RCA : A la recherche d’un nouveau PM

Après Michel Djotodia, André Nzapayeke et son gouvernement constituent le second sacrifice que la transition centrafricaine consent, pour aller vers la paix et la réconciliation. C’est en tout cas la raison officielle qui est invoquée pour justifier la démission, hier même, du désormais ex-premier ministre centrafricain. Une nouvelle fois, la communauté internationale, pensant détenir la potion magique pour le retour de l’ordre, est à la manœuvre.

En dépit d’affrontements ayant éclaté çà et là dans le pays, certains acteurs de la communauté internationale voudraient encore s’accrocher aux précaires accords politiques issu du forum du Brazzaville du 23 juillet dernier. C’est ainsi qu’ils ont poussé André Nzapayeke à la sortie. Dans le souci d’un rééquilibrage ethno-politico-confessionnel, on est à la recherche d’un premier ministre musulman. Histoire de faire taire les récriminations des ex-Séléka qui crient à l’exclusion des Centrafricains de confession musulmane de la gestion des affaires publiques.

L’oiseau rare

Pour trouver l’oiseau rare, la présidente Catherine Samba Panza s’entretient à partir d’aujourd’hui avec les différentes composantes des forces vives centrafricaines. Mais en soi, la démarche porte déjà des germes de son très probable échec. En effet, la pression exercée pour que le premier ministre rende le tablier, atteste de la primauté de la communauté internationale dans la gestion de la transition centrafricaine. On se rappelle que c’est Idriss Déby Itno qui avait voulu et obtenu le départ de Djotodia. Cette fois-ci, des indiscrétions font état de l’implication assidue de Paris pour qu’André Nzapayeke s’en aille. Le forum de Brazzaville n’aurait été qu’une tribune devant donner à ce départ, un semblant de légitimité intérieure à la Centrafrique. Cette incapacité notoire des autorités transitoires à assumer leurs responsabilités, indépendamment des ingérences de certains parrains extérieurs, est une source potentielle de l’échec du processus politique qu’on essaie de mettre en place.

Démocratie et technocratie

L’autre facteur porte sur le trop grand nombre critères qu’il faut que le gouvernement prochain satisfasse. En effet, on évoque des nécessités de réconciliation nationale prenant en compte la diversité culturelle du pays. De même, certains estiment que le nouveau processus politique à mettre en place ne doit et ne peut pas occulter les différentes formations et obédiences politiques en présence. Enfin, un dernier groupe met en garde contre l’omission de l’aspect technocratique. Le gouvernement à former devrait donc, réunir tous ces critères. Sauf que ce sont là des aspects qui ne cohabitent dans l’harmonie.

La tête de Panza ?

Les objectifs des uns et des autres étant différents à la base, l’efficacité de l’ensemble pourrait être affectée par les très nombreuses contradictions. En particulier, les politiques se préoccupant de préparer l’après-transition, se montreront très peu disponibles pour les actions orientées exclusivement vers le développement. En retour, les ministres technocrates trouveront certains actes politiques superflus.

Très vite donc, on pourrait retomber dans la même léthargie. Et à ce moment-là, c’est peut-être la tête de Catherine Samba Panza que certains réclameront. Parce qu’il faut bien avouer que jusqu’ici, elle ne s’est pas particulièrement montrée à la hauteur des espoirs qu’elle avait suscités lors de son installation.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info    

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce