
Dans son allocution de circonstance, Mgr Vincent Coulibaly co-président du CPRN a mis un accent particulier sur la concertation : «Tout au long du processus, nous espérons que nos échanges qui commencent ce jour, nous aideront à avancer progressivement et résolument dans la réflexion sur les mécanismes susceptibles de favoriser la réconciliation nationale entre toutes les guinéennes et tous les guinéens, qu’ils habitent ici en Guinée ou qu’ils résident à l’étranger. Comme je le disais face aux ambassadeurs et chefs de missions, il y a quelques jours, dans ces mêmes lieux, le chemin, qui conduit à la réconciliation est long, difficile, mais restons déterminés à en établir les fondations avec vous. C’est un rêve partagé et nous le réaliserons ensemble, car comme le dit la sagesse traditionnelle. La volonté permet de grimper sur les cimes, sans volonté on reste au pied de la montagne », nous enseigne un proverbe chinois » a introduit l’archevêque de Conakry.
Le co-président a poursuivi son discours en effleurant quelques interrogations auxquelles, il va falloir répondre, selon lui, apporter des réponses à certaines questions. «D’ores et déjà je voudrais partager avec vous quelques préoccupations faites de questions : dans quel cadre réglementaire devra se faire la réconciliation nationale ? Quelle place devons-nous donner à la grande question du statut de victimes, du statut de témoins ? Du statut d’auteurs présumés ? Quels seront les formes de réparations les plus adaptées ? » ? S’est -il interrogé.
Les consultations nationales aideront possiblement à trouver les bonnes réponses. En effet elles sont destinées à évaluer les attentes réelles, les préoccupations et recommandations pour proposer les voies et moyens les plus adaptés, à l’histoire commune.
Du coté des victimes, c’est un début satisfaisant, mais il restent beaucoup à faire pour y parvenir et les attentes sont nombreuses. Amadou Tounkara et Bintou Sagno sont fils de victimes du premier régime. Témoignages.
« Je suis le fils de feu Tibou Tounkara. Il était instituteur de profession, compagnon de l’indépendance, il a commencé son combat anticolonial depuis les années 1950, avant même l’avènement de notre pays à l’indépendance. Il a connu toutes les étapes dures de ce pays. Il a été un promoteur, il a été arrêté malgré tous ses efforts pour la nation. Il a été arrêté en juin 71 et en juillet déjà il a disparu. Pour nous cette réconciliation, c’est un remerciement pour Dieu, parce qu’aujourd’hui nous sommes vraiment ravis. Parce que de 71 à nos jours, on ne pouvait pas croire qu’une telle journée arriverait pour nous. Nous avons été chassés de nos maisons nous avons été des parias dans cette société, on nous a empêchés d’étudier, les familles ont été dispersées. Nos sœurs on été exposées, les veuves ont été exposées, aujourd’hui qu’on nous parle de réconciliation et de vérité, c’est un autre jour pour nous », témoigne ce fils de victime insistant sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour que cela ne répète plus jamais.
Quant à Madame Bintou Sagno, elle a hâte que la réconciliation soit une réalité « Je suis la fille de Sagno Mamadi ex ministre de la défense, mort au camp Boiro. C’est une bonne initiative si réellement, ça se passe comme ça se doit. Nous voulons que cette question soit réglée dans de meilleures circonstances, parque nous avons des revendications, nous voulons que ça soit réalisé et réalisable et que la mémoire de nos parents soit rétablie. » A-t-elle dit en larmes.
Salématou DIALLO pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















