

Parce qu'il faut avoir le courage de dire que dans ces deux transitions, les médias internationaux ont largement supplanté les organes de presse locaux. Ils se sont appropriés les informations et ont même délocalisé sur place.
Il faut toutefois préciser que les médias français sont aussi les plus présidents. Pratiquement, tout ce qu'on apprend aujourd'hui sur la Guinée ou la Côte d'Ivoire aura été fourni par, soit Rfi, France24, Africa24 et dans une moindre mesure la BBC et la Voix de l'Amérique ou la Deutshe Welle.
Profitant des gros moyens dont ils disposent, ces grands groupes de presse ont fait venir sur place des équipes et du matériel qui font qu'ils dament le pion à la presse locale et quadrillent le pays. Ils n'hésitent même plus à chambouler leurs programmes habituels pour improviser des éditions spéciales circonstanciées.
Ils bénéficient aussi d'un certain complexe que nourrissent, sans doute, les responsables politiques locaux, qui les préfèrent bien souvents à ceux de leurs compatriotes qui ont choisi de participer au développement du pays par le biais de la diffusion de l'information.
Ainsi, quand les reporters venus de Paris sollicitent une interview, ou invitent à un débat, les intéressés répondent presque toujours favorablement, tandis qu'ils trouvent toujours des excuses, quand cette sollicitation d'un organe national.
Bizarrement, le déficit de confiance et le complexe d'infériorité servent les confrères occidentaux ou venu d'autres cieux. On se confie pour facilement aux médias majors étrangers, convaincus de gagner plus au commerce de la publicité internationale. Les hommes politiques sont les premiers à vouloir naturellement profiter de cette exposition universelle.
Cependant, l'on pourrait se demander pourquoi tout cet intérêt de ces médias pour ce qui ce passe dans nos pays? Pourquoi tant de moyens et de ressources et d'énergies pour rendre compte de l'actualité dans les pays africains?
On peut bien penser que ce n'est qu'une volonté professionnelle de fixer, pour l'histoire, le processus d'accession de nos pays à la démocratie, qui motive cette hyper mobilisation de la presse internationale. Il faut dire que l'Afrique, dans son ensemble, est potentiellement intéressante aux yeux de la communauté internationale.
Ce continent reste globalement inexploité et recèle d'énormes richesses qui font l'objet de grands enjeux entre les grands de ce monde. Or, la Guinée et la Côte d'Ivoire en sont une illustration parfaite. D'ailleurs, il faut reconnaître que cette surmédiatisation fait suite à une forte implication politique et économiquede l'occident.
C'est un peu dans la logique des choses que les médias des donateurs ou donneurs d'ordres puissent, en quelque sorte, vérifier et s'assurer de l'exécution correcte des taches. Et même si cela fait ombrage aux confrères locaux. Mais c'est ainsi, et pas autrement. Pour le moment, en tout cas.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















