
Très tôt le matin de ce dimanche 6 novembre 2011, de tous les quartiers de la ville de Conakry, les fidèles musulmans émergeaient pour se rendre dans les différentes aires qui soient les plus proches de leurs domiciles. Composés d’hommes, de femmes et d’enfants, ils étaient, dans leur écrasante majorité, drapés dans leurs basins multicolores et superbement amidonnés. A défaut d’en avoir acheté de tout neufs, chacun s’était débrouillé pour donner à sa tenue de fête des allures de nouveauté. Constitués en petits groupes, ils étaient également munis de tapis de prières et de chapelets.
Pour le président de la République, le Pr. Alpha Condé, la prière a eu lieu dans le jardin du palais Sékhoutouréyah. Dans son sermon de circonstance, l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara, s’est penché sur les problèmes de l’heure. C’est ainsi qu’il a invité ses compatriotes à concourir en faveur de la concorde et de l’unité nationales. Le recueillement et les prières qui sont consentis en ce jour doivent être mis à profit, pour demander au Tout-Puissant d’aider la Guinée et les Guinéens à préserver la paix sociale, dont il les a jusqu’ici comblés.
S’inspirant du symbole du sacrifice d’Abraham, il dira que "c’est certainement pour éviter qu’un père ne verse le sang de son fils qu’Allah, dans sa grandeur et sa magnanimité, a substitué le bélier au fils d’Abraham. Selon lui, "les Guinéens, à l’image du message qu’a ainsi véhiculé le Seigneur, devraient éviter de verser le sang de leurs frères. Le sang de tous les moutons qui auront été sacrifiés en cette fête de Tabaski devrait suffire comme sacrifice".
En outre, l'immam ratib pense que des efforts devraient être engagés pour consolider les liens entre les différents membres au sein des familles. Un époux devrait avoir du respect, de la considération et de l’amour pour son épouse et vice versa. Les enfants aussi doivent grandir dans un environnement empreint de sérénité, couvés qu’ils sont de l’amour de leurs parents. Selon lui, si au sein des familles, de telles conditions sont remplies, elles devraient se répercuter sur l’entité globale qu’est la société guinéenne. Ce qui devrait, logiquement, conduire à moins de problèmes, d’incompréhensions et de malentendus tels qu’on le vit aujourd’hui.
Au-delà de cette dimension strictement religieuse de la grande fête musulmane en Guinée, il faut dire qu’elle se déroule cette année dans un contexte économique des plus difficiles. Une situation qui se sera fait remarquer notamment par toute la controverse et les nombreuses plaintes par rapport au prix jugé exorbitant des moutons de sacrifice. Jusq'à 2 millions de francs guinéens le bélier!
Du coup, beaucoup n’auront pas pu s’en acquitter. Contrairement aux précédentes fêtes, les rues de la capitale guinéenne étaient également particulièrement vides en ce dimanche après-midi. Pour un jour de fête, la circulation était inhabituellement fluide. C’est que les traditionnels déplacements pour aller rendre visite à un parent, proche ou ami pour prendre de ses nouvelles et s’enquérir des circonstances de la fête, se sont amoindris. Le coût du transport dans un contexte d’une récente hausse de carburant aura été fatal à certains liens sociaux. Heureusement que les téléphones pouvaient permettre d’appeler au moins.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















