REPORTAGE : A la recherche de la Guinée touristique…

Un de nos reporters a, à l'occasion d'une visite dans l'un des départements ministériel, en l'occurrence celui du tourisme, fait un constat accablant et glaçant sur le fonctionnement de ce ministère qui, justement est un secteur porteur et à fort potentiel économique. Comme dans tous les pays normaux, la fin d'année est l'occasion de dresser le bilan des activités et des flux financiers des activités économiques. Cet exercice est d'autant plus primordial pour le secteur du tourisme, qu’il est un indicateur de croissance économique et de stabilité.

Notre reporter décide donc d'aller au ministère du tourisme pour recueillir des données sur l'activité touristique sur l'année 2016 qui vient de s'achever. Il joint le ministre au téléphone, ce dernier n'est pas disposé à le recevoir et l'oriente vers une direction du département chargé des statistiques qu’il appelle : ''office des statistiques''.

Notre reporter se rend donc au département du tourisme. À peine dans la cour, il se dirige vers l'Office national du tourisme. À l'intérieur du bâtiment, dans la salle d'attente, plusieurs personnes sont assises là entrain de dialoguer et n’ayant pas l'air occupées. Il n'y pas d'accueil. Le visiteur ne peut s'adresser qu'à celles-là. Notre reporter choisit au hasard une personne, lui demande où se trouve le bureau des statistiques? Ce dernier le dirige vers le secrétariat. A l'intérieur il y a trois femmes. Il se présente et repose la même question. Ces dernières semblent perdues. Elles lui donnent l’impression qu’il vient de poser une question difficile à répondre. Elles se regardent un long moment, avant de le rediriger vers le secrétariat du département.

Il ressort du bâtiment et s'en va au secrétariat. A l'intérieur, un groupe de femmes inoccupées. Plus ou moins jeunes et vieilles assises en cercle autour d'un bureau. Son entrée dans ce bureau exigüe interrompt leur causerie. Il se présente et demande où est ce qu'il peut obtenir des informations sur l'activité touristique. S'en suit un long silence. Elles se regardent. Il a presque l'air ridicule à ce moment-là, arrêté aux milieux de vielles femmes qui ne semblent visiblement pas comprendre sa question.

La plus vielle d'entre elles interrompt le silence en grimaçant, le visage désagréable et répond: ce n’est pas ici ! L’une d'elle lui suggère d'aller voir le secrétaire général du ministère. Il comprend qu’à ce niveau encore il n'y a rien à faire. Il acquiesce de la tête avec un ‘’D'accord’’ à peine audible. On lui indique le bureau de ce dernier.

Il ressort et change d’avis. Il préfère cette fois-ci aller voir la secrétaire du ministre qu’il connait déjà. À l’intérieur, même scène. Trois femmes sont assises autour d'un bureau. Elles paraissent profondément plongées dans la narration de leurs histoires personnelles. Toutes les trois manipulent leurs téléphones. Facebook, jeux vidéo. Tout y passe. Notre reporter s'approche timidement, se présente et leur fait part de la raison de sa visite. La secrétaire du ministre qui semble peut-être avoir de la ‘’considération’’ pour les journalistes interrompt la causerie et s'interroge où se trouve l'observatoire.....??? Elle lui indique dans la cour. Mais demande tout de même à un cadre du département pour se rassurer.

Notre reporter se dirige vers le secrétariat de l'observatoire. Un petit bureau. A l'intérieur près d'une dizaine de jeunes gens. Filles et garçons sont assis dans tous les recoins de la pièce. Coupons et bulletins en mains pour certains, Smartphone pour d’autres. Vu la petitesse de la salle, à peine entré notre reporter est copieusement dévisagé.

L'atmosphère commence à devenir pesante pour lui. Il a l'impression qu’on est en train de le tourner en rond. Il garde son calme malgré tout, se présente et fait sa demande. Moment de silence... Ils ont l'air de ne pas savoir quoi répondre. Le journaliste à ce moment a envie d'éclater de rire, tellement le spectacle était pathétique. Au bout de quelques secondes de murmures entre eux, l’un deux s'interroge ou plutôt suggère qu'il soit redirigé vers le directeur de l'observatoire, leur hiérarchie. Il acquiesce.

À ce moment précis il n’y croyait plus. Il a l'impression qu'il est en train de perdre son temps. Malgré tout, il décide d'aller voir le chef de l'observatoire dans son bureau. Il entre dans une petite pièce contiguë au bureau de ce dernier, le secrétariat sans doute, où sont concentrés trois cadres plus ou moins jeunes qui discutent évidemment à fond d'autres sujets que de tourisme ou d'artisanat. Au vu de cela, il décide de passer directement dans le bureau du directeur, sans prendre la peine de saluer. Parce qu’estimant que de toute façon, ça ne sert à rien.

Il trouve une vielle personne dans le bureau. Courbé sur son bureau, entrain de manipuler un smartphone. Notre reporter a l'impression de voir sur l'écran un jeu vidéo. Il salue. Ce dernier répond en relevant à peine la tête, pour le regarder et répondre pour ensuite, se replonger aussitôt dans la manipulation de son téléphone.

Dans le bureau, une armoire bardée de paperasses qui débordent. Probablement des archives. Ici, on est encore à l’air de la bureaucratie du siècle dernier. Il se présente et re-re-re-re-re-re......fait sa demande. Il invite notre reporter à s'asseoir. Enfin pour une fois, après avoir fait presque le tour du département !

Notre reporter engage la discussion. Il explique qu’il veut des données sur les résultats de l'activité touristique pour l'exercice 2016. « Écoutez, je peux vous fournir des chiffres non exhaustifs de 2000 à 2015, mais pour 2016 on n’en a pas ! ». Il précise au passage que les chiffres en leur possession ne concernent que les touristes transitant par l'aéroport de Conakry. Ils n’ont pas de statistiques sur les arrivées par voie maritime et terrestre. Et commence alors un long discours dans lequel le mot clé est «On n'a pas...On n'a pas...etc.''

Pour ne pas repartir bredouille avec tout l'effort fourni, Notre reporter lui suggère alors de lui fournir les données en sa possession. Celles de 2015 et pour le premier semestre de 2016. Malgré son âge avancé, le vieux directeur fouille dans son PC et imprime les documents. Ça sera finalement le seul point positif de la visite. En dépit de son âge, le directeur de l'observatoire peut manipuler l'outil informatique et même imprimer des documents.

Pour le reste aucune discussion  sur le tourisme encore moins de l'artisanat. Rien n'indique dans ce ministère, un mouvement de convergence dans le travail pour atteindre des objectifs. On a l'impression d'être dans le bar du coin où l’on se retrouve entre copains pour passer du bon temps. Discuter, boire un coup et rigoler. Notre reporter est reparti la tête pleine d’étonnement et surtout d'interrogations.

Ainsi va notre administration qui, semble t'il a été réformée, modernisée et informatisée. L’émergence semble bien à des années lumières de ce modèle de gestion. Dommage et désolant….
Aux dernieres nouvelles,selon l'observatoire, les arrivées des non résidents ( touristes) enregistrés à l'aéroport de Conakry et à la frontière du Mali, la Guinée a reçu 2.699 088 visiteurs en 2015 contre 3.984 817 en 2014.

Mamadou Aliou DIALLO pour GCI

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