
Quand, de manière aussi sérieuse que désinvolte le doyen des politiciens guinéens affirme : « Je m’inscris en faux jusqu’à ce qu’on me prouve scientifiquement le lien de causalité entre Ebola et la viande de brousse. Si c’est l’OMS ou les autres structures sanitaires qui disent que c’est la viande de brousse qui est à l’origine de cette maladie en Guinée, c’est des bêtises.»
JMD sait que «la source reste inexpliquée», car « bien que la souche provoquant le foyer actuel ait entraîné une mortalité sans précédent, la source initiale du virus reste inexpliquée, observe l’OIE. Il est cependant probable qu’initialement, le virus se soit introduit dans la population humaine à partir d’un animal sauvage à une personne unique. La maladie se transmet actuellement de personne à personne et rien ne prouve que les animaux continuent de jouer un rôle dans la propagation du virus.» Ce n’est pas pour autant, une raison valable pour avoir « le goût du risque » et entrainer les autres avec soi, en surfant insidieusement sur la sensibilité ethnoculturelle des ressortissants de la zone forestière de la Guinée.
Quand Jean Marie Doré, dans la conférence de presse tenue en sa résidence, a déclaré ce samedi 11 octobre: « C’est faux la communication du gouvernement. La viande de brousse n’est pas l’agent causal de la fièvre hémorragique Ebola. Si la viande de brousse donnait la fièvre Ebola, les forestiers seraient morts il y a longtemps, et les fromagers auraient même poussé sur leurs tombes ! »
Il y a de quoi vraiment s’inquiéter et rappeler officiellement à l’ordre M. Jean-Marie Doré ! Ses propos, au moment où les communautés (nationale et internationale) se mobilisent contre l’épidémie pour la vaincre, sont de nature à troubler les uns et à encourager les autres à poursuivre la consommation risquée de la viande de brousse.
L’OIE est catégorique : «Selon toute probabilité, la transmission initiale du virus Ebola à l’homme se fait à partir d’animaux tels que les chauves-souris ou les primates non-humains, à l’occasion de la chasse et du ramassage d’animaux sauvages malades ou morts et de la manipulation ou de la consommation de viande de brousse crue.»
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















