PROCES KARIM WADE : Une première bataille de perdue

Le procès de Karim Wade a repris hier à Dakar devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Et le moins qu’on puisse dire c’est que les choses ne démarrent pas de la meilleure des manières pour l’ancien ‘’ministre du ciel et de la terre’’. Ses avocats qui comptaient sur son statut d’ancien membre de gouvernement, pour notamment le soustraire des griffes de la juridiction sénégalaise, ont été déboutés. Karim Wade et ses défenseurs devront donc se préparer à affronter l’infernale machine judiciaire.

Karim Wade et les siens auront donc épuisé toutes les cartouches sans réussir à le sortir des serres de la justice sénégalaise. On se rappelle que c’est tout d’abord son président de père qui, à l’occasion de son dernier retour au Sénégal, avait failli mettre tout le pays sens dessus-dessous. Malheureusement, sa stratégie de victimisation n’a pas rencontré l’adhésion populaire totale qui en était attendue. Ensuite, Karim lui-même, à l’occasion du procès, s’était présenté comme « un prisonnier politique ». Les juges n’y ont pas prêté une plus grande attention.

Rejet des arguments de la défense

Eh bien, les avocats, à leur tour, avaient bâti leur ultime stratégie autour de la contestation de la légitimité de la CREI à juger leurs clients. Pour cela, ils ont tout d’abord invoqué le fait que l’instance judiciaire serait obsolète, voire dépassée. Ensuite, partant du fait que Karim avait occupé plusieurs fonctions au niveau gouvernemental, ils arguaient que c’est à la Haute Cour de la justice de le juger. A la première objection relevée, les juges ont répondu qu’aucun acte formel n’avait remis en question la validité de la CREI. Et pour la seconde, ils estiment que Karim n’occupant plus les fonctions qui étaient les siennes, redevient un citoyen apte à être jugé par la CREI. Surtout que le cas d’Idrissa Seck que les défenseurs de Karim invoquent comme jurisprudence, ne portait pas sur un présumé enrichissement illicite, comme c’est aujourd’hui le cas du fils de l’ancien président sénégalais.

Les Sénégalais se souviennent des privilèges de Karim

En gros, Karim Wade perd la première bataille. Il lui faut se préparer à poursuivre la guerre. Naturellement, tout cela ne veut pas dire qu’il est parti pour être déclaré coupable. Si comme il le prétend, il n’est coupable de rien de tout ce dont il est accusé, il pourrait en sortir blanchi. Mais cela suppose qu’il se montre plus convaincant qu’il ne l’a été jusqu’ici. Parce qu’à priori, il a l’opinion publique contre lui. Il est vrai que Macky Sall qui tente aujourd’hui de faire marche-arrière sur la question du mandat présidentiel, n’est pas, lui non plus, un saint en politique. Mais indépendamment de cela, les Sénégalais qui se rappellent tous les privilèges qui ont été ceux de Karim Wade, sont enclins à croire à ne serait-ce qu’une partie de la fortune de 178 millions d’euros qui lui est imputée.

Ils n’excluent pas que des chiffres aient été intentionnellement gonflés. Mais ils sont beaucoup à penser que Wade fils a profité de ses nombreuses fonctions de Conseiller spécial de son père, Conseiller de surveillance de l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (ANOCI) et ministre de l’énergie, des transports aériens et des infrastructures. C’est dire que l’accusé n’a pas à attendre de la compassion en provenance de la majorité de l’opinion publique sénégalaise.

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info   

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