
La goutte d’eau qui fait déborder le vase serait la décision prise par la cour constitutionnelle de maintenir le président Joseph Kabila au pouvoir au delà des délais constitutionnels. En effet, à l’approche des délais constitutionnels pour la tenue des élections présidentielles en RDC et la fin du mandat de l’actuel chef de l’Etat, le tout dernier que l’autorise la loi fondamentale du pays, le climat politique ne connaît aucune décrispation. Bien au contraire, pouvoir et opposition s’empoignent dans un bras de fer à propos du processus électoral.
Une situation qui agite la classe politique, principalement l’opposition de la RDC, qui ne décolère pas et n’entend pas accéder à l’appel du président Joseph Kabila, d’aller à un dialogue politique. Aussi des manifestations, faites de violences et d’interpellations ont-elles lieu à travers le pays. Comme pour passer à l’acte le Front citoyen, un collectif de partis d’opposition et d’associations, qui lui parle de « coup d’Etat constitutionnel » a appelé les populations, le 26 mai dernier, à une manifestation nationale. La tension était perceptible ce jeudi 26 mai à Kinshasa.
Tout observateur pouvait constater la timide fréquentation des rues et avenues, la fermeture des boutiques, l’hésitation des employés hésitant à se rendre à leur lieu de travail… sans oublier la forte présence de la force publique, qui semble –t-il, avait pour mission « Encadrer les manifestants pour qu’ils ne débordent pas. »
Bon gré mal gré, la marche que ces forces politiques de l’opposition a organisé, a commencé à 11 heures le jeudi, mais n’a pu atteindre son objectif, parce que interrompue et dispersée par la force publique. D’où l’indignation de Jean Baptiste Sondji, secrétaire général du Front Patriotique Congolais. Alors que Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement, lui, parle d’une démarche responsable qui visait à prémunir la capitale de tout dérapage. Puisque, pense t-il, ce n’est toujours pas facile d’encadrer une marche de plus de 2000 personnes.
Bien plus la situation serait davantage inquiétante, qu’elle aurait même engendré la restriction de certaines libertés. C’est le cas de la mesure annoncée, le mardi 24 mai dernier, en conférence de presse, par gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, dans l'est de la République démocratique du Congo, interdisant, de fait, toutes les manifestations auxquelles une coalition d'opposants au président Joseph Kabila a appelé à une participation massive jeudi. Sa décision serait motivée par le fait que les formations politiques ayant appelé la population à manifester le jeudi sur l'ensemble du territoire national "n'existeraient pas légalement".
Des événements qui se succèdent les uns après les autres et pourraient plonger le pays dans l’instabilité. Une situation politique qui commence à préoccuper les Etats-Unis. Washington dans un communiqué du porte-parole du département d‘État, Mark Toner appelle à la fin des violations des droits de l’opposition, en mettant la pression sur le régime de Kinshasa, qui pourrait encourir des sanctions, en réponse à la tendance croissante de la répression dans le pays. « Les États-Unis appellent à la fin de la violence, et toutes les parties à participer à un dialogue crédible », peut-on lire dans ce communiqué du département d’Etat américain.
Au demeurant il reste au facilitateur du Dialogue national inclusif de l’Union africaine, M. Edem Kodjo à déployer une diplomatie visant à rappeler aux uns et aux autres ce qu’ils connaissent si bien : “ placer les intérêts de leur pays au-dessus des leurs en s’engageant de manière constructive dans un dialogue politique visant à résoudre pacifiquement leurs divergences”.
Ainsi le mandat du président Joseph Kabila prend fin en décembre de l’année en cours et il n’est pas, en principe, autorisé par l’actuelle Constitution à se présenter pour un troisième. Or, l’opposition le soupçonne de vouloir rempiler et se maintenir au pouvoir.
Seulement, le pouvoir de son coté, parle d’une défaillance de moyens logistiques et financiers pour la tenue d‘élections dans les délais. Au début du mois de mai, la Cour constitutionnelle avait autorisé le Chef de l’Etat Joseph Kabila à rester au pouvoir au-delà de son mandat au cas où les élections n’auraient pas lieu aux termes indiqués.
Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, par la voix de son porte-parole, le mercredi 25 mai 2016, s’est dit “profondément préoccupé par les informations faisant état de tensions politiques grandissantes en République démocratique du Congo”. Alors qu’on s’approche de novembre, date fixée par la constitution pour la tenue du scrutin présidentiel, le climat politique ne se décrispe nullement. C’est plus à un combat de jungle que se livrent pouvoir et opposition, qu’à autre chose. Et Moise Katumbi en sejour sanitaire en Europe, pourrait bien méditer sur la situation de son pays.
MIATOLOKA Boryce Agapyth pour GCI
Correspondant GCI au Congo Brazza
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