
Certainement parce que ce sont les plus exposés au verdict populaire. En gros, on remarque des problèmes liés à un déficit de formation, de préparation et quelque fois à un excès de zèle ou un certain manque de sens de la responsabilité. Cela se laisse voir notamment à la faveur des soirées de retransmission de la proclamation des résultats provisoires et partiels du scrutin du 7 novembre dernier.
Très souvent, la séance de questions-réponses que le président de la CENI offre, après chaque proclamation, est devenue une occasion pour certains journalistes un peu naïvement de révéler leurs carences. C'est comme si certains confrères auraient appris dans le cadre de leur formation, que ce qui est crucial dans le travail journalistique, c'était de poser une question et non de savoir si celle-ci était pertinente ou opportune.
Pour eux, l'essentiel serait de décliner, pendant cette cérémonie fortement médiatisée, son identité. On peut avoir l'impression que l'objectif de ces confrères est de passer un message et non de chercher une information. Le message étant en substance :« c'est bien moi, je suis journaliste et je peux assister aux grands rendez-vous... ». Mais les intéressés risquent de n'obtenir que l'effet contraire à celui recherché.
Au fait, comment expliquer qu'hier, par exemple, qu'après que le président de la commission électorale ait commencé par une lecture intégrale des dispositions de l'article 162 du code électoral, qu'un journaliste revienne à la fin pour demander ces mêmes dispositions?
Après, il n'est nullement étonnant que le conférencier vous boude. Pourtant, la même chose s'était produite la veille. Là aussi, après que le général Sangaré ait expliqué la démarche que son institution a suivie pour obtenir que la proclamation des résultats aille au-delà du mercredi, qui était pressenti comme délai butoir, un autre journaliste demandait pourquoi on devait aller au-delà du mercredi. Empruntant l'humour, le général Sangaré avait alors demandé où était le dit confrère...
Par ailleurs, d'autres encore ne mesurent certainement pas la responsabilité qu'ils acceptent de porter en s'engageant dans le métier de journalisme. Beaucoup d'eux ont du mal à dissocier leurs façons de voir les choses dans les quartiers et la hauteur de vue qui doit les habiter, une fois dans les studios ou devant le micro.
En effet, comment se peut-il, qu'après avoir écouté Mme Bensouda dire que son séjour actuel en Guinée avait un volet préventif, un journaliste de la place trouve encore que cette dame de la CPI n'était pas venue en Guinée au bon moment. Sous prétexte que les Guinéens « avaient d'autres chats à fouetter », avec le processus électoral qui piétine. Ce Monsieur ne sait-il pas qu'il vient ainsi de cracher sur le visage des victimes des atrocités du 28 septembre 2009?
Où est la nécessité de rompre avec l'impunité que les Guinéens combattent tant. Et on va jusqu'à refuser à M. Pathé Dieng, le droit de transpirer dans cette chaude Maison de la Presse! L'accusant de passage de manquer de sérénité. Décidément, on commence à adopter une attitude du parler pour parler.
Alors, il serait bien que les confrères sachent qu'il est aussi de leur responsabilité et de leur devoir de défendre l'image de la Guinée, par le métier qu'ils pratiquent. Pour cela, il leur faut comprendre que la pratique journalistique a des implications qui vont au-delà de l'individu qui l'exerce.
C'est donc dangereux que les émotions, les passions, les opinions individuelles soient considérées comme des certitudes ou des vérités. De même, il n'est d'aucune utilité de se servir du journalisme juste pour « faroter ». Le métier est si noble...
Fodé Kalia Kamara pour GuineeConakry.info




















