Prix Nobel: Un appel aux africaines

Les Libériennes Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee et la Yéménite, Tawakkol Karman, sont effectivement entrées en possession de leurs couronnes respectives, comme nouvelles détentrices du prestigieux prix Nobel de la paix. La cérémonie de remise a eu lieu 0slo, capitale de la Norvège. A l’occasion, le comité Nobel a formellement pris position dans les révolutions qui sont encore en marche dans le monde arabe et moyen-oriental. Hautement symbolique, le prix de cette année est perçu comme une reconnaissance du rôle combien énorme, qui est celui de la gent féminine dans les efforts de pacification et de stabilisation du monde. Pour les femmes africaines, au-delà de la controverse qui avait résulté de l’attribution du prix à Ellen Johnson Sirleaf, dans un contexte politique plutôt délicat, cette double consécration doit sonner davantage comme un défi sur la voie de l’émancipation et de l’audace libératrice... 0:05 12-12-2011

Cette date du samedi 10 décembre sera à jamais gravé dans la mémoire d’Ellen Johnson Sirleaf, de sa compatriote Leymah Gbowee et de la Yéménite, Tawakkol Karman. En se voyant remettre leurs médailles respectives ainsi que le chèque de 10 millions de couronnes suédoises, soit environ un million d’euros qu’elles devront se partager, les trois femmes symbolisent enfin la reconnaissance mondiale du combat et des efforts que les femmes du monde entier ne cessent de consentir pour garder notre planète en paix.

Il est vrai que de tout temps, la femme a été assimilée aux sentiments les plus nobles. Mais il est également vrai que quoiqu’important, son rôle dans l’extinction des nombreux foyers de conflits à travers le monde, n’avait pas toujours été reconnu et proclamé comme cela se doit à la face du monde. Manifestement, c’est cette injustice que le comité Nobel s’est fait le devoir de corriger. On ne peut que s’en féliciter.

Pour ce qui du continent africain, il est à espérer que les exemples d’Ellen Johnson Sirleaf et de sa compatriote, soient des stimulants pour les millions de leurs sœurs qui peinent à sortir du carcan du complexe d’infériorité qu’elles endurent, du fait d’une certaine domination masculine outrancière Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee ne sont que deux. Or, dans la plupart sinon dans tous les pays africains, les femmes représentent plus de la moitié de la population. Si donc, toutes devaient s’impliquer pour leurs pays respectifs renoncent aux tendances bellicistes pour retourner leurs armes contre les fléaux de la misère, de la famine, des épidémies et plus globalement contre la pauvreté et le sous-développement, il n’y a aucune raison que le défi ne soit relevé.

Il ne sera même nécessaire de recourir à des procédés extrêmes à l’image de l’originale « grève du sexe » dont avait usé Leymah Gbowee pour faire cesser les atrocités dans le Liberia voisin. Il suffira juste que, procédant avec intelligence, délicatesse et résolution usant de l’extraordinaire sensibilité dont elles sont dotées, les femmes africaines s’emploient à communiquer à leurs frères, époux ou pères, leur compassion, leur humilité et leur grandeur d’âme.

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

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