
Comme lors des sessions précédentes, consacrées entre autres aux réformes au niveau des ministres de la sécurité, de la jeunesse, cette sixième session consacrée aux réformes engagées au ministère de la justice s’inscrit dans le cadre du projet « Gouvernance et responsabilité du secteur public » qui est une composante du vaste programme de réformes enclenchés par le gouvernement guinéen, au lendemain des élections présidentielles de 2010. Cette sixième plateforme a réuni comme d’habitude de nombreux ONG de la capitale et de l’intérieur du pays, les syndicats, les représentants de l’administration, les médias, autour de la problématique d’une justice équitable, indépendante et fonctionnelle.
L’Objectif principal du projet est de renforcer le leadership du gouvernement et sa capacité stratégique à mener les réformes cruciales en gestion de finances publiques et des ressources humaines et, à améliorer les services publics en impliquant la société civile dans ce processus. La composante 2 du projet dont la mise en œuvre est confiée à SFCG, vise le renforcement des capacités de la société civile à s’impliquer dans les programmes de réformes initiées par le gouvernement. Elle prévoit une série d’activités dont entre autres, des formations au bénéfice des Ong, des organisations syndicales, les médias, l’organisation de plateformes et forums.
A l’entame, il y a eu un bref aperçu des sessions de restitution de la cinquième plateforme, concernant les réformes engagées au ministère de la jeunesse, par des représentants d’ONG évoluant notamment à l’intérieur du pays. Ils ont expliqué leurs méthodes de travail, l’engouement que cela a suscité et les débats qui en ont suivi, avec à la clef des propositions concrètes visant à améliorer le partenariat entre ministère de la jeunesse et la couche juvénile.
Ensuite le thème de la présente session a été entamé par la présentation sur diapo par Mr Alhassane Diallo, qui est le secrétaire exécutif chargé du programme de réforme au ministère de la justice et qui a participé de façon active aux états généraux de la justice guinéenne, tenue du 28 au 30 mars 2011.
Mr Diallo a ainsi présenté, sous formes de diagnostic et de perspectives, les résultats obtenus lors de ces travaux des états généraux, où il a parlé du contexte qui prévalait avant leur tenu, les objectifs et axes d’intervention, la description du programme, la stratégie de la réforme, les avancées de la réforme, les contraintes, les risques et les recommandations.
Il a en substance peint un sombre tableau de la justice guinéenne, qui était caractérisée par la corruption, le manque de moyens, d’infrastructures, de personnels, et beaucoup de disfonctionnements dans les juridictions. Sans oublier les problèmes liés à l’application des décisions de justice et le manque d’indépendance de certains magistrats.
Il a aussi relevé que des avancés notoires ont été obtenues depuis, grâce à l’appui des partenaires extérieurs qui les a permis de mettre en partie, en application plusieurs recommandations issues des états généraux.
Le présentateur a, par ailleurs, reconnu que « malgré tous les efforts engagés dans le cadre de la réforme du secteur de la justice, il y a encore beaucoup d’efforts qui restent à mener pour redonner à la Guinée une justice responsable et indépendante, capable sans contrainte de rendre le droit ».
Après cette brillante présentation, les débats entre les acteurs ont permis à chacun de relever les insuffisances constatées de la justice guinéenne, tout en faisant des suggestions aux responsables et représentants de la justice autour de la table.
Maitre Béavogui, avocat et chargé de la communication au ministère de la justice a, pour sa part, estimé que « l’évolution historique de la justice guinéenne est intimement lié au régime successifs qui ont dirigé la Guinée, il pense que a chaque temps des efforts ont été menés dans le sens de la redynamisation de la justice, même si par ailleurs il faut reconnaitre que des efforts doivent être menés d’avantage » a-t-il laissé entendre.
Présents à la rencontre Mamadou Barry, le coordinateur du programme et responsable des projets à Search et le représentant pays de SFCG M. Alfred, se sont félicités de la réussite, mais surtout de la portée et l’impact des différents programmes initiés par leur ONG en faveur de l’implication de la société civile dans la réforme et la modernisation de l’administration guinéenne.
Ils ont en collaboration avec le responsable du PREMA annoncé d’autres programmes qui seront bientôt financés par la Banque Mondiale dans le cadre de la relance post Ébola, obtenus lors de leur dernier déplacement à Washington, et ont formulé l’intention de collaborer dans la mise en exécution de ces projets.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
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