RECONCILIATION: Première déclaration de la commission provisoire

"En route vers la réconciliation nationale", c’est ainsi qu’Elhadj Mamadou Saliou Camara et Mgr Vincent Koulibaly, co-présidents de la commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale, ont décidé d’appeler le projet sur lequel ils promettent de travailler prochainement en vue d’aider à ressouder les Guinéens. Ledit projet comportera quatre phases que sont: la phase de la prière, celle de l’écoute des différentes composantes de la nation guinéenne, celle de la réflexion proprement dite, ainsi que celle de des recommandations. Ces informations ont été données à l’occasion de la toute première déclaration officielle que l’archevêque de Conakry a lue, au nom des deux personnalités sur les antennes de la RTG. Une déclaration à travers laquelle, ladite commission a largement expliqué sa vision de la réconciliation nationale. Ce qui, de toute évidence, semble en décalage avec ce à quoi on aurait pu s’attendre. Comment? Démonstration... 19:05 15-9-2011

C’est sur les antennes de la télévision nationale que, le grand Imam de la mosquée Fayçal à ses côtés, Mgr Vincent Koulibaly a rendu publique le mercredi 14 septembre 2011, la toute première communication officielle de l’instance dont ils ont la charge depuis quelques semaines.

A propos des responsabilités individuelles et exclusives

D’entrée, s’appuyant sur des faits troubles ou controversés de l’histoire du pays, Mgr Vincent Koulibaly a voulu démontrer qu’il n’était d’aucune utilité de chercher des responsabilités individuelles et exclusives par rapport à certaines tragédies que le pays a connues par le passé. Selon lui, si à chaque fois, un doigt accusateur a été systématiquement pointé vers les dirigeants de l’heure, il n’en demeure pas moins vrai qu’à chaque fois, des groupes sociaux, politiques ou d’intérêts économiques, ont encouragé ou laisser faire l’illicite, ou en ont joui sans se soucier aucunement des conséquences.

Ce qui lui fait dire que la véritable responsabilité est collective. Cependant, par-dessus tout, l’archevêque de Conakry trouve que la naïveté et l’analphabétisme des paisibles populations ont été stratégiquement utilisés par les politiques et plus globalement par les intellectuels à des fins souvent égoïstes et malsaines.

Des politiques et des intellectuels auxquels Monseigneur Vincent Koulibaly s’attaque avec fermeté. Contre ces deux groupes qu’il soupçonne d’instrumentaliser et d’exploiter les masses populaires pour assouvir des passions anti-unité, on ne peut pas dire qu’il soit allé puiser dans un vocabulaire empreint tolérance et de pardon. Mais en dépit d’un passé lourd qu’il ne méconnait pas, l’homme d’église semble convaincu que l’erreur qu’il ne faut surtout pas commettre, c’est celle d’opter pour le grand déballage dans l’histoire
du pays.

Il n’y a ni bourreau absolu, ni victime exclusive?

Il semble penser que, ramener en surface certains faits qui ont caractérisé le
cheminement, notamment politique du pays, contient des facteurs de
désintégration et des risques d’aggravation des problèmes. Une telle entreprise
est d’autant plus complexe et risquée que, selon lui, il n’y a ni bourreau
absolu, ni victime exclusive.
Les faits sont plus nuancés selon lui.

Par ailleurs, Mgr Vincent Koulibaly demeure convaincu qu’au nombre des causes des problèmes contre lesquels se bat le pays, figure "l’importation et l’adoption aveugle de concepts et de pratiques socio-politiques inadaptés au contexte culturel et historique de la Guinée". Il se demande, en guise d’illustration, ce qu’évoquent dans la culture guinéenne, les termes de démocratie, de bonne gouvernance, de forces vives, société civile etc?

On est d’autant plus surpris que les divergences ne semblent pas porter sur ces notions. Même si la Guinée était demeurée traditionnelle, l’impératif de la cohésion sociale n’en serait pas moins manifeste. Egalement, on peut être étonné de la sollicitation d’une trêve par la commission provisoire, pour ce qui est des
débats autour de la réconciliation nationale. La raison serait que la passion
et les préjugés ne prennent pas le dessus sur la sérénité et la responsabilité
qu’implique le sujet. Mais on pourrait bien rétorquer que la crédibilité et la
confiance se méritent et ne se quémandent surtout pas. Le défi est justement qu’au contraire, par le sérieux de la démarche notamment ainsi que par la pertinence et la profondeur des recommandations, la commission provisoire impose une adhésion consensuelle.

D’ailleurs, on se serait attendu à ce que la commission, faisant preuve d’ouverture, d’humilité et de flexibilité, consente à se corriger, en
tenant compte des critiques objectives qui seront émises dans les débats.
Comme on le craignait d’ailleurs, les deux personnalités paraissent mal percevoir, à notre avis personnel, leur mission. Sinon ils se seraient abstenus d’émettre le moindre point de vue sur la démarche ou le contenu du processus de la réconciliation nationale.

N’auraient-ils pas davantage mieux fait d’entendre ceux qui doivent l’être, au lieu de servir cette déclaration, dont le contenu sonne comme des conclusions plutôt hâtives ?

Tout porte à croire qu’Elhadj Mamadou Saliou Camara et Mgr Vincent
Koulibaly ambitionnent de conduire, à eux seuls, leur mission. Si tel n’était
pas le cas, ils en seraient aujourd’hui à définir les critères de sélection des membres de la Commission nationale, soumettre cette liste au consensus national, afin que ces futurs éléments soient parmi ceux qui incarnent incarnent au mieux les idéaux de justice, de vérité et de liberté.

Ils ne semblent pas non plus avoir beaucoup avancé sur le terrain des initiatives, car leur vision de la réconciliation nationale semble grandement inspirée par ce qu’en dit de tout temps le président de la République. L’idée d’instituer la journée
du 28 septembre prochain, journée de prière nationale
en est une illustration.
Le choix des faits historiques illustrant le caractère sombre de l’histoire du
pays aussi semble avoir obéi à une sélection qui n’a rien du hasard. C'est aux discussions, aux travaux de la commission qui sera mise en place de proposer les thèmes à problèmes dans le cadre de la réconciliation, les faits, les dates et les chiffres qui vont ou pas avec! 

Avec tous ces griefs,  cette nième tentative de réconciliation nationale, devrait encore et vite de faire aider pour avancer vraiment dans l'intérêt du pays.

Maimouna Fofana pour GuineeConakry.info

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