
En tout cas, le procès sur la mort de la Top model qui s’est ouvert lundi dernier tient en haleine le pays de Mandela. C’est même l’événement qui fait progressivement place à l’émotion dans laquelle la disparition de Madiba avait plongé le pays. Tous les médias sud-africains sont ainsi branchés.
Déjouant certains principes en la matière, certains confrères vont même jusqu’à retransmettre le procès en direct. Les juges, quant à eux, disposent de trois semaines pour dire à l’opinion de quoi celle qui était la compagne d’Oscar Pistorius est-elle morte ? Plus exactement, il est question pour eux de préciser, si l’athlète a intentionnellement ou non donné la mort à sa petite amie dans la nuit de la Saint-Valentin 2013.
En effet, dans le camp de Pistorius, on ne nie nullement que la mannequin soit tombée sous les balles tirées par son compagnon. Cependant, les avocats de l’athlète estiment que ce dernier, prenant Reeva Steenkamp qui se trouvait enfermée à clé dans les toilettes pour un cambrioleur, a tiré sans savoir. Ce serait donc simplement un accident !
Dans la famille de la top model, on ne croit guère à cette version. Assimilant l’athlète à quelqu’un de particulièrement violent, la famille et l’accusation pensent qu’au bout de la colère, Oscar a froidement assassiné sa petite amie de 29 ans, après que cette dernière échappant à son emprise, soit allée se cacher à l’intérieur des toilettes.
En l’absence de témoin direct, il n’est certainement pas facile de dire laquelle de ces deux versions est la plus crédible. Sauf qu’en attendant, les deux premiers témoins qui sont passés à la barre sont plutôt en défaveur de l’athlète. En l’occurrence, il s’agit de deux femmes dont les logements sont situés dans le même quartier résidentiel qu’occupait le couple Pistorius. La première, maître de conférence à l’université, évoquant la nuit du drame, dit avoir entendu des cris « à glacer le sang » poussés par une femme. De même, elle aurait entendu quatre coups de feu au bout desquels les cris auraient cessé.
Témoignages relativement corroborés par une seconde femme qui, cependant, demeure un peu plus vague que la première. Selon cette seconde femme en effet, elle a bel et bien entendu des cris. Mais elle dit ne pas avoir réussi à distinguer pour savoir s’il s’agissait de cris de femme ou d’homme. Conscients des risques que ces témoignages pouvaient faire peser sur son client, l’avocat principal d’Oscar Pistorius, Barry Roux, a consacré une bonne partie de la journée d’hier à un contre-interrogatoire en direction du premier témoin. Cherchant à mettre en évidence des failles et des incohérences dans les déclarations de Michelle Burger, il n’aura cependant pas réussi à déstabiliser cette dernière.
Même si ses derniers propos selon lesquels elle aurait également entendu un homme appeler au secours tranchent avec tout ce qu’elle avait dit jusqu’ici. Au-delà de la chronique quotidienne et de l’intérêt que suscite le procès, c’est un peu la société qui est en débat dans ces audiences. Il est en particulier question des phénomènes de la criminalité que la défense met en exergue pour expliquer les motivations ultimes de l’agissement d’Oscar Pistorius. Alors que d’un autre côté, les militants de la cause féministe souhaitent que ce procès serve d’exemple dans le cadre de la campagne contre les violences conjugales dont les femmes sont les plus victimes.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















