
Sur la forme, ces mouvements n'ont rien de répréhensible et attestent au contraire d'une certaine vitalité démocratique et d'un engagement politique citoyen, mais dans le cas présent, il s'agit de mouvements qui inquiètent, par le caractère à la fois radical et jusqu'au-boutiste.
CRAC contre TSA
Dans le camp du pouvoir, c’est tirant les leçons de la stratégie payante de 2010, que les mouvements de soutien sont remis au goût du jour. Cette approche est particulièrement bien indiquée pour ce qui est de la mobilisation autour des causes et des candidats au nom desquels le mouvement agit.
L'actuel ministre de la communication M. Makanéra et le directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, M. Sankon doivent certainement leurs promotions à leur constance dans cette approche-là !
Cependant, dans l'optique des élections présidentielles, l'opposition, elle aussi, s'y met. C'est ainsi que le député uninominal de Kaloum, Baïdy Aribot, vient de mettre sur place un mouvement dont l'objectif est d'empêcher la réélection du président Alpha Condé. Du point de vue de son but ultime, le Mouvement Tout sauf Alpha (TSA) est en contradiction directe avec le Comité pour la réélection d'Alpha Condé (CRAC 2015) de Malick Sankon. Mais si l'on se réfère au caractère extrémiste qui sous-tend sa dénomination, le TSA a comme adversaire indiqué, "Alpha ou rien" de Djibril Lévia Bangoura. C'est à croire que ce dernier n'a pas encore digéré sa défaite contre le candidat de l'UFR à Kaloum.
Deux camps opposés
Ces deux mouvements incarnent l'état d'esprit qui prévaut dans chacun des camps politiques en présence. Dans le camp du pouvoir, c'est Alpha ou le déluge. Le chef de l'Etat et ses proches ne semblent pas prêts à inscrire leurs noms dans les annales de l'histoire politique du continent, en se révélant incapables de rempiler pour un second mandat.
Tandis que du côté de l'opposition, la position pourrait se résumer ainsi : « Si c'est Alpha, ce sera le déluge ! ». Surtout que pour ne rien arranger à tout cela, ‘’l'agneau politique’’ qu'était jusqu'ici Cellou Dalein Diallo commence à se transformer en lion. Il met déjà en garde : ses militants ne croiseront pas les bras face à une tricherie.
On pourrait presque croire que ce ne sont pas des élections que l'on prépare. Mais la guerre. Il se trouve cependant que personne ne semble tirer les leçons de l'histoire politique récente de la Guinée ou d’autres pays africains.
Ne jamais oublier les martyrs du Stade.
Autrement, on se serait rappelé ce que le pays a dû payer avec le duel fratricide MDDR (Mouvement Dadis Doit Rester)-MDDP (Mouvement Dadis Doit Partir). Les sinistres événements du Stade du 28 septembre 2009, n’étaient que l'aboutissement de ces extrémismes opportunistes entretenus dans les quartiers de Conakry. Bilan : plus de 150 morts !
Et comme si ce drame-là ne devait pas servir de leçon, on se remet de nouveau à attiser sur les braises de l'antagonisme radical et du communautarisme banalisé.
En cela la plupart des responsables politiques guinéens sont coupables. Il est temps, vraiment temps que la société civile, les sages et les religieux se lèvent disent « Stop !ça suffit ! » En réalité, la Cour suprême ou l’Assemblée nationale devraient tout simplement demander au ministère de l’administration du territoire d’interdire le CRAC et TSA pour raison de salubrité publique et de paix sociale.
GCI pour GuineeConakry.info




















