RAMADAN : Les Guinéens fêtent l'Aïd-El-Fitr

Pour les fidèles musulmans guinéens, le ramadan de cette année s’arrête à 29 jours de pénitence. En effet, selon un communiqué rendu public, hier après la rupture du jeûne, par le secrétariat d’Etat aux Affaires religieuses, c’est ce 28 juillet que les Guinéens célèbrent l’Aïd-El-Fitr. Intervenant dans un contexte de précarité sociale consécutive à une rigueur budgétaire qui, décidément, n’en finit pas de jouer les prolongations, et un climat politique marquée par la menace de l’opposition de tenir un meeting, dès le 4 août prochain, cette fête n’en sera véritablement pas une. Beaucoup de fidèles prendront juste acte de la fin du mois de jeûne.

Si beaucoup de Guinéens souhaitaient que la fête soit ce lundi, nombreux sont cependant ceux qui n’y comptaient pas beaucoup. Mais les autorités religieuses du pays ont décidé que ce serait bien ce 28 juillet. Naturellement, quelques rigoristes émettront des doutes, arguant çà et là que le croissant lunaire n’a pas été observé. Mais vu que les conditions climatiques qui prévalaient hier soir ne favorisaient pas particulièrement cette observation, les protestations seront contenues. Cependant, finalement, le croissant a été aperçu à Boké, selon le Secrétaire général des affaires religieuses.

Du coup, beaucoup se déplaceront ce matin en direction des différents champs de prière, notamment dans  la capitale guinéenne. Contrairement aux habits neufs que tout le monde aurait aimé arborer, une bonne partie des fidèles sera dans des boubous basins remis au goût du jour par l’amidon. C’est le premier effet de la conjoncture économique sur la fête.

Les chefs de famille ont particulièrement rouspété ces derniers jours. Ils étaient sollicités par les femmes et enfants à propos des fameux habits de fête. Les affaires ne marchant pas, ils ont dû procéder par élimination. Les enfants sont passés en priorité. Parce qu’il fallait également faire face au repas de fête. Là aussi, c’est un tollé que les femmes ont poussé dans les marchés de Conakry. Viande, poisson et autres condiments sont hors de prix. Mais pour un responsable de famille qui se respecte, c’est une question d’honneur. On remercierait presque le gouvernement qui, comprenant la conjoncture, a viré les salaires plus tôt que d’habitude !

Dans les conditions normales, la fin du mois de Ramadan se traduit par une sorte de libération de la vie sociale et économique. En raison des multiples recommandations orientées vers la tempérance et certainement à cause du déficit énergétique consécutif au jeûne, les populations étaient dans une sorte de retenue qui semblait bloquer la vie. Les vacanciers, tenanciers de bars et autres restaurateurs en étaient particulièrement pénalisés. Les choses devraient donc changer dès ce lundi.

Sauf que la fin du mois de Ramadan coïncide avec une crise politique particulièrement aigüe. Ne réussissant pas à s’entendre avec le pouvoir et la mouvance présidentielle, l’opposition guinéenne projette un meeting pour le 4 août sur l’esplanade du stade du 28 septembre. Or, au rythme où semblent aller les choses, ce meeting s’apparente au premier acte d’une longue série de manifestations politiques qui, pourraient, à s’y méprendre, déboucher sur des affrontements entre militants d’une part et de l’autre, entre forces de l’ordre.

En gros, au lieu de retrouver son atmosphère de convivialité et d’animation ordinaires, Conakry pourrait être au contraire plongée dans une crispation politique, dont on ne sait sur quoi elle va déboucher. Surtout que de la part des commerçants victimes des précédentes crises, on annonce également des actions de protestation suite aux propos de non indemnisation du ministre Bantama Sow.

Cette atmosphère annonciatrice d’une grosse tempête politique sera au menu du sermon que les différents imams serviront à l’occasion de la prière de cette matinée. Une nouvelle fois, ils mettront l’occasion à profit pour implorer de la part des fidèles qu’ils cultivent l’amour du prochain, et qu’ils renforcent les valeurs de la patrie et préservent la nation.

Ils demanderont aux leaders politiques de privilégier les solutions négociées aux empoignades fratricides. Les intérêts supérieurs du pays devant prévaloir sur toute autre considération. Malheureusement, il n’est pas sûr qu’ils soient entendus par les uns et les autres. Car, comme on dit, avec la fin du mois de Ramadan, c’est Cheytane (le démon) qui est également relâché ! Attention, danger !

GCI suit pour vous           

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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