
Il y a bien des similitudes entre les scènes dont Kinshasa et certaines villes congolaises sont le théâtre depuis le début de la semaine et ce que l’on a connu récemment au Burkina Faso. Comme Blaise Compaoré, Joseph Kabila s’essaie à l’entêtement. Lambert Mendé, le très éloquent porte-parole du gouvernement, tente de présenter les manifestations populaires de ces derniers jours, comme des violences parmi les plus ordinaires. Par ailleurs, le gouvernement congolais, comme tous ceux qui s’engagent dans une aventure comme la sienne, minimisent l’ampleur de la mobilisation. Ainsi on évoque des groupes isolés et de quelques étudiants victimes de manipulation. La politique de l’autruche, en somme.
Cette posture est une abstraction volontaire de la réalité. Autrement, des groupes isolés ne peuvent pas paralyser un pays aussi vaste que la RDC. Or, c’est bien à cela que l’on assiste depuis lundi. En particulier, dans la capitale Kinshasa, les écoles et les banques demeurent fermées et les rideaux des boutiques tirés. Paradoxalement, la paralysie est accentuée par la décision des autorités de couper Internet et les SMS. Si elles en sont arrivées à cette stratégie radicale, c’est bien parce qu’elles ont senti que la situation l’exigeait.
Mais depuis hier, le camp favorable à la modification constitutionnelle a un nouvel adversaire de taille, en la personne de Monseigneur Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa. Naturellement, les prises de position de ce dernier contre le prolongement du mandat de Joseph Kabila sont notoirement connues. Mais son communiqué d’hier, en raison du contexte sociopolitique qui prévaut, prend une autre dimension.
Or, vu que l’homme a une réputation certaine auprès de ses compatriotes, ses mots d’ordre devraient être pris très au sérieux par les autorités congolaises. Surtout qu’à l’extérieur du pays, certains ne cachent pas leur volonté de voir Joseph Kabila s’en tenir à la limite à lui prescrite. Il en est ainsi de la France et de l’Union européenne qui, certes avec subtilité, appellent tout de même au respect des dispositions constitutionnelles.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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