REPRISE DES CLUBS GUINEENS: Les zones d’ombre d’une tendance

Depuis quelques semaines et de manière quelque peu soudaine, le championnat national de football de première division semble susciter de l’intérêt et de l’attention. En témoigne le nombre de spectateurs qui se sont déplacés pour aller assister aux deux derbies Horoya-ASK et ASK-Satellite FC. Ce phénomène relativement nouveau, on le doit essentiellement à la décision de certains mécènes de s’investir et d’investir dans le “renouveau du football local”. Objectif noble en quelque sorte dans la mesure où tous les spécialistes sont d’accord sur le fait que c’est ce genre d’initiatives qui peuvent aboutir à la naissance d’un football de haut niveau, et compétitif au niveau international. Mais il se passe qu’on ne maîtrise pas tout à fait ce que visent ces nouveaux investisseurs dans le football. En effet, à priori, ce sont des entrepreneurs guidés par des profits. Cependant, à moins qu’on ne s’inscrive sur le très long terme, il est à se demander si les gains espérés justifient les grosses sommes qui sont mises au service des clubs guinéens? C’est à s'interroger si les objectifs véritablement poursuivis ne sont pas ailleurs? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre au stade actuel et qui laissent certains observateurs perplexes... 19:35 12-5-2013

Elhadj Diouf, l’ex-star sénégalaise du cuir rond est arrivée en fanfare dans la soirée du samedi à Conakry. Depuis quelques jours, le nouveau président de l’Association sportive de Kaloum (ASK) qui le courtisait était dans la capitale sénégalaise en vue de convaincre le Lion de la Téranga de s’engager au compte du club de la presqu’ile de Kaloum.

Selon nos informations, cet objectif n’aura pas été atteint. N’empêche, les dirigeants de l’ASK l’ont emmené et ont fait un gros tapage médiatique dessus. Pour quelles fins? Là est toute la question. Et c’est en soi l’illustration du semblant de contradiction qu’on peut déceler dans l’attitude de ceux qui prétendent vouloir aider à faire renaître le foot guinéen.

Naturellement, en ce qui concerne Elhadj Diouf, beaucoup avaient déjà estimé que même s’il avait signé à l’ASK, cela aurait été essentiellement une opération de com et de marketing. Mais qu’on le fasse venir juste pour qu’il révèle que son papa est originaire de la Guinée ou qu’il est fasciné par les nobles idées de responsables de l’ASK, en voilà qui est relativement exagéré.

En effet, qu’en tire-t-on concrètement? Mystère. Certes, il y a quelques semaines, c’est une autre star africaine qui foulait le sol guinéen en la personne de Samuel Eto’o. Mais pour le Camerounais, les objectifs étaient clairs dès au départ. Ce qui n’est pas forcément le cas nous concernant.

Voilà, l’absence de logique entre les gros investissements et les bénéfices escomptés, c’est essentiellement ce qui caractérise la tendance à la reprise des clubs guinéens. On débourse beaucoup pour ramener d’anciens du Syli ou pour recruter des coachs internationaux. On promet des récompenses mirobolantes en cas de victoire dans telle ou telle autre confrontation. Les médias sont mis à contribution à coups de quelques liasses de banques. La ville entre ébullition et la magie prend au point que certains matches du championnat national de football de première division remplacent les sujets politiques dans les cafés de Conakry. Chapeau pour le challenge ainsi relevé!

Mais la question basique demeure celle de savoir pourquoi tout ce gros investissement? Question d’autant plus pertinente qu’on ne fera croire à personne que ce sont les recettes du Stade du 28 septembre qui sauront permettre aux uns et aux autres de rentrer dans leurs frais. Ce n’est pas qu’un problème guinéen. Partout dans le monde, on sait que le football est une entreprise multidimensionnelle qui génère ses profits loin des pelouses. Pour que ces profits puissent notamment exister, il faut des médias et en particulier des chaines de télévision pour donner de la visibilité aux rencontres et aux équipes. Cela suppose aussi des entreprises pour sponsoriser le championnat et les équipes. Enfin, cela suppose un pouvoir d’achat permettant une consommation substantielle des produits et des services générés par le football.

Autant de conditions qui ne sont pas aujourd’hui réunies en Guinée. On serait tenté de croire qu’il s’agit essentiellement de la philanthropie. Mais ce serait trop naïf de s’y accrocher. Est-ce un tremplin politique? Ce n’est pas exclu. Comme il n’est pas exclu que ce soit de toute bonne foi...

GCI suit pour vous.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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