REFERENDUM CONGOLAIS : Hollande au secours de Sassou

Le président français, François Hollande, a changé de discours vis-à-vis de la situation congolaise. En déclarant publiquement hier : « …Une fois que le peuple aura été consulté, cela vaut d’ailleurs pour tous les chefs d’Etat de la planète, il faut toujours veiller à rassembler, et à respecter et à apaiser», par ces propos d’une limpidité politique évidente, le locataire de l’Elysée se positionne. Il apporte ainsi aux yeux de l’opposition congolaise, un soutien avoué à son homologue de Brazzaville.

Une déclaration qui intervient dans un contexte de tensions socio-politiques marquées de violences de rue, particulièrement dans la journée du mardi 20 octobre 2015.

Velléités contestataires

Même si ce mercredi a été relativement calme, la situation demeure délétère et, à tout moment une étincelle pourrait créer un inextinguible incendie, vu la volonté des opposants d’en découdre, avec cet appel appuyé à l’insurrection populaire, et la détermination des forces de l’ordre d’arrêter toutes ces velléités contestataires.

La question du référendum sur la Constitution qui enflamme le Congo et à laquelle, Hollande vient d’apporter une certaine onction en faveur du président Sassou, est le nœud gordien de toutes les supputations politiques des pro et des anti. Les opposants fulminent et appellent quasiment à l’assaut final contre le pouvoir ce vendredi, par d’immenses manifestations populaires.   

A l’image du Balai citoyen, mais Hollande a oublié

Les jeunes congolais sont mobilisés à l’image du Balai citoyen du Burkina, convaincus que l’entêtement des autorités à organiser cette consultation, n’est rien d’autre qu’un ‘’coup d’état constitutionnel’’ dont l’objectif inavoué est de permettre au président Sassou Nguesso de briguer, en toute légalité, un troisième mandat. Ce qu’ils n’accepteront pour rien au monde ! Ce qui explique qu’hier encore, malgré une accalmie relative constatée, ils observaient en vérité une espèce veillée d’armes dans les quartiers chauds de Bacongo et Makélékélé, pour ne citer que ceux-là.  

A ce rythme, les affrontements qui ont commencé pourraient s’amplifier voire dégénérer, avec leurs terribles conséquences sur les populations et la situation économico-politique du pays. Pendant ce temps, la France de Hollande, plus soucieuse de préserver ses importants intérêts économiques au Congo, déçoit sur le plan du respect des aspirations démocratiques du plus grand nombre. Des droits de l’homme. Elle semble privilégier la forme sur le fond, en feignant de croire en la bonne foi de Sassou d’organiser une véritable consultation qui permettra l’expression d’une réelle volonté populaire. Illusion.

Oublié donc ‘’l’attachement à la préservation et à la consolidation des institutions" du président français comme le soulignait l'Elysée, il y a peu, dans un communiqué à l'issue d’une rencontre des deux leaders.

Désormais, c’est clair : Sassou organisera ce référendum pour le gagner et continuer…

Maria de BABIA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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