
Pour les populations du continent, la décision de Benoit XVI est, en quelque sorte, aussi un appel à « effet collatéral » à la sagesse, lancé à tous les dirigeants qui, malgré le poids de l’âge et une santé qu’on sait défaillante, refusent d’abdiquer. Au détriment de la prospérité de leur pays et de leurs compatriotes.
A 85 ans, Benoit XVI choisit de s’en aller. Puisque c’est une première dans l’histoire du Saint-Siège, cela provoque bien sûr des réactions de surprise. Pourtant, il s’agit là d’une décision qui est relativement conforme à la personnalité que Joseph Ratzinger, aura démontrée depuis qu’il a succédé au charismatique Jean-Paul II. Ainsi, en ce qui concerne l’Afrique, on se rappelle qu’il n’avait eu aucune gêne à revenir sur les propos controversés qu’il avait tenus sur l’usage des préservatifs, comme moyen de lutte contre le Sida. Des propos qu’il avait tenus dans l’avion qui l’amenait au Cameroun, lors de son tout premier voyage en Afrique, le 17 mars 2009. Bien avant, il n’avait pas non plus hésité à éteindre le feu allumé, après qu’il ait indirectement évoqué le lien entre l’islam et la violence à l’université de Ratisbone en septembre 2006.
Comme on le voit, il s’agit avant tout d’un leader plein d’humilité et qui ne souffre d’aucun complexe à se remettre en cause quand il sent cela nécessaire. Et c’est un peu ce qui semble avoir motivé cette autre décision. En effet, avec lucidité et sincérité, il a eu le temps d’évaluer l’impact de son âge avancé sur les fonctions qui sont les siennes. Avec vérité et courage, il a également su mettre en avant la vie de l’Eglise au détriment des honneurs qui sont dus au Pape qu’il est.
C’est là une leçon indirectement adressée à tous les leaders et du monde entier. En Afrique, cette décision pourrait être bien accueillie par les populations vivant sous le règne de présidents séniles. Heureusement que cela soit arrivé après que les Sénégalais aient décidé d’envoyer Abdoulaye Wade à la retraite et que l’armée nigérienne ait pris la responsabilité de déposer Mamadou Tandja. Mais des Abdoulaye Wade, il y en a encore au Cameroun, au Zimbabwe et dans d’autres pays africains.
En effet, sans être nécessairement frappés par la sénilité, il y a des dirigeants auxquels on prête les intentions de vouloir s’éterniser au pouvoir, comme c’est le cas du président béninois, Yayi Boni.
A eux tous, le pape Benoit XVI vient de montrer la marche à suivre. Celle du respect des autres qui confère l’immortalité. Ils ne leur reste qu’à s’y engager pour leur bien, mais aussi pour celui de leurs pays et de leurs compatriotes.
Sur un tout autre volet et en dehors des réactions provoquées par l’annonce de la démission du Pape, l’Afrique est également évoquée à propos de sa succession. Bien qu’’il soit probablement trop tôt pour spéculer dessus, il n’est pas inintéressant de mentionner le fait que trois africains dont les cardinaux nigérians Francis Arinze et John Onaiyekan et celui du Ghanaéen, Peter Turkson sont évoqués.
Naturellement, l’Eglise n’étant pas forcément à l’abri de certains préjugés anthropologiques, très peu d’Africains croient pour le moment, qu’un des leurs puisse succéder au Pape Benoit XVI, le 28 février prochain.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















