
En effet, sur l’initiative de trois coalitions politiques, les populations ont été invitées à se mobiliser et à occuper les rues, à marcher pour crier leur farouche opposition au tripatouillage de la constitution, au troisième mandat que le pouvoir souhaite pour le président Joseph Kabila, dont le mutisme est tout aussi inquiétant que son entêtement.
Les manifestants déchaînés ont défoncé la baraque. A Kin la Belle, à Lubumbashi, Butembo, Ndosho, Goma, etc. Ils ont scandé leur refus du report des élections et exigé la tenue, le 19 décembre de la présidentielle sans Kabila. Ils ont même réussi à dissuader les militants pro-Kabila à reporter la contre-manifestation qu’ils se proposaient d’organiser, avant même leur marche, par l’envergure de leur résolution.
Cette manifestation du jeudi 26 mai, difficilement autorisée, était celle de tous les risques, avec militants surexcités, des enfants dans la rue, les fameux ‘’chégués’’ ont aussi à leur façon, participé à la contestation. Les forces de l’ordre déployées un peu partout, ont dû guerroyer au corps à corps pour tenter de stopper les vagues déferlantes de l’opposition, sure de son droit et convaincue du soutien de la communauté internationale, les Etats-Unis en tête.
Les militants joyeux entonnaient en lingala sans peur : «Kabila, sache que ton mandat est fini ! » Face à ce déferlement humain décomplexé, les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes et même de tirs à balles réelles pour disperser les foules rageuses. A Kinshasa, pas moins de 5000 personnes avaient pris d’assaut les artères principales. A Goma, les opposants-manifestants ont facilement ramassé des pierres volcaniques pour caillaser sans tergiverser les policiers. On y signale deux victimes. Une dans le camp des manifestants et une policière au sein des forces de sécurité. Malgré les protestations des uns et des autres, le bilan complet n’est pas encore connu.
La mobilisation de ce 26 mai était une démonstration manifeste de la volonté de l’opposition congolaise de ne plus se taire, de ne plus se laisser intimider, mais de passer à l’offensive démocratique pour faire parler et entendre la ‘’voix des sans voix’’ ! Certes, la marche ne fut pas gigantesque, mais un solennel avertissement.
Maria de BABIA pour GCI
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