REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Violences, toujours...

L’annulation de la visite que Jean-Yves Le Drian avait prévue d’effectuer hier à Bambari est un signe qui ne trompe pas. Elle est en soi l’indicateur du regain de tension qui caractérise la crise centrafricaine en général, et dans les villes de province en particulier. Bambari est, en effet, l’incarnation des exactions répétées à caractère confessionnel qui sont perpétrées dans le pays depuis quelques jours. Mais au-delà des violences en tant que telles, c’est l’apparition de nouveaux groupes armés qui demeure la principale préoccupation. Accréditant ainsi la thèse de la responsabilité de certains politiques qui tireraient les ficelles de la crise.

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le cessez-le-feu entre les principaux groupes armés est la condition sine qua non pour le retour de la Centrafrique à la normale. Mais cette condition, il est d’autant plus difficile de la créer que les ex-Séléka et les anti-balaka ne semblent plus les seuls à opérer dans le pays. Autrement, les responsables de ces deux groupes étaient déjà dans un processus de conciliation. Il ne restait plus qu’une réunion devant permettre à toutes les tendances des ex-Séléka de se mettre d’accord sur la nécessité de déposer les armes.

Des appendices des Seleka et anti-Balaka

C’est alors qu’on attendait la conclusion formelle de l’accord entre ces deux groupes que le pays est subitement replongé dans la tourmente de la violence. Dans les villes du nord et du centre du pays, on enregistre des attaques isolées contre les populations civiles. Sur la base de l’appartenance religieuse des victimes, elles sont tuées, blessées et dépouillées de tous leurs biens. Dans un premier temps, on évoque bien entendu la responsabilité de la Séléka et des anti-balaka. Mais de plus en plus, on se fait à l’idée de l’émergence de deux autres groupes, appendices respectifs de ceux qui existaient déjà.

Nés du sentiment de revanche engendré par les frustrations consécutives aux nombreux pillages des mois passés, ces nouveaux groupes non clairement identifiés semblent vouloir saper le processus de normalisation qui commençait à se mettre en place. Profitant du vide sécuritaire en province, ils obéissent à la fibre confessionnelle pour perpétrer leurs attaques. C’est ainsi que récemment c’est une grenade qui a été jetée dans une mosquée du nord du pays. Alors qu’avant-hier, un groupe de musulmans distincts de la milice Séléka, s’en prenaient très paradoxalement aux occupants de l’évêché de Bambari.

Le cessez-le-feu n'est pas pour demain

De l’avis de certains observateurs, l’émergence de ces nouveaux seigneurs de guerre est l’œuvre de certains politiciens qui ne voudraient pas voir le conflit prendre fin. Tapis dans l’ombre et ruminant leur éviction du pouvoir, ou caressant le rêve de s’en emparer, ils exploiteraient la précarité ambiante, ainsi que les inégalités sociales, pour arriver à leurs sordides fins. Estimant qu’ils ne sauraient faire aboutir leurs objectifs quand le pays aura retrouvé l’ordre et la tranquillité, ils n’hésiteraient pas à instrumentaliser les différences confessionnelles pour faire perdurer le chaos.

Pour que le vœu de Jean-Yves Le Drian en faveur d’un cessez-le-feu soit exaucé, il est nécessaire de débusquer ces acteurs cachés, mais dont le rôle dans l’anarchie centrafricaine est plus que déterminant. Autrement, on continuera à tourner en rond et à brasser du vent. 

 Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info

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