malgache ne semble pas non plus vouloir prendre le risque d’aller au bout de la logique. Parce qu’il pourrait s’exposer à la colère des milliers de partisans de l’ancien président. Ce qui peut conduire au tout premier véritable mouvement de contestation contre le régime naissant. Sans oublier la réprobation de certaines grandes chancelleries et la mauvaise publicité de la part des organismes internationaux de promotion des valeurs démocratiques.

En face de ces deux alternatives, toutes porteuses de risques, les autorités n’ont qu’une ultime issue : discuter ouvertement avec Marc Ravalomanana et lui proposer une parcelle de responsabilité. Comme tout bon politicien du continent, il mangera et se taira. En ce qui concerne ses partisans, il faudra juste passer l’éponge sur la condamnation aux travaux forcés à perpétuité qui plane au-dessus de l’ancien président.

Naturellement, ceux dont les proches avaient été tués par la garde rapprochée de Ravalomanana, le 7 février 2009, pourrait s’offusquer d’un tel deal. Mais aussi cynique que cela peut l’être, ils représentent une moindre menace…     

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info   

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