
Cette rencontre sonne comme celle de la légitimité et de la crédibilité pour une opposition en panne d’inspiration face à un pouvoir qui semble intransigeant. Les ténors de l’opposition dite républicaine en l’occurrence, Sidya Touré, Lansana Kouyaté et Cellou Dalein Diallo, appuyés par Bah Oury et Baidy Aribot entres autres, se sont donc retrouvés dans la capitale française pour affiner la nouvelle stratégie de réponse pour faire barrage et front commun à Alpha Condé, pour qui les militants du RPG semblent déjà entrevoir un second mandat à la tête de la Guinée.
C’est une rencontre au cours de laquelle a été faite une peinture sombre de la gouvernance Condé, marquée selon eux par des violations répétées de la constitution, des droits humains. Après les entrevues quatre points essentiels ont été adoptés par l’opposition républicaine :
La remise en cause de la légitimité du professeur Alpha Condé à la tête de la Guinée
Selon les conclusions prises à l’issue des débats, les opposants estiment que Alpha Condé a perdu toute sa légitimité, à cause des dérives en tous genre dans sa gestion du pays. « Il perd toute sa légitimité pour présider encore aux destinées de la Guinée. Son maintien au pouvoir constituerait une grave menace pour la paix et l’unité de la Guinée et la stabilité de la sous-région »
Le retour de tous les leaders de l'opposition
« Rentrer immédiatement en Guinée pour mener avec les autres partis politiques et toutes les forces vives du pays, la lutte pour le respect de la Constitution, des lois de la République et des accords… »
Les opposants se sont également accordés sur la nécessité que l’ensemble de ses membres rentrent au pays pour faire un bloc de convergence pour l’applicabilité effective des décisions prises. Seul Bah Oury, condamné dans le procès de l'attaque du domicile du professeur Alpha Condé le 19 juillet 2011, est exempté de cette décision.
La confirmation des exigences de la déclaration du 6 mars 2015
Les dernières décisions prises par la Ceni sont reconduites notamment celles de ne plus reconnaître la CENI, et les délégations spéciales, la suspension de la participation des députés de l'opposition aux travaux de l'assemblée nationale, et la reprise des manifestations dans le pays. De renforcer l’unité et la cohésion de l’opposition. Cette dernière mesure vise selon eux à « s’atteler dès maintenant à l’élaboration d’un programme commun de gouvernement ».
Cependant, si certains estiment que les craintes de l’opposition par rapport au report des communales sont légitimes, beaucoup sont ceux qui pensent que cette attitude n’a aucun fondement légal et juridique, dans la mesure où aucun article du code électoral guinéen n’exige la préséance dans l’organisation des élections.
La Ceni, outre cette disposition juridique invoque une contrainte d’ordre constitutionnel. Notamment l’article 28 de la constitution qui exige la tenue des présidentielles au plus trois mois ou deux au moins avant l’arrivée à échéance du mandat du président en exercice.
A ces contraintes, selon l’institution, s’ajoutent des limites financières selon le conseiller juridique de la Ceni Bader Kaba, en plus d’avoir un déficit de magistrats, l’organisation des communales coutent très chère. Car s’évaluant a quelques 250 milliards de francs guinéens, or dans le budget des finances 2015, l’organisation des communales et municipales n’est pas prévue.
Pour l’heure l’opposition est dans l’expectative et ses leaders ne sont toujours pas rentrés au bercail. Quant à la Ceni, elle est en train d’atteindre sa vitesse de croisière dans la prise de décision et la mise en pratique de son chronogramme devant aboutir à l’organisation des élections présidentielles et communales, prévues respectivement pour le 11 octobre 2015 et le 20 mars 2016.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
2015 - GuineeConakry.Info




















