RDC: Pour Kabila et les autres

Nous n'interfèrerons jamais dans les affaires intérieures du pays, mais nous maintenons notre position selon laquelle la Constitution devrait être gardée. » Ces propos aussi sibyllins que fermes montrent bien la gêne diplomatique que Martin Kobler, le chef de la Monusco, éprouve face à la délicate situation sociopolitique de la RDC. Les Nations unies et les Etats-Unis opèrent en tirs convergents sur le président Joseph Kabila pour le dissuader concernant un quelconque mandat, au nom du sacro-saint respect de la constitution congolaise. Avec un paternalisme, somme toute, désarçonnant !

En effet, les Nations unies et les Etats-Unis peuvent répéter à l’envi qu’ils n’ont aucune intention de s’immiscer dans les affaires intérieures de la RDC, le fait est là. Quand ce n’est pas Thomas Perriello, l’envoyé spécial de Barack Obama dans la région des Grands Lacs qui dit à l’issue d’une audience avec Kabila : «Ce qui est important, c'est que les élections législatives et présidentielle prévues l'année prochaine soient organisées.», c’est Martin Kobler de la Monusco qui insiste : «Notre position est très claire : la Constitution doit être gardée, les législatives et présidentielle doivent prendre place au mois de novembre 2016, et, troisièmement, tout ce qui est entre maintenant et novembre 2016 ne doit pas mettre en danger les élections présidentielles.»

Pour les Congolais qui ont le souverainisme vissé au corps et à la raison, la pilule passe mal. Même au nom de la démocratie et justement au nom de celle-ci, la communauté internationale a tout intérêt à réviser son vocabulaire politico-diplomatique, afin d’éviter que l’enveloppe paternaliste de certains propos ne blesse inutilement la fierté des uns et l’orgueil des autres, et amoindrir malheureusement les effets escomptés. Les conseils ne doivent guère se muer en « sentences exécutives » pour certains pays africains.

Cette attitude qui frise souvent l’arrogance est celle-là même qui amplifie les frustrations et pousse à la ‘’rébellion politique’’ certains présidents africains,  au grand dam de leurs auteurs et des opposants politiques qui les applaudissent. Les cas des présidents burundais, rwandais et congolais, malgré leurs différences évidentes dans le traitement du processus électoral, relèvent de la même logique contestataire, le refus de recevoir des leçons et d’obéir comme à la ‘’voix de son maître’’.

L’on peut parier que tant les Etats-Unis, les Nations unies et d’autres super puissances ne changeront pas leurs approches dans le traitement des questions de démocratie et de liberté, ils donneront l’impression, voire le sentiment d’imposer ces valeurs comme des ‘’diktats’’ que certains s’empresseront de contourner ou de fourvoyer dans un entêtement qui entrainera violences, prisons et tueries pour les populations.
Maria de BABIA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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