
L’opposition se dit exclue
Déjà, à l’issue d’une rencontre interne qu’elle a eue hier au Palais du peuple, l’opposition guinéenne avait déploré l’unilatéralisme dont la CENI ferait montre dans la mise en œuvre d’un certain nombre d’actes et d’opérations en rapport avec les futures consultations électorales. Elle avait dénoncé le fait qu’en tant que partie prenante à part entière, elle ne soit pas consultée avant la prise de certaines décisions. Autant de choses qu’elle avait assimilées à une fuite en avant de la part de la CENI. Ne faisant plus confiance à cette dernière, les membres de l’opposition parlementaire avaient également émis l’idée de sa recomposition pour permettre qu’elle soit en conformité avec la structuration actuelle du paysage politique.
La mouvance s’abrite derrière l’indépendance de la CENI
Ruminant toutes ces récriminations, Aboubacar Sylla et amis pouvaient donc difficilement prendre part à la réunion de ce jeudi matin. D’autant plus qu’ils l’assimilent à un compte-rendu des activités que la CENI auraient posés, sans s’être préalablement concertée avec les acteurs politiques. Ils s’y seraient tout de même rendus pour, disent-ils, témoigner du caractère républicain de leur démarche, en répondant à l’invitation de l’institution qu’est la CENI. En face, la mouvance présidentielle crie à une inacceptable tentative d’ingérence de l’opposition dans le fonctionnement interne de la CENI. Ce qui serait contraire au principe d’indépendance de l’instance. Et par rapport à l’appel d’offres, le RPG-arc-en-ciel reprend l’argument juridique selon lequel le code des marchés ne permet pas l’exclusion d’un soumissionnaire.
Un remplaçant pour Sabary Technology
Comme on le voit, entre les deux camps, ce n’est point la convergence des vues. Or, la situation ne risque pas de s’arranger. Dans la mesure où après que l’opposition ait quitté la rencontre de ce matin, la CENI a annoncé le recrutement d’une société malienne, ICB, pour remplacer l’opérateur technique local, Sabary Technology, dans la correction des anomalies constatées lors des dernières élections législatives. A en croire la CENI, le recrutement se serait fait selon les règles de l’art. Mais ce n’est pas sûr que l’opposition se laisse convaincre par cette assurance. Elle pourrait, au contraire, voir dans ce second acte, une volonté de la CENI, et « conséquemment du pouvoir », de faire la sourde oreille et de poursuivre dans la logique du fait accompli.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















