
Contre son gré, l’ex-président tchadien a été amené dans la salle d’audience par des hommes cagoulés, qui ne l’ont vraiment pas ménagé, puisqu’il ne voulait point se laisser faire. Quarante cinq jours après, la cour face au refus systématique de l’accusé pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, a décidé de contraindre l’ex-dictateur de Ndjamena à se présenter, comme le 21 et 22 juillet derniers.
Cette audience a été chahutée par les sympathisants d’Hissène Habré qui tenait à transformer les lieux en salle de spectacles ou de pugilat. Cris, applaudissements, bagarres, expulsions, etc. Tout pour empêcher le procès de démarrer. Mais c’était méconnaitre le juge qui rappellera à « l’auguste accusé » que « force doit rester à la loi ! ».
Les victimes et leurs familles et amis sont aussi là. Ils apprécient. Mais s’offusquent aussi. Ils s’offusquent surtout quand, Hissène Habré prend des attitudes de révolutionnaire avec ses slogans anti-impérialistes, lui dont le régime, à leur avis était tenu à bout de bras par les USA, la France et Israel, pour ne citer que ceux-là ! A propos, Souleymane Guengueng, le chef de l’Association des victimes de crimes du régime de Hissène Habré, est particulièrement virulent. Selon lui, Habré veut simplement faire «« diversion pour couvrir la voix des victimes».
Quelques cent témoins feront le déplacement de Dakar, pour parler des années noires qu’ils ont connues entre 1982 et 1990, quand la répression aveugle s’abattait sur le Tchad, avec son cortège macabre de plus de 4000 victimes. Le procès d’Hissène Habré pour servir d’exemple en Afrique, devra au cours des 60 jours qu’il durera, garder la sérénité professionnelle qui sied, et refuser impérativement de tomber dans les pièges de l’arrogance, de la provocation ou de la démagogie.
La justice devra être dite pour que l’impunité ne soit plus la règle de gouvernance.
Maria de BABIA pour GuineeConakry.Info
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