RENCONTRE: Les vérités de Aïcha Bah " ce qui m'a toujours intéressé, ce sont les choses, la composition des choses "

Elle s'appelle Aïcha Bah. Elle a fait le voyage de La Mecque. Elle est ancienne ministre guinéenne de l' Education. Un maroquin qu'elle a conservé sept ans durant. A son départ du gouvernement, elle a déjà un point de chute, l'Unesco. Elle sera Sous-directrice générale pour l'Education. Aujourd'hui, elle est Conseiller principal du Directeur général de cette institution onusienne. Mariée à Maître Alpha Abdoulaye Diallo "Portos", un ancien ministre de Sékou Touré, ils ont une fille unique, Fatoumata Binta Diallo, "Fabi", pour les amis. Une jeune "dame de fer" du Barreau guinéen.

A la faveur de son séjour à Conakry,Guineeconakry.info a rencontré Hadja Aïcha Bah dans un cybercafé. Toujours modeste, le rendez-vous est pris pour le cabinet de son mari. Sans protocole aucun. Elle n'a jamais changé cette dame, qui a été très admirée du temps qu'elle parcourait le trajet maison-collège pour y donner des cours de chimie.

 

Dans les rues de Conakry, elle forçait vraiment l'admiration de cette femme digne, au moral d'acier pendant que le mari croupissait dans le camp de renommée cynique "Boiro". Quelques années plus tard, avec le changement de régime, elle se retrouve dans le gouvernement. Bilan positif sur toute la ligne.

 

Et elle se fera remarquer au plan international. Au point, qu'avant qu'elle ne quitte le gouvernement, d'importantes offres lui ont été faites. Elle optera pour l'Unesco. Histoire d'étancher sa soif d'apprendre. Depuis 1996 elle y est. C'est cette femme que nous avons rencontrée pour vous. Interview exclusive:

 

Guineeconakry.info: Vous êtes aujourd'hui Conseiller Principal du Directeur Général de l'Unesco, Ancienne Sous-directrice pour l'Education à l'UNESCO, ancienne Ministre de la République de Guinée. Bonjour Hadja.

- Hadja Aïcha Bah (Diallo) : Bonjour.

- Guineeconakry.info: Alors Hadja, le but de votre présent séjour à Conakry?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Et bien, je passe mon temps à me reposer, à lire, à prier. Vraiment à rendre visites à mes amis, à mes parents. Et comme on dit, enjoy life.

- Guineeconakry.info: Hadja, depuis votre départ du gouvernement, je crois que c'était en 1996, vous vous êtes retrouvée à l'Unesco. Vous pouvez me corriger?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Oui, depuis 1996, je suis à l'Unesco et je m'occupe toujours de l'éducation. Parce que franchement, c'est ma vocation, c'est ma passion aussi.

- Guineeconakry.info: Sans entrer dans les détails, en ce qui concerne les négociations, comment les choses se sont passées pour que vous retrouviez là, dans cette institution onusienne?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): D'abord en Guinée, j'ai eu la chance en tant qu'enseignante d'avoir eu à diriger un département lié à l'éducation, à l'éducation des enfants particulièrement celle des filles ; pousser les gosses à étudier les sciences. Parce que moi-même, je suis scientifique et vraiment promouvoir l'éducation à un point d'abord national, puis sous-régional, régional et international. J'ai eu une chance unique dans ma vie. Franchement. Et je remercie Dieu pour ça.

- Guineeconakry.info: Vous êtes scientifique, chimiste je crois?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Je suis chimiste biochimiste.

- Guineeconakry.info: Chimiste biochimiste, qu'est-ce que ça veut dire?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): C'est-à-dire que, ce qui m'a toujours intéressé, ce sont les choses. La composition des choses. Ce que l'on peut en faire. Les médicaments à préparer, tout ce qui est cuisine. Comment faire la sauce? En fait, c'est ça la chimie et la biochimie. C'est pour cela, je dis toujours aux jeunes filles: vous ne pouvez pas ne pas réussir dans les sciences! Puisque nous faisons tout le temps.

- Guineeconakry.info: C'est parce que étant gosse, vous étiez quelque peu curieuse?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Oui. Oui, très curieuse, jusqu'à présent d'ailleurs, je continue à être curieuse! Je passe mon temps à chercher, à comprendre et à étudier ce que je ne connais pas.

- Guineeconakry.info: Avant de continuer, c'est donc pourquoi vous avez pour lecture actuelle, le document "La voie soufie" de Faouzi Skali'?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Oui, c'est parce que c'est quelque chose que je ne connais pas. Je ne connaissais pas le soufisme. Il faudrait quand même que je sache ce que c'est. Donc je suis en train de lire le document. C'est très compliqué. Mais c'est très intéressant c'est passionnant aussi.

- Guineeconakry.info: Certains affirment que vous avez préparé votre point de chute depuis que vous étiez membre du gouvernement (?)

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Pas du tout, pas du tout (rire). C'est ce que tout le monde me dit. Je sais', je savais très bien que toutes les institutions voulaient m'avoir. Parce qu'elles m'ont toujours contactée en me disant « voilà, nous aimerions bien que vous travailliez pour nous ». Mais, moi, tant que le Président Lansana Conté a eu besoin de moi, je suis restée. Je suis restée. J'ai répondu, j'ai dit « non, je ne peux pas. Je suis membre du gouvernement. Je dois d'abord servir mon pays ». Mais le jour que le Président m'a remerciée, d'abord je l'ai remercié pour m'avoir choisie pour diriger un département aussi difficile que celui que j'ai eu à diriger pendant 7 ans, c'était à moi de lui dire vraiment merci. En ce moment là j'étais plus libre. Et donc j'ai répondu à tous les appels d'offres d'emploi que l'on m'avait donnés. Et j'ai eu les postes partout. J'ai choisi l'Unesco qui était l'éducation.

- Guineeconakry.info: Si ce n'est pas secret, peut-on se faire une idée des offres qui vous avaient été faites, par institution? Ne serait-ce que deux ou trois.

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): J'ai eu de l'Unicef, de la Banque Mondiale, de la Rockefeller foundation, du Forum des éducatrices africaines'parmi d'autres. Je ne peux pas citer les autres (rire).

- Guineeconakry.info: Pour revenir à vous activités, en tant que Sous-directrice générale pour l'Education, qu'aviez-vous comme charge?

Hadja Aïcha Bah (Diallo): Alors en tant que Sous-directrice générale pour l'éducation, j'avais en charge tout le secteur de l'éducation au niveau mondial pour l'Unesco. C'est-à-dire tout le système éducatif: de la petite enfance à l'enseignement supérieur. Maintenant, que ça soit la préparation des programmes, la planification, la formation... En un mot l'éducation dans le sens large du mot. Et à travers le monde! C'est pour ça que j'ai fait le monde entier. C'était passionnant, c'était vraiment passionnant. Et j'ai beaucoup appris. Parce que l'on dit toujours d'apprendre tout au long de la vie. Et la chance que j'ai eue, c'est justement d'aller à l'Unesco pour continuer cet apprentissage-là. On donne, mais on reçoit énor-mé-ment. Et c'est incroyable, parce que partout où je suis arrivée ou je suis allée, que ça soit en Asie, en Afrique, en Amérique Latine ou en Europe, j'étais chez moi! Vous savez j'ai les trois langues les plus parlées: l'anglais, l'espagnol et le français. Et donc j'étais vraiment la bienvenue partout où j'arrivais.

- Guineeconakry.info: Vous les possédez toutes?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Toutes les trois.

- Guineeconakry.info: Et l'arabe?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): L'arabe, pas encore.

- Guineeconakry.info: Cependant l'arabe classique du Saint Coran, oui?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Je lis mon Coran tous les jours évidemment. Mais je ne parle pas l'arabe. D'autant plus que le Coran, c'est l'arabe classique comme vous l'avez si bien dit.

- Guineeconakry.info: Vous avez été sept ans durant, la grande Ministre (n'en souffre votre modestie), qui s'est fait remarquer dans la bonne conduite du système éducatif guinéen. Au point que jusqu'à aujourd'hui, des écoles portent votre désormais illustre nom. Une façon de vous récompenser, et même de vous immortaliser! Alors quel regret avez-vous en jetant un regard sur l'évolution actuelle du système éducatif dans le pays?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Moi je pense que l'on peut améliorer le système éducatif guinéen. Je n'ai pas eu le temps de regarder ce qui se passe actuellement. Mais je sais que les collègues en charge du système font de leur mieux pour que ça puisse aller de l'avant. Nous n'avons pas le droit de reculer. Il faut toujours aller de l'avant. Et je les pousse dans ce sens-là. Et quand je dis cela, ce ne sont pas les ministres seulement qui en sont responsables, c'est toute la population guinéenne, hein! Je le dis toujours aux parents d'élèves et surtout le secteur privé. Quand je suis venue en juin [2005], j'ai rencontré le secteur privé, et je leur ai demandé: « Qu'est-ce que vous faites pour l'éducation? ». Je pense qu'ils ne sont pas impliqués de façon directe. La chambre du Commerce devrait s'impliquer parce que tous ceux qui sortent de ce système éducatif –là, ils vont les utiliser non! Donc, il faut qu'ils y contribuent. Le secteur privé, le secteur social, bref tout le monde doit contribuer à la formation des jeunes de Guinée.

- Guineeconakry.info: Alors quelle place la Guinée a-t-elle occupée dans vos activités, autrement dit quel a été votre apport lorsque vous étiez Sous-directrice générale de l'Unesco pour l'éducation?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): En fait je poussais les collègues de manière indirecte. Chaque fois qu'il y avait une réunion, j'exigeais que la Guinée soit invitée. Et là, ils les ont invités à toutes les réunions. J'ai réussi à mettre la Guinée dans les trois programmes prioritaires pour l'Unesco: l'alphabétisation, la formation des formateurs et la lutte contre le Sida. Et c'est comme ça que l'on peut faire. Et pousser aussi les autres institutions à s'occuper de la Guinée. Et là la Banque Mondiale, je les harcelais tout le temps. Puisqu'à un moment donné, il n'y avait pas de programme. Je leur ai dit « Vous ne pouvez pas sacrifier les secteurs sociaux pour un problème macro-économique. Vous devez continuer à investir dans l'éducation et dans la santé '». Et ce sont eux d'ailleurs qui me donnaient les nouvelles de l'éducation en Guinée.

- Guineeconakry.info: Voilà qui est bien dit. Hadja, parmi vos acquis quand vous étiez Ministre de l'Education, on peut avec fierté citer deux: les centres "Nafa" ou écoles de la seconde chance comme vous les aviez définis à juste raison, il y a également les écoles qui poussaient de-ci de-là. Aujourd'hui, malheureusement la pléthore dans les salles de classe est une réalité criarde et inquiétante.

Ceci étant, conseillez-vous une certaine politique en la matière pour y pallier? Secundo, quelle appréciation faites-vous aujourd'hui de l'évolution des centres "Nafa"?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Vous savez avec les centres "Nafa" à l'origine, pour moi, moralement, il fallait absolument que l'on puisse s'occuper des enfants qui n'avaient pas eu la chance d'aller à l'école à l'âge de 7 ans. Est-ce que l'on pouvait les laisser dans la rue? Non. Je me suis donc dite, il fallait absolument que l'on puisse les récupérer. On négocie avec eux le programme qu'ils veulent étudier. Et négocier avec eux leur emploi du temps. De telle sorte qu'au bout des trois ans, le jeune est alphabétisé dans la branche qu'il lui plaît. Et s'il (ou elle) veut continuer dans le système normal, c'est-à-dire formel, il (elle) peut y aller. Sinon, il (elle) va vaquer à ses affaires! Au moins il (elle) a un bagage. Ça, j'y tenais, j'y tenais à tout prix.

Maintenant, il y a pléthore d'élèves. Ce qu'il faut faire, c'est de former les enseignants pour qu'ils puissent prendre en charge ce que l'on appelle "les grands groupes". De manière à ce que la qualité soit. Parce qu'une formation sans qualité, ce n'est vraiment pas la peine. C'est une perte de temps. Je pense d'ailleurs que les Ministres savent très bien qu'il faut absolument qu'ils mettent l'accent sur la qualité de la formation des enfants. C'est la clé!

- Guineeconakry.info: Vous auriez été Ministre aujourd'hui en charge de l'un des secteurs de l'éducation, est-ce que accepté que l'on recrute des élèves de niveau même pas du brevet, pour en faire des enseignants (alors que leur niveau reste à désirer), histoire de donner de l'emploi aux jeunes, comme c'est le cas actuellement?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Non, non là, je ne l'aurais pas accepté. Je ne l'aurais pas accepté. Vous savez être instituteur, c'est une formation professionnelle. Il faut absolument former les enseignants. Et c'est pour ça justement que l'Unesco a lancé ce grand programme de la formation des formateurs. C'est ça qui est la clé de la qualité de l'éducation. Si nous voulons vraiment que nos gosses aient un bagage, il faut que nous mettions le prix dans la formation des formateurs. Et là, je ne vais pas négocier la qualité de la formation des enseignants. Je ne vois pas.

- Guineeconakry.info: Quel appel lancez-vous aux élèves, aux enseignants, aux responsables en charge du secteur à différents niveaux?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Je dirai à tout ce monde-là que la formation d'un jeune, d'une jeune est essentielle. Et qu'il faut tout faire pour que cela se fasse de manière correcte. Il faut absolument que le gouvernement mette le prix qu'il faut pour l'éducation des enfants. Que le Ministre sache que c'est un sacerdoce. Quand on vous nomme Ministre de l'éducation, que ça soit l'enseignement pré universitaire ou l'enseignement professionnelle ou l'enseignement supérieur, c'est vraiment un devoir sacré que l'on vous a confié. Il faut le faire avec passion, il faut le faire avec courage. Il faut savoir qu'il faut se sacrifier pour cela. Ça coûte énormément du point de vue physique. Je me souviens, les gens me disaient: « Mais tu es tout le temps sur la route! ». Je ne pense pas qu'il y ait ici une ville que je n'ai pas visitée, les villages ' Et donc, savoir qu'il faut se sacrifier, ça c'est un. De deux, les parents doivent savoir qu'ils gagneraient en envoyant les enfants à l'école. Ils gagneraient en les poussant au maximum. Même s'ils n'ont pas un job à la fin de la formation. Ce n'est pas un job que l'on recherche, c'est avoir un bagage. C'est savoir se prendre en charge après. Et donc les parents doivent savoir cela! Il faut former les enfants. C'est la meilleure garantie que l'on puisse faire ' J'aime souvent prendre l'exemple de mon frère Dorval Doumbouya qui a mis le paquet pour la formation de ses enfants' Il s'est sacrifié pour ses gosses. Sachez que quand vous serez à la retraite, donc dans vos vieux jours, les gosses seront-là pour rembourser! Ils remboursent.

Moi, ça me fait plaisir quand j'arrive ici [Conakry] je n'ai pas d'argent, c'est ma fille qui me donne l'argent! Evidemment, mon mari aussi m'en donne un peu . Ma fille me demande « Maman tu as besoin d'argent? » Je dis « Non ». En pular, on ne demande pas à ses parents si « tu as besoin d'argent ». On lui tend simplement. Donc je ne regrette pas de m'être sacrifiée par exemple pour la formation de ma fille!

- Guineeconakry.info: Votre fille, qu'est-ce qu'elle fait?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo) : Elle est avocate (rire).

- Guineeconakry.info: Vous avez parlé il y a un instant de votre mari. Qui est l'heureux élu?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): C'est Alpha Abdoulaye, c'est "Portos".

- Guineeconakry.info: Ah, c'est l'illustre "Portos"?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Vous l'appelez illustre, moi c'est mon esclave! C'est un Diallo (rire aux éclats). [NDLR: L'interlocutrice introduisait ainsi le cousinage à plaisanterie entre son mari et elle. Un Diallo et un Bah. Une valeur traditionnelle dans nos sociétés].

- Guineeconakry.info: N'est-ce pas lui l'auteur du livre "La vérité du Ministre"? [NDLR: "Portos" est ancien Ministre sous Ahmed Sékou Touré et ancien prisonnier politique du tristement célèbre camp "Boiro"]

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Oui. C'est lui qui l'a écrit effectivement. Il a témoigné quoi!

- Guineeconakry.info: Vous êtes actuellement Conseiller du Directeur Général de l'Unesco. En quoi consiste votre travail auprès de lui?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Tout ce qui concerne surtout l'éducation en Afrique, il me demande mon avis. Il m'envoie en mission. Et je vais avec lui dans les missions qui concernent l'Afrique. Mais je travaille aussi beaucoup avec la Banque Islamique de Développement [BID] dans le domaine des femmes, en particulier dans le domaine de l'éducation. Actuellement, nous sommes en train de voir, dans les programmes et projets de la BID, comment intégrer le volet femme. Donc le Président de la BID a mis en place un panel de 12 femmes qu'il a choisies à travers le monde. Je fais partie de ce groupe-là. Et nous sommes en train de développer une stratégie pour la BID dans ce cadre. Ensuite, toujours le Président de la BID a mis en place une Commission constituée de 10 personnes à travers le monde encore, pour un autre travail que nous avons presque fini. Donc dans le cadre de ces deux missions je serai avec les autres collègues à partir du 14 février 2006 à Kuala Lumpur en Malaisie. Je suis full time jusqu'en fin 2006 je suis occupée (rire).

- Guineeconakry.info: C'est donc dans le cadre de ce projet d'intégration du volet femme dans les programmes et projets de la BID que vous êtes souvent en relation avec le Fawe.

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Fawe, là oui. Parce que je suis membre fondatrice de Fawe. Et donc je continue aussi à les aider, à les aider de manière dilettante, comme on dit. C'est un plaisir. Tout ce qui concerne l'éducation des filles et des femmes en Afrique, c'est un sacerdoce pour moi.

- Guineeconakry.info: D'où est partie l'idée de créer le Fawe?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo) : C'est parti du fait que l'on a constaté lors d'une réunion en 1992 à Manchester en Grande Bretagne, que les statistiques étaient aveugles. On appelle ça, en anglais blinds statisitcs. C'est-à-dire que ce n'était pas ventilé en garçons. Et donc on a constaté cela, et on a dit bon il faut faire quelque chose. La même année, on a cherché une femme, qui était un Consultante. Nous lui avons demandé de faire l'étude de toutes les barrières à l'éducation des filles. Nous avons donc obtenu cela, et nous avons cherché à savoir combien de femmes-ministres de l'Education il y avait en Afrique et combien de femmes Recteurs d'université il y avait. C'est ce groupe là qui s'est retrouvé à Belaggio en Italie. Et nous avons constitué Fawe. Ça c'était en 1992. Et ça continue et ça marche très bien. Et nous avons des antennes partout. Vous connaissez l'antenne guinéenne?

- Guineeconakry.info: Le FEG?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Oui le FEG travaille bien. Je suis vraiment fière de ce que mes soeurs font ici. C'est formidable.

- Guineeconakry.info: Alors Hadja, s'il vous était donné de faire votre portrait en deux ou trois mots, qu'est-ce que vous diriez?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Je dirais que je suis un apprenant tout au long de la vie. Tous ceux que je rencontre, c'est un plaisir pour moi de discuter avec eux. Vraiment de partager. J'apprends énormément en discutant. Par exemple, j'ai remarqué qu'en discutant avec ce qui sont plus âgés que moi, j'apprends énormément. Mais ceux qui sont plus jeunes que moi, aussi me donnent des leçons. Et ça, tous les jours pour moi, c'est une école. C'est l'école de la vie. J'en profite au maximum. C'est pour cela que l'on me dit: « Ah, mais tu restes toujours vivante! ». Je dis « Parce que je continue à apprendre ».

- Guineeconakry.info: Si voyez par exemple quelqu'un qui lance: « C'est cette Aïcha Bah qui parcourait les rues de Conakry à bicyclette». Auriez-vous une réaction particulière?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Je dirais oui, c'est un plaisir. Vous savez que j'aimerais bien encore monter sur un vélo! Quand je vais revenir définitivement, j'aurai ma bicyclette. Evidemment, parce qu'il faut quand même que je continue à faire du sport. Je suis une sportive, ne l'oubliez pas: basketteuse, volleyeuse, et j'ai joué aussi au tennis et au booling.

- Guineeconakry.info: Avez-vous appartenu à une des équipes nationales?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Oui, oui, j'étais là dans l'équipe de Guinée de basket, et à l'université aussi.

- Guineeconakry.info: C'était en quelle année déjà votre appartenance pour l'équipe nationale?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Alors là, c'est ' je préfère ne pas le dire. J'étais avec les Marcelline Peter'voilà!

- Guineeconakry.info: Vous avez aujourd'hui à peine 18 ou 19 ans, c'est bien.

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Oh là là '!

- Guineeconakry.info: Hadja, pour terminer, vous venez de découvrir le site de Guineeconakry.info. Alors votre appréciation?

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): Mais, il est extraordinaire! Et maintenant, comme j'ai tout le temps de consulter les sites, je vais le faire régulièrement. Au moins je vais avoir les nouvelles de mon pays. Les nouvelles fraîches. Les nouvelles correctes.

- Guineeconakry.info: Merci Hadja.

- Hadja Aïcha Bah (Diallo): C'est à moi de vous remercier. Merci (rire).

 

Interview réalisée par

Ibrahima Sylla, RTG-Conakry

pour www.Guineeconakry.info

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