PRESIDENTIELLES ALGERIENNES : Bouteflika, malgré tout...

Ce jeudi, près de 23 millions d’Algériens sont appelés à choisir entre six candidats dont le président sortant, Abdelaziz Bouteflika. Quelques 260.000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour assurer la sécurité des 50.000 bureaux de vote. Une mobilisation policière qui ne rassure pas cependant les principaux candidats de l’opposition qui disent redouter davantage la fraude. Alors que du côté du pouvoir, on ne craint que l’effet du boycott. Parce qu’autrement, le président Bouteflika, bien que malade et âgé, est donné favori, à l’orée d’un 4ème mandat, que beaucoup d’Algériens et d’observateurs étrangers croient hypothéqué.

Dans l’élection algérienne de ce jeudi, les enjeux sont ailleurs que dans un éventuel suspense. Le candidat Benflis a, bien entendu, suscité une certaine mobilisation autour de sa personne, durant la campagne terne qui s’achevait il y a quelques jours. Mais ceux qui lui donnent des chances réelles de menacer Bouteflika, ne sont pas particulièrement nombreux. Beaucoup d’Algériens ne souhaitaient pas voir le président postuler pour un nouveau mandat. Mais puisqu’il insiste, ils semblent se résigner dans une forme de compassion en sa faveur. Ils n’entendent visiblement pas aller à l’affront contre un homme pour lequel militent la pacification du pays et un bilan économique plutôt élogieux. Dans le meilleur cas, ils s’abstiendront d’aller voter. Ce sera leur manière de signifier leur désapprobation jusqu’au bout.

 

Même n’ayant pas en face de lui un adversaire à sa mesure, Bouteflika est cependant soupçonné de vouloir user de la fraude. Ses principaux concurrents, se fondant sur la vague de contestation que sa candidature a soulevée, estiment que le président sortant ne peut l’emporter que s’il triche. Déterminés à empêcher une victoire imméritée, les opposants au président Bouteflika n’hésitent pas à brandir le spectre de la contestation postélectorale.

Une perspective particulièrement redoutée par les Algériens dont beaucoup n’ont pas oublié les événements de 1992 et la longue et meurtrière guerre civile qu’ils ont entrainée.

De l’avis des observateurs, même si le pays réussissait à traverser cet enjeu électoral avec le moins de casse possible, le futur ne s’annonce pas sous de meilleures auspices. En raison de la santé plus que chancelante et de l’âge avancé du très probable futur président, il ne sera plus qu’un figurant. Et naturellement, la gouvernance du pays en souffrira aussi. Il risque en particulier d’en résulter des bouleversements sociaux, consécutifs aux nombreuses contradictions qui ne manqueront pas.   

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info

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