RAPPORT SYNTHESE DES ASSISES NATIONALES DE LA JEUNESSE A KINDIA

L’éducation à la citoyenneté des jeunes incombe à l’ensemble des composantes et acteurs de notre société. La construction de la paix, de la cohésion sociale, de la tolérance, du respect des libertés, de la propriété publique et privée, passe nécessairement par une participation responsable des jeunes, des familles, des acteurs étatiques et non étatiques.

Introduction

La jeunesse guinéenne, compte tenu de son poids démographique, constitue une force active et un partenaire incontournable pour le développement durable, la paix et la prospérité de notre pays.

 

En effet, le recensement général de la population et de l’habitat effectué en 1996 mentionne qu’elle constitue 57% de la population. A ce titre, les questions relatives au développement de la jeunesse sont essentiellement transversales et interpellent donc l’ensemble des acteurs étatiques et non étatiques, formels et non formels du développement de la Guinée.

 

Ainsi, le gouvernement et des partenaires au développement ont consenti beaucoup d’efforts pour élaborer des stratégies susceptibles de favoriser l’insertion socio-économique des jeunes.

 

Au plan institutionnel, les autorités ont promulgué en 1993, une déclaration de politique de jeunesse, de sports et de la culture. Cette déclaration a consacré les recommandations issues des journées nationales de la jeunesse en 1990.

 

Cette déclaration constitue de nos jours le document de référence en matière de développement de la jeunesse inscrit dans le document de stratégies de réduction de la pauvreté DSPR1 et DSPR2).

 

Ces actes et d’autres tels que les politiques sectorielles définies dans le programme Guinée vision 2010, le programme national de la jeunesse (PNJ 2000), les projets et programmes d’appui à l’insertion des jeunes comme JVA, FIJ, FSD et PAASES, etc.

 

Cependant, la plupart de ces programmes et projets sont soit circonscrits dans une durée et un espace limité, soit ne touchent qu’une infime partie des différentes catégories de la jeunesse.

 

Ce qui a eu pour conséquence l’effritement des valeurs citoyennes, le souci constant des jeunes à l’insertion socioprofessionnelle et un manque notoire d’organisation qui se traduit par une prolifération incontrôlée des structures associatives. Ce n’est donc pas un hasard que, suite à la forte implication des jeunes de Guinée dans les événements et contestations du début de l’année 2007, le gouvernement de consensus a inscrit les questions de jeunesse en troisième place de ses priorités.

 

C’est dans ce contexte institutionnel et dans le souci d’assumer leur propre responsabilité que les structures de jeunes qui se sont constituées ça et la.

 

C’est dans ce même contexte qu’il s’est avéré comme une impérieuse nécessité de faire les assises de la jeunesse. Pour ce faire, la démarche préconisée a été l’approche participative de la base au sommet d’où la tenue du 12 au 14 novembre 2007 des assises régionales ( dans les chefs lieux des régions administratives) qui ont abouti aux assises nationales tenues du 17 au 19 novembre 2007 à Kindia coïncidant ainsi au 17e anniversaire de la jeunesse guinéenne.

 

Cette année, le thème central a porté sur: « La jeunesse face au défi du changement, rôle et responsabilité pour un développement durable ».

 

Avec pour sous-thèmes:

 

L’Education Citoyenne: Quelle stratégie pour assurer une éducation citoyenne des jeunes?

L’insertion Socio-économique des jeunes, Comment y parvenir?

Quel mécanisme de coordination et de partenariat pour les associations de jeunesse en Guinée?

 

Ainsi, les participants représentant de 53 associations et réseaux ont été repartis en trois (3) groupes d’ateliers, accompagnés par des facilitateurs à l’effet de plancher sur les sous-thématiques et définir des voies et moyens pour inverser la tendance. Les facilitateurs ont d’abord fait de brefs exposés sur les sous thèmes pour mieux orienter les débats.

Ainsi, les groupes I et II ont adopté la démarche suivante:

Le Diagnostic,

Les Causes,

Les Conséquences,

Les Propositions de solutions sous forme de recommandations.

Quant à l’atelier du groupe III, il a planché sur l’état des lieux, les forces et faiblesses et les propositions de solutions.

Au terme des travaux, il a été retenu ce qui suit:

 

I- DES SOUS THEMES:

 

A-DES STRATEGIES POUR ASSURER UNE EDUCATION A LA CITOYENNETE DES JEUNES.

 

L’éducation à la citoyenneté des jeunes incombe à l’ensemble des composantes et acteurs de notre société. La construction de la paix, de la cohésion sociale, de la tolérance, du respect des libertés, de la propriété publique et privée, passe nécessairement par une participation responsable des jeunes, des familles, des acteurs étatiques et non étatiques.

Bien qu’il soit reconnu que la jeunesse ait été la force motrice du changement que tout le peuple soutient aujourd’hui, il est aussi important de souligner que certaines actions ou attitudes des jeunes n’ont pas été de moindres conséquences.

Ces attitudes dénotent d’un besoin accru de sensibilisation et de conscientisation de la population afin que chacun comprenne et joue pleinement le rôle qui lui est dévolu dans le processus de développement du pays.

Les participants ont ainsi défini des voies et moyens pour l’émergence d’une vertu citoyenne tant participative que durable.

 

B-DE L’INSERTION SOCIO-ECONOMIQUE DES JEUNES

 

De nos jours, la jeunesse est frappée de plein fouet par le chômage, le sous emploi et la précarité qui ne favorisent pas leur plein épanouissement. Ces facteurs constituent un terreau fertile à l’insécurité ambiante, à l’esprit de facilité, à la corruption et aux pratiques assimilées toute chose qui diminue la vertu citoyenne, le degré de conscience et l’esprit d’entreprise. Ce fait est beaucoup plus accentué chez les jeunes filles à cause de leur vulnérabilité très prononcée.

C’est à juste titre que les participants ont défini des voies et moyens pour favoriser la mise en œuvre d’un mécanisme concerté pour l’insertion socio-économique des jeunes.

 

C-DU MECANISME DE COORDINATION ET DE PARTENARIAT POUR LES ASSOCIATIONS DE JEUNESSE EN GUINEE.

 

Les participants se sont réjouis de la tendance des jeunes à converger vers les structures associatives organisées tout en regrettant le climat d’incompréhension qui a régné parmi les acteurs au terme des récents événements survenus en Guinée.

Ainsi, ils ont exhorté les jeunes à plus de responsabilité, au pardon, à la tolérance, à la consolidation de la paix et de l’unité nationale.

Ils se sont enfin accordés sur la mise en place d’une nouvelle structure faitière apolitique, à dimension nationale dont la mission sera essentiellement orientée vers le développement.

Dans le cadre de cette vision, il est important de développer une perception positive de la jeunesse.

 

II- DES RECOMMENDATIONS SPECIFIQUES:

 

A- Des Recommandations relatives la stratégie d’éducation à la citoyenneté

- Renforcement des capacités institutionnelles des structures de formation à l’exécution citoyenne.

-L’intégration des programmes d’éducation à la citoyenneté dans le cursus scolaire et universitaire.

- La vulgarisation de la charte du civisme de 1998 et de celle des jeunes pour un 21e siècle libéré des drogues (UNESCO),

-Développer la culture du volontariat au niveau des jeunes.

- L’Implication effective de toutes les structures de jeunesse à la mise en œuvre de la semaine nationale du civisme ;

- Création des centres ruraux – préfectoraux et régionaux d’éducation civique

- Réinstaurer des services militaires au terme de la formation universitaire et professionnelle ;

-Sensibiliser les citoyens à s’acquitter des taxes et impôts et que les gouvernants montrent la vertu du bel exemple en terme d’orthodoxie financière.

- Mise en place des programmes « Jeune – Citoyen » (émissions publiques radio – TV)

Développer la culture de la paix ;

Accroître la vertu citoyenne des forces de sécurité et de défense ;

Intégrer au sein des structures de jeunesse, de femmes, de la société civile et des forces de l’ordre (polices, gendarmerie et armée) des programmes nationaux de formation et d’éducation préventive axés sur:

La lutte contre:

1-l’abus de drogue, la violence et la formation des clans en milieux éducatifs formels et non formels ;

2-Le harcèlement sexuel, les IST VIH/SIDA et la prostitution occasionnelle des jeunes filles des Institutions d’Enseignement primaires, secondaires, techniques, professionnels, supérieurs ainsi que celles évoluant en milieu éducatif non formel ;

L’éducation aux droits humains à la démocratie, bonne gouvernance et à la culture de la paix.

B- Des Recommandations relatives à l’insertion socio professionnelle des jeunes:

 

Formation – Emploi

-Mise en place des politiques favorisant les stages dans les entreprises pour les jeunes chercheurs d’emploi à travers une réelle politique nationale pour l’emploi des jeunes ;

Renforcer la formation professionnelle et universitaire/ relation entre l’entreprise et l’école ;

Insérer la formation à l’esprit d’entreprise dans les programmes de formation initiales ;

Promouvoir l’apprentissage pratique en faveur des jeunes peu ou pas scolarisés ;

Formation des jeunes prisonniers dans les différents corps de métiers en vue de favoriser leur insertion et réinsertion sociale ;

Formation des jeunes à la vie associative ;

Développer des programmes d’alphabétisation fonctionnel ;

L’arrêt du double emploi des cadres de la fonction publique

Mise en place des activités visant à encourager les jeunes filles à persévérer sur les axes et secteurs traditionnellement priorisés par les jeunes hommes pour une plus grande compétitivité.

Vulgariser les textes juridiques existants qui combattent la discrimination des jeunes filles auprès des collectivités à la base (entreprises) en milieu familial, en milieu de travail et en société.

Renforcer (appliquer) le suivi et évaluation des questions de genre dans le cadre de l’emploi jeune.

L’accès de la jeune fille aux différents fonds soutenant l’emploi et initiatives de jeunes filles à travers un ratio équitable.

 

Entreprenariat Jeune

Mise en place progressive de centre d’appui à la création d’entreprise en faveur des jeunes ;

Améliorer l’environnement juridique pour favoriser la création d’entreprise pour les jeunes ;

Améliorer les conditions d’accès aux crédits d’encadrement et de suivi des jeunes ;

Mettre en place des fonds de garantie pour la création d’entreprise pour les jeunes ;

 

Emploi à la fonction publique

Assainir les fichiers de la fonction publique ;

Poursuivre le processus de recrutement de jeunes à la fonction publique avec le recrutement des 5 premiers tout en respectant les critères de recrutement ;

 

Emploi mixte et privé.

Application effective du code des investissements et du code des activités économiques ;

Assurer le suivi de l’application des conventions entre Etats et les entreprises/ ONG ;

Privilégier le recrutement des jeunes nationaux à l’accès dans les entreprises privées et mixtes ;

Favoriser la relance des unités industrielles ;

Favoriser le partenariat entre l’Etat et le secteur privé ;

Promouvoir l’approche HIMO (Haute Intensité de Main-d’œuvre) dans les reconstructions des édifices détruits et d’autres chantiers ;

Financement des activités d’emploi des jeunes

Rendre opérationnel le fond d’emploi des jeunes mis en place par le gouvernement ;

Mettre en place un système d’informations sur l’emploi des jeunes ;

Le renforcement des structures de promotion d’emploi des jeunes

Améliorer la gouvernance ;

 

C- Des Recommandations relatives au mécanisme de coordination des associations de jeunesse et de partenariat:

 

Mettre en place un nouveau dispositif organisationnel de coordination apolitique différent de celles existantes et prenant en compte les acquis et faiblesses de toutes les structures existantes.

Ceci passe par une consultation à tous les niveaux de la base au sommet, et tenant en compte de toutes entités de jeunesse en fonction du contexte actuel.

Quant à la dénomination de la nouvelle structure (qui a suscité beaucoup de controverses et les réflexions) sera poursuivie ultérieurement par un comité ad hoc.

1. La mise en place d’un comité ad hoc composé de représentants de jeunes en majorité et les représentants de l’Etat. La nouvelle structure ne doit prendre le nom d’aucune des structures existantes (CAJEG, CNJ,COLLECTIF OU FORUM) Ce comité doit être mis en place par une décision du Ministre de la Jeunesse de la culture et des Sports, il aura mandat de mener les réflexions et piloter la démarche de mise en place du dispositif.

Les membres de ce comité ne doivent pas être candidats à un quelconque poste des instances.

En conséquence, l’atelier recommande les principes de base suivants:

Le caractère mixte du comité,

La forte représentation des jeunes dans le comité,

Inclure les différentes structures de coordination et tendances existantes.

Faire confiance a la maturité des jeunes et des décideurs dans le choix des représentants

Les démarches de ce comité sont celles définies dans le document de référence de la francophonie, dont les étapes sont:

Les plates formes nationales se mettent en place de deux manières:

Les Initiatives des jeunes qui s’organisent autour du concept et mènent des actions de plaidoyer et de lobbying pour une implication des autorités dans la démarche en vue de la reconnaissance légale de la plate forme

Les Initiatives des décideurs avec pour nécessité d’organiser la jeunesse, engagent avec la jeunesse une démarche globale inclusive.

Dans tous les cas, le partenariat entre les bénéficiaires (jeunes) et l’Etat est capital pour la légalité et la légitimité de la plate forme.

Pour cela il faudrait être prudent, tant dans l’implication des décideurs dans le contrôle et l’orientation de la plate forme. C’est pourquoi il faudrait tenir compte de la volonté de toutes les parties.

S’assurer que le mécanisme est transparent et le plus inclusif que possible.

L’Etat est dans tous les cas garant de la crédibilité de la plate forme.

Les étapes à suivre tiendront compte:

S’accorder sur le Principe

Mener une concertation préalable qui aboutira à la mise en place d’un comité ad hoc pour piloter la démarche

Appuyer la structuration des jeunes qui n’appartiennent pas aux organisations de jeunesse,

Elaboration de l’avant projet de textes qui sera soumis pour amendement et validation par toutes organisations membres

Organisation d’une Assemblée Générale Constitutive pour adoption des textes et mise en place du comité exécutif national

La diffusion à large diffusion des textes a la base et mise en place des représentations locales.

L’installation des représentations locales autour des coordinations régionales

La mise en place d’un mécanisme d’élection des représentants de la base au sommet.

Mise en place d’une démarche pour bâtir une feuille de route tenant compte de la vision de la jeunesse guinéenne.

- Que les critères de choix des membres des diverses instances de cette plate forme respectent la limite d’âge de 35 ans (conformément à la charte africaine de la Jeunesse) soit contenue dans le document de politique nationale de la jeunesse de Guinée.

- Que la CAJEG en tant que seule structure de coordination actuellement reconnue continue de fonctionner jusqu'à la mise en place de la nouvelle plate forme.

- Un délai de trois mois a été proposé pour l’opérationnalisation du présent dispositif.

 

D- Des Recommandations Générales

 

- Mettre en place d’un observatoire national pour le suivi non seulement des recommandations des présentes assises mais également du fonctionnement de la nouvelle structure qui sera mise en place. Tout cela doit être assorti d’un échéancier de mise en œuvre et de la détermination des indicateurs de performance.

-Faire la promotion des jeunes au mérite et des ressources humaines en général pour impulser un dynamisme et amorcer un élan de développement durable au pays.

-Que les autorités s’expriment par les actions pour l’épanouissement des jeunes même si nous avons la présence d’esprit que le développement ne se décrète pas, c’est plutôt un processus.

-Lutter contre l’impunité.

- Enfin, que la dite structure soit dotée de moyens suffisants auprès de l’Etat pour son fonctionnement.

- Que le Ministère de tutelle et les partenaires soutiennent la suite de ces assises en mettant les moyens à disposition pour une large restitution des travaux de ces présentes assises.

 

Conclusion:

 

Les rapports produits par atelier seront en annexe pour toutes fins utiles à la mise en œuvre des recommandations détaillées.

Un comité ad hoc de 11 membres a été mis en place selon le vote des participants pour faire le suivi composé de deux membres du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, deux membres dont une fille de la CAJEG, deux membres dont une fille du Collectif des Forums et Collectifs Jeunes de la Société civile, deux membres dont une fille du Conseil National des Jeunes, un représentant de l’ONG Les Amis du Futur, un représentant du Mérité des jeunes de Guinée, un représentant de l’association des Scouts de Guinée.

 

En conséquence, loin d’être un travail fini, ces présentes assises marquent le début d’un processus de mise en application de la nouvelle vision de la jeunesse.

Nous saluons l’attitude responsable et l’esprit de sérénité qui ont caractérisés les débats.

Nous remercions vivement les pouvoirs publics et partenaires au développement pour avoir crée le cadre et laissé les jeunes décider de leur propre destinée organisationnelle.

Enfin, nous remercions les populations, les jeunes et les autorités de Kindia pour l’hospitalité légendaire dont ont a bénéficié pendant ces assises.

 

Kindia, le 19 novembre 2007

 

Les Assises Nationales de la Jeunesse de Guinée.

 

 

Rapport transmis par Ibrahima"Ibra" Sylla pour GCI

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce