RDC : Kabila et le souverainisme sourcilleux

Une semaine après le remaniement de son gouvernement, le président Joseph Kabila était ce lundi, devant les deux chambres du parlement congolais. Vu le contexte politique fortement marqué par les suspicions que suscitent les rumeurs sur ses intentions d’aller au-delà de son second mandat, son intervention était attendue. Mais à l’arrivée, la montagne n’a accouché que d’une souris. Ne voulant pas renoncer à ses ambitions, mais conscient de la délicatesse du moment, Joseph Kabila s’est réfugié dans un discours confus et imprécis. Se contentant juste de réaffirmer la souveraineté de son pays contre ce qu’il qualifie d’injonctions de la part de la communauté internationale.

L’opposition congolaise attendait de Joseph Kabila qu’il s’engage clairement à quitter le pouvoir en 2016. Mais comme c’était le cas il y a quelques semaines avec Blaise Compaoré, le président congolais ne l’entend pas de cette oreille. Il veut persévérer pour voir si sa témérité va payer. Mais se rappelant tout de même ce qui vient de se passer à Ougadougou, il veut y aller avec une certaine prudence. Ni renonciation, ni arrogance, semble être la trame de sa stratégie. C’est ainsi qu’alors qu’on le soupçonne de vouloir provoquer le report des échéances électorales de 2016, il a indiqué que les élections se tiendraient bel et bien.

 

Selon lui, c’est un passage obligé pour accéder au fauteuil présidentiel. Mais il s’est gardé d’avancer une quelconque date. Il est foncièrement demeuré sur le principe. Ce qui en soi ne veut pas dire grand-chose par rapport au débat actuel. Et pour en rajouter à la confusion, Joseph Kabila a précisé que les élections ne se tiendraient qu’après le recensement général de la population. Vu que l’Office national d’identification de la population (ONIP), l’instance en charge de ce recensement, vient à peine d’être installé, on n’imagine que le numéro un congolais n’est pas pressé d’organiser le scrutin.

L’autre élément qui laisse croire que le président congolais ne renonce pas à son intention d’aller au-delà de la limite à lui imposée par la constitution, ce sont les attaques qu’il a lancées en direction de la communauté internationale. Assimilant les pressions émanant de cette dernière à une ingérence dans les affaires intérieures congolaises, il a mis en avant la souveraineté de son pays face aux injonctions qui pourraient venir aussi bien de Paris que de Washington. Dans cette posture, Joseph Kabila donne l’impression d’être aux abois. C’est comme s’il était au bord de la rupture. Comme la plupart des leaders africains qui se sont retrouvés dans sa situation, il se réfugie dans un nationalisme dont on sait qu’il est invoqué à des fins précises. A court d’arguments pour soutenir son projet, il préfère engager un bras-de-fer avec ceux qui osent le contrecarrer.

L’espoir étant que l’apitoiement de la RDC face aux Etats-Unis et à la France, pourrait lui attirer la sympathie des anticolonialistes. Une stratégie qui, face au malaise profond qui monte des entrailles de la société congolaise, pourrait ne pas suffire comme buée de sauvetage.  

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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