PRESSE: Tibou Kamara, l'avocat du général Konaté

Hier, comme annoncé, le ministre d'Etat, secrétaire général à la présidence de la République, était devant la presse. Pour une séance d'explication, à quelques jours de la tenue théorique du second tour. Explication d'autant plus nécessaire que la crise guinéenne ne manque pas de zones d'ombre et qu'au contraire, elle est propice à toutes sortes de rumeurs. Séance d'explication mais aussi de justification...

Fodé Kalia Kamara Justification du retard et des multiples reports enregistrés dans l'organisation du second tour. Et ce n'est nullement étonnant que Tibou ait bâti son discours introductif sur cette échéance-charnière. En effet, il commence par dire que «Il est évident que beaucoup d'entre vous se posent un certain nombre de questions (...). Je voudrais vous dire que le général d'armée Sékouba Konaté depuis le début de la transition, a été constant et ferme dans ses convictions de conduire notre pays pour la première fois de son histoire à des élections libres, démocratiques et équitables ». On aura compris que le ministre d'Etat souhaite que le 7 novembre soit la fin de la fin de la Transition, "la limite des limites'' comme il le lira plus loin dans sa conférence de presse.

Au passage, il regrette et se désole du retard et des atermoiements enregistrés, mais défend-il « le processus de transition est un jeu de rôles dans lequel chacun doit jouer sa partition, pour que la marche commune aboutisse à un objectif commun. Quelles que soient la bonne volonté et la détermination de celui qui conduit la transition, si au niveau des autres acteurs il y a un certain nombre de goulots d'étranglement, vous conviendrez parfaitement que la machine à un moment ou à un autre, va coincer. Et malheureusement, c'est ce qui est arrivé (...) ». Une défense en règle de son patron de général, car , à aux yeux de Tibou Kamara et dans l'esprit de la présidence de la République, le plus difficile était de réussir le pari du 27 juin. Pour lui, les autres étapes et, plus particulièrement, le second tour, étaient des implications juridico-institutionnelles. Et si ça n'a pas marché comme cela aurait du, c'est, selon le ministre d'Etat et ami personnel du président de la Transition, parce que tous les acteurs du processus n'ont pas joué leurs partitions. On croirait réentendre le général Sékouba quand il a essayé de se décharger sur le premier ministre Jean-Marie Doré.

Mais la communication du ministre d'Etat secrétaire général à la présidence de la République, ne sera certainement pas du meilleur effet. Certes, quelques acteurs, au niveau à la fois, du gouvernement et des partis politiques, ont fait preuve de lenteur, voire de laxisme, à un moment ou à un autre de la marche, mais le général Sékouba Konaté avait pour mission de veiller à ce que la cadence du premier tour soit maintenue. Quitte à rappeler les uns et les autres à l'ordre! Un chef, surtout quand il est militaire, ça commande et ça dirige!

Cette implication responsable du président de la Transition dans le processus n'a pas été toujours visible et en temps opportun. Et son absence, ou son indifférence, ont également été dénoncées par quasiment tous les acteurs. Sans que cela ne change grand-chose dans l'attitude du président de la République par intérim.

Au contraire, on aura même eu le sentiment que le président ne voulait pas véritablement s'en aller, malgré les feintes menaces. Il semblait tenir un discours d'une part et se contentait de poser des actes contraires de l'autre. Plus occupé qu'il était dans des nominations et des promotions inopportunes et non nécessaires de proches ou de ''situationnistes''.

Ce qu'il faut espérer, c'est que le rendez-vous du dimanche soit respecté. Qu'il ne connaisse pas le sort des autres échéances qui l'ont précédé. Tibou a d'ailleurs bien résumé cela aux journalistes: ''Si nous ne partons pas, c'est vous qui nous ferez partir...''. Si le vote n'a pas lieu le 7 novembre, alors, nous tirerons toutes les leçons. Une leçon d'échec!''
Fodé Kalia Kamara pour GuineeConakry.info

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