REINTEGRATION SOCIOECONOMIQUE : Validation du programme et de la stratégie

Conscients des liens très étroits entre la précarité sociale et l’instabilité dans un pays, les autorités guinéennes et leurs partenaires viennent d’élaborer et de valider le programme pilote national et la stratégie de réintégration socioéconomique. S’inscrivant dans le cadre de la politique nationale de protection sociale et ciblant en priorité les populations vulnérables, il est mis en œuvre par le ministère de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, à travers le Fonds de développement social et de la solidarité (FDSS), avec un soutien de l’Union européenne.

L’atelier de validation qui s’est tenu dans un complexe hôtelier de la place a été présidé par le ministre de l’élevage, Thierno Ousmane Diallo, représentant le premier ministre. On notait également la présence, outre les représentants des comités techniques sectoriels de la réforme des forces de défense et de sécurité et des partenaires techniques et financiers, le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Diaré, ainsi que la ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, Madame Camara Sanaba Kaba. 

C’est elle qui a ouvert le bal des interventions. Evoquant le Programme national de réintégration socioéconomique comme un processus, elle a indiqué que celui-ci « permettra à la Guinée, à travers cette importante frange de sa population, de retrouver sa stabilité sociale, émotionnelle, physique et économique  perdue ». Poursuivant, elle a précisé : « Le programme de réintégration socioéconomique reste et demeure le symbole d’espoir pour ces millions de Guinéens en proie à l’anxiété et en quête du quotidien pour vivre, alors qu’ils n’aspirent qu’à une seule chose : le bien-être dans la paix et la sécurité ».

A sa suite, le directeur général du Fonds de développement social et de la solidarité, Safrin Condé, présentant le programme, a indiqué que « La réintégration socioéconomique des populations à risques d’exclusion sociale est un élément crucial pour la consolidation de la paix et la lutte contre la pauvreté ». En outre, selon M. Condé, le programme national de réintégration socioéconomique est un processus composé de quatre phases qui sont :

1.      Sélection des participants : au niveau de cette première phase, ressortissants des forces de défense et de sécurité (autrement ne pouvant ou ne devant plus être des rangs) et membres des catégories vulnérables de la population civile sont répertoriés et identifiés comme devant prendre part au programme.

2.      Inclusion : A cette deuxième phase, sur une base volontaire, les participants, selon une logique collective, prennent part à la mise en œuvre d’un ensemble d’activités communautaires. Lesdites activités étant rémunérées, elles génèrent des dividendes aux participants. Cette phase consistera, dans un contexte de marché et de moyens de subsistance affectés par une situation économique déprimée, en la création d’emplois temporaires, pour injecter un nouveau capital dans l’économie locale.

3.      Appropriation : Visant à amener les participants à progressivement et pleinement prendre possession de leurs activités, cette phase se caractérise notamment par une promotion d’épargne individuelle et collective. Concrètement, les participants feront eux-mêmes le choix des activités qu’ils souhaitent entreprendre. Naturellement, ils seront accompagnés pendant une durée de trois ans. Mais leur propre épargne servira de capital de base. Parce que, in fine, l’objectif est que les activités en question soient systématiquement reconverties dans le tissu économique ordinaire et qu’eux, soient des acteurs économiques à part entière.

4.      Durabilité : A cet ultime niveau, le défi est la pérennité des initiatives, au-delà du programme. Ayant été initiés à la collaboration avec les institutions de micro-crédit, les participants, de plus en plus autonomes, s’en serviront pour agrandir et/ou diversifier leurs activités, de manière à en faire idéalement, de grandes entreprises.

Le ministre conseiller à la présidence de la République en charge des questions de sécurité, Maramany Cissé, a préféré axer son intervention sur l’impact bénéfique probable du programme sur le processus de réforme des forces de défense et de sécurité. C’est ainsi qu’il a lancé : « Imaginez-vous nos forces de défense et de sécurité qui se retrouvent à la retraite un beau jour, avec autant d’enfants, autant de problèmes. Ceux qui n’ont pas eu à préparer ce jour-là se retrouveront dans la détresse. Avec ce programme, nous sommes persuadés que plus jamais, ces forces de défense et de sécurité ne se demanderont ce qu’elles feront au lendemain de la retraite ». Logiquement, il suggère une restitution du programme au niveau des corps constitués pour, dit-il, une appropriation inclusive au niveau de l’armée, de la gendarmerie et de la police notamment.

Au nom du premier ministre, chef du gouvernement, le ministre de l’élevage, Thierno Ousmane Diallo, de son côté, a reconnu toute la pertinence du programme. En effet, selon lui, les préalables d’une Guinée stable et prospère résident dans « la mise en œuvre effective de la politique nationale de protection sociale dont les objectifs viseront la réintégration socioéconomique des groupes les plus vulnérables que sont les femmes rurales, les jeunes sans emplois, les personnes âgées et handicapées, bref toutes les personnes victimes de précarité et de pauvreté ». A l’en croire, il s’agira concrètement « d’identifier les problèmes non résolus de ces groupes en vue d’éliminer les causes sous-jacentes des conflits qui impactent négativement la paix et la stabilité du pays »

Le représentant de l’UNICEF a subtilement mis l’occasion à profit pour émettre le souhait en faveur d’une certaine harmonisation, aussi bien dans l’élaboration que dans l’exécution des différents programmes. Car, dit-il, son institution notamment, accompagne deux autres programmes respectivement dédiés aux jeunes et aux femmes. Deux groupes qui sont également cibles du Programme national de réintégration socioéconomique. Il ne l’a certes pas dit de manière explicite. Mais le message qu’il a voulu faire passer est bien celui d’une communication suffisante entre les différents intervenants sur le terrain, afin d’éviter qu’ils empiètent les uns sur les priorités ou compétences des autres, et que certains ne fassent du surplace.

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info

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