RECONCILIATION NATIONALE: Quels critères d’efficacité pour la commission?

Samedi 25 juin 2011, les médias d’Etat ont rendu public un décret présidentiel créant une commission de réflexion sur la réconciliation nationale. C’est peut-être le premier acte explicite que prend le président de la République, en vue de la réconciliation nationale que les Guinéens appellent de tous leurs vœux. Mais pour le moment, on ignore tout des attributions, de la composition et du fonctionnement de cette nouvelle institution. Ce sont là des vides que le président de la République promet de combler avec un décret qui sera signé à l’issue d’un Conseil des ministres. Pour empêcher que cette autre commission soit une de plus, GCI recense là quelques critères dont la prise en compte pourrait permettre à cette commission d’atteindre les objectifs qu'on est en droit d’attendre d’elle... 23:35 27-6-2011

Tout d’abord, il est certain qu’aucune commission ne saurait se substituer à une volonté politique, intime, franche et sincère. Il faudrait que la volonté émane des plus hautes autorités. Ce qui veut dire que si la commission est davantage fruit des critiques qui sont distillées ça et là que produit d’une vision claire et précise, elle n’a aucune chance de réussir.

Le caractère authentique de cette vision est d’autant plus nécessaire que quelque fois pour réussir une réconciliation nationale, on doit agir envers et contre des proches et des parents. On rappelle que pour faire aboutir sa titanesque ambition, Mandela avait du se livrer à une véritable pédagogie du pardon, dans son entourage immédiat.

A son tour, cette volonté déterminée orientera vers toutes les autres conditions. Parmi celles-ci, on peut relever la composition de la commission de réflexion. Aussi bien dans la valeur éthique que dans de leur diversité, les membres de la commission de réflexion devront incarner le consensus. Autrement dit, la mise en place de cette commission devra être précédée d’une large consultation. Cette dernière permettant alors une relative unanimité sur la composition, les attributions et la mission spécifique de la commission.

En d’autres termes, la commission doit pouvoir définir objectivement les éléments, qui au sein de la société guinéenne, font problèmes et qui nécessitent un débat et une réconciliation. Les sujets de friction ne manquant pas, une certaine sélection sera nécessaire. Voir dans quelles mesures cette commission ne viendra pas télescoper les actions des partis, pour neutraliser même leurs légitimes ambitions de conquête du pouvoir.

Pour donner à la commission de réflexion toutes les chances, il faudra lui conférer une certaine indépendance. Ce qui veut dire qu’il faudra lui allouer les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Mais pour empêcher qu’elle ne se transforme en une commission "argentivore", on peut assortir sa feuille de route d’un calendrier strict, des indicateurs pertinents, ainsi que des mécanismes de suivi et d’évaluation efficaces.

En tout cas, il est attendu de cette commission qu’elle accouche d’un rapport qui permette aux Guinéens de tous bords politiques et de toutes entités socioculturelles, d’affronter en toute sérénité leur histoire et leur présent. De façon qu’après tout le monde s’accorde le passé du pays et puisse construire un présent solide dans l'unité recherchée et retrouvée. 

Mais ce chemin là sera long, si chacun n'y met du sien.

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

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